Jeudi de la 28ème semaine du Temps Ordinaire – Mémoire de sainte Thérèse d’Avila

Siracide 16,24-17,14

C’est un bon ami que le Christ

Sainte Thérèse d’Avila (extraits)

Prier 15 jours avec Thérèse d’Avila, par Jean Abiven, 5ème jour, p. 43s

 

Le Dieu qu’il est, je vis qu’il est Homme, qu’il ne s’étonne point des faiblesses des hommes, qu’il comprend notre misérable nature,, sujette à tomber souvent, du fait du péché qu’il est venu réparer. Bien qu’il soit Seigneur, je puis le traiter en  ami.

Traitez-le en père, en frère, en maître, en époux, tantôt d’une manière, tantôt d’une autre. Il vous enseignera lui-même ce que vous devez faire pour le contenter.

J’avais été toute ma vie très fervente du Christ. Comme ma dévotion pour lui était extrême, je retournais toujours à mon habitude de me réjouir en compagnie de ce Seigneur, spécialement quand je communiais : j’aurais voulu toujours garder devant les yeux son portrait ou son image, puisque je ne pouvais le garder dans mon âme aussi profondément que je l’eusse voulu. Est-il possible, mon Seigneur, que ma pensée ait pu admettre, ne serait-ce qu’une heure, que vous m’empêcheriez d’atteindre un plus grand bien ? D’où me sont venus tous les biens sinon de Vous ?

Tous les biens nous viennent de ce Seigneur, le nôtre. Il vous instruira ; considérez sa vie, c’est le meilleur modèle. Que voulons-nous avoir de mieux à nos côtés qu’un si bon ami qui ne nous abandonnera pas dans les peines et les tribulations, comme le font ceux du monde ? Bienheureux celui qui l’aime et le garde toujours auprès de lui. Regardons le glorieux saint Paul, on eût dit que Jésus lui sortait toujours par la bouche, tant il le gardait présent dans son cœur. Depuis que j’ai compris cela, j’ai considéré avec attention quelques saints, grands contemplatifs, et ils ne suivaient pas d’autre voie. Saint François le montre par ses stigmates, saint Antoine de Padoue par l’Enfant, saint Bernard faisait ses délices de l’Humanité, sainte Catherine de Sienne et tant d’autres.

Je crois avoir fait comprendre combien il importe, si spirituel qu’on soit, de ne pas fuir les choses corporelles au point d’imaginer que la Très Sainte Humanité elle-même nous fait du mal. On allègue que le Seigneur a dit à ses disciples qu’il valait mieux qu’il parte. Je ne puis souffrir cela.