3° lecture Dimanche de la 17ème semaine du Temps Ordinaire – A

Matthieu 13, 44-52

La parabole de la perle

Saint Augustin

Sermon 37, 3, OC 16, p. 185s

          Je veux dans la mesure de mon pouvoir et du vôtre, dans la mesure de ma crainte et de celle que vous devez concevoir au sujet de la perle fine et de toutes les pierres précieuses, vous confier une pensée. Il y a dans l’Eglise des pierres précieuses : ce sont les hommes doctes, pleins de science, d’éloquence, riches de doctrine et remplis de la connaissance de la Loi.

Mais parmi ces pierres précieuses, il en est qui, malgré leur éloquence, malgré leur intelligence, et même malgré leur doctrine ont cessé de faire partie des ornements de cette femme forte qu’est l’Eglise. Toute pierre précieuse qui ne sert point à l’ornement de l’Eglise reste cachée. Et que devient une pierre précieuse détachée des ornements de cette femme qu’est l’Eglise ? Elle tombe dans l’obscurité. Oui, en quelque lieu que soit tombée une telle pierre, elle est cachée dans les ténèbres. Elle devait, pour briller, rester attachée à cette femme, l’Eglise, continuer à faire partie de sa parure. Je le dirai sans crainte : si on donne à ces pierres le nom de précieuses, c’est qu’elles valent cher ; mais elles s’avilissent et perdent leur prix en perdant la charité.

Que celui, qui s’est éloigné de la femme forte, de l’Eglise, vante sa science, qu’il vante son éloquence, qu’il sache écouter une sage appréciation des vraies pierres précieuses de la femme forte, qu’il écoute un expert contemplant cette parure. Vantera-t-il encore son éloquence ? IL n’est plus une pierre précieuse, mais une pierre commune et grossière. Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, écrit saint Paul, si je n’ai pas la charité, je suis devenu comme un airain sonnant ou une cymbale retentissante. Cet homme n’est plus qu’une cymbale, il ne brille plus, il fait un peu de bruit. Négociateur du Royaume des Cieux, apprenez à connaître les pierreries : n’estimez que celles dont cette femme est ornée. Au-dessus de toutes les pierreries, elle fait elle-même l’ornement de sa parure.