2° lecture Dimanche de la 18ème semaine du Temps Ordinaire

Abdias 1-21

Le prophète et le programme des conquêtes

Carl Keller

Osée, Joël, Amos, Abdias, Jonas, p. 252s

          Abdias, en hébreu, signifie Esclave de Dieu. Ce nom est très répandu ; nous connaissons, par la Bible ou par des sceaux retrouvés dans le sol palestinien, treize personnes qui s’appelaient ainsi. A part le nom, nous ignorons tout de la personne du prophète. Le style de ses oracles semble suggérer qu’il connaissait bien les traditions liturgiques du Temple. Il est possible qu’il appartenait à un groupe de prophètes qui accomplissaient un ministère régulier dans la maison de Dieu, le Temple. A un moment où tout semble perdu, le Temple est détruit, le culte supprimé, les dirigeants du peuple exilés, il est appelé à proclamer le message du Jour de Dieu : Dieu est encore le maître des nations, et il intervient lui-même dans l’histoire afin de punir comme il le mérite Edom, le frère qui a trahi Jacob. Dieu est encore à l’œuvre, il est encore le gardien du droit : c’est là la vérité réconfortante qu’Abdias est chargé d’annoncer à un peuple découragé.

          Les trois derniers versets de ce prophète, rédigés en prose, semblent des commentaires ajoutés successivement au livre d’Abdias

          Dans le premier de ces trois versets, il est précisé que les élus de Sion vont reconquérir tout le territoire où habitaient autrefois des Israélites : le Négèv, la plaine du littoral, Ephraïm et Galaad. L’expansion se fera dans toutes les directions

          Le verset suivant ajoute que, comme au temps de Josué, les Israélites chasseront les Cananéens. En outre, certains exilés de Jérusalem recevront le Négèv en compensation de la perte momentanée de leur ville.

          Enfin, un savant rompu au langage du culte et de la liturgie couronne le tout en annonçant des libérateurs qui, à l’instar des Juges d’autrefois, gravissent la montagne sainte en un cortège inspiré afin de juger Edom. La dernière remarque du livre est manifestement puisée à la tradition liturgique ; elle n’est pas indigne du message d’Abdias qui a eu le privilège de proclamer la royauté de Dieu en un temps où, le Temple détruit, le peuple déporté ou désespéré, on avait l’impression que Dieu était mort.