Jeudi de la 17ème semaine du Temps Ordinaire

Job 38,1-30 + 40,1-5

La révélation de Dieu

Père Jean Radermakers

Dieu, Job et la Sagesse, p. 230s

          Dieu répond du milieu de la tempête, tempête qui agite le cœur de Job. Cette réponse n’est pas seulement un discours, mais un événement dans la vie de Job : une théophanie, c’est-à-dire une apparition de Dieu dans son existence, une expérience nouvelle de la présence du Seigneur. Cette intervention divine répond à la plainte de Job qui reprochait à Dieu son silence et le suppliait de se manifester. Le discours que Dieu tient ensuite donne la signification exacte de l’intervention, afin de prévenir les interprétations erronées. Théophanie et discours sont donc intimement liés.

          D’entrée de jeu, la situation de Job est déterminée par Dieu : Job est en train d’enténébrer le dessein divin, tout entier lumineux. Il projette sur Dieu sa propre obscurité, et dès lors les mots qu’il prononce sont sans science. L’attention que Dieu porte est le signe non équivoque de la sollicitude dont il est l’objet : le reproche qui lui est fait est une grâce. De plus, Dieu offre à Job une réflexion de type sapientiel sur le dessein divin, faisant, par là, œuvre d’éducation. En effet, il met en question les images de Dieu dont Job peuple son esprit afin de se défendre contre les angoisses qui le tourmentent ; il va dès lors permettre à Job de découvrir le vrai Dieu, invisible en lui-même certes, mais se révélant à travers les réalités visibles de la nature créée : Dieu transparaît dans ses œuvres.

          La délicatesse et le respect de Dieu pour l’homme apparaissent dans le fait qu’il ne rabaisse pas ce dernier pour le confondre plus sûrement. Il lui demande de se dresser devant lui dans sa force : Ceins donc tes reins comme un homme ; je te questionnerai et tu me feras savoir. C’est l’homme debout que Dieu invite au combat, un combat spirituel. Job a questionné Dieu ; celui-ci, à son tour, questionne Job, signe qu’il le considère vraiment comme partenaire.