Samedi de la 23ème semaine du Temps Ordinaire

Jude 1-25

Points forts de l’épître de Jude

Michel Trimaille

Lettres de Paul, de Jacques, de Pierre et de Jude, p. 281s

          Lorsqu’au début et à la fin de ce court billet (25 versets seulement), l’auteur parle à ses lecteurs de leur condition chrétienne, il nous laisse du même coup, quoiqu’en termes rapides, un résumé d’une grand richesse de contenu, en même temps que d’une réelle élégance d’expression.

          Foi, amour et espérance. On retiendra particulièrement les versets 20-21, une très belle phrase, centrée sur un impératif : Gardez-vous vous-mêmes dans l’amour de Dieu !, c’est-à-dire l’amour que Dieu a pour vous, ou l’amour que vous avez pour Dieu. Cet impératif est entouré de trois participes qui énoncent les conditions de sa mise en œuvre, car nul n’a, par lui-même, le pouvoir de se garder ainsi :

Vous construisant vous-mêmes sur votre foi : elle est en effet le fondement de toute construction chrétienne, et spécialement de cette construction qu’est l’Eglise. L’auteur se faisait un devoir d’écrire cette lettre pour vous exhorter à lutter pour la foi. C’est que la foi est un don de Dieu par excellence, parce qu’elle est réponse à son appel.

Priant dans l’Esprit-Saint. La foi s’exprime dans une prière, mais cette prière n’est vraie que si elle coïncide avec celle de l’Esprit-Saint lui-même.

Rendue dans l’attente de la miséricorde de notre Seigneur Jésus-Christ pour la  vie éternelle. Etre tendu dans l’attente est un synonyme d’espérer.

          Dieu, le Seigneur Jésus, l’Esprit-Saint. Cette phrase articule la triade traditionnelle définissant la condition chrétienne : foi, amour, espérance, avec l’autre triade qui en exprime la source divine : Dieu-Père, le Seigneur Jésus Christ et l’Esprit-Saint. La foi est un don de Dieu, l’espérance est fondée sur l’amour miséricordieux du Seigneur, par lequel Dieu nous a sauvés. Enfin l’amour est gardé dans les cœurs par l’Esprit-Saint, au sein de la prière chrétienne.

          Une attente vivante. Selon cette lettre, et c’est une différence avec la seconde lettre de Pierre, l’espérance de la Parousie demeure bien vivante. C’est elle qui s’exprime dans la doxologie finale : A Celui qui a la puissance de vous conserver sans chute et de vous tenir debout en présence de sa gloire dans l’allégresse.