2° lecture Dimanche de la 28ème semaine du Temps Ordinaire

Siracide  10, 6-18

« L’orgueil déplaît à Dieu comme à l’homme »

Saint Augustin

Sermons adressés aux frères du désert, sermon 12, OC 23, p. 292s

 

Frères, où sera l’orgueil, là aussi règneront les disputes et la discorde. Il ne convient donc pas que des serviteurs de Dieu, vivant dans le désert, soient orgueilleux, mais humbles ; ni qu’ils soient fiers, mais doux, chastes, bienveillants et ornés de toutes les vertus. Frères, prenez garde et mettez une scrupuleuse attention, afin de ne pas être enflés d’orgueil pour le bien que vous aurez fait. Sachez que c’est l’orgueil qui, des bons anges, a fait des démons ; l’humilité, au contraire, rend les hommes semblables aux anges. L’orgueil a précipité du haut du ciel la gloire des anges ; l’humilité fit monter au ciel l’infirmité humaine. O mes frères ! Lorsque vous priez, que vous lisez, que vous êtes debout ou assis, comme en veillant, prenez garde de dire de cœur ou de bouche, avec le pharisien : Je te rends grâce, Seigneur, de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes. Ceux qui mènent une vie solitaire se laissent souvent aller à ces pensées, sous l’inspiration du démon : souvent l’ennemi des serviteurs de Dieu les pousse à tenir ce langage. J’aimerais mieux vous voir sortir du désert que de dire ou penser des semblables choses. Aussitôt que vous serez tentés de vous appliquer ces paroles, ou d’avoir vous-mêmes de telles pensées, criez aussitôt, poussez des gémissements et dites : Je suis un ver et non un homme, l’opprobre des hommes, l’abjection de la nation. Et de quelques vertus que vous soyez ornés, dites avec le publicain : Mon Dieu, soyez-moi propice, je suis un pécheur. Que votre charité fasse attention à ces paroles tombées de la vérité même : Que celui qui est le plus grand parmi vous devienne comme le plus petit, et que celui qui gouverne soit comme celui qui sert. O moine, plus tu es grand, plus il faut t’humilier en tout, et tu obtiendras grâce devant Dieu et devant les hommes. Sainte et vénérable humilité, c’est toi qui, du sein du Père, fis descendre le Fils de Dieu dans le sein de l’auguste Vierge Marie. Tu le fis s’envelopper de méchants langes pour qu’il nous revêtit de l’ornement des vertus. Tu voulus qu’il fut flagellé dans son corps pour qu’il nous délivrât des châtiments dus aux péchés ; lui, le médecin de tous les malades, tu le fis passer par des infirmités qui, d’un seul mot, guérit tous les maux afin de nous délivrer de nos infirmités. Sainte humilité, combien tu diffères de l’orgueil !