2° lecture Dimanche de la 13ème semaine du Temps Ordinaire

Néhémie, 3,33 – 4,17

Jérusalem bâtie comme une ville

Saint Augustin

Commentaire sur le psaume 124, 3-4, tome II, p. 977s

          Ceux qui qui mettent leur confiance dans le Seigneur ressemblent à la montagne de Sion, ils ne seront point ébranlés de l’éternité. Quels sont ces hommes ?

            Si nous entendons ici la Jérusalem de la terre, tous ceux qui l’habitaient en ont été chassés par la guerre et par la ruine de cette ville ; tu cherches maintenant un Juif dans Jérusalem, tu n’en trouves point. Pourquoi donc ceux qui habitent Jérusalem ne seront-ils point ébranlés de l’éternité, sinon parce qu’il s’agit de cette autre Jérusalem dont on vous parle si souvent ? C’est elle qui est notre mère, c’est après elle que nous soupirons en gémissant dans cet exil ; c’est là que nous voulons retourner. Nous nous sommes éloignés d’elle, et nous en avions perdu le chemin. Le roi de cette ville est venu lui-même, il s’est fait notre voie pour que nous puissions y retourner. C’est vers cette Jérusalem que soupirait celui qui chantait : Jérusalem qui est bâtie comme une cité et dont les habitants sont unis ensemble. Ceux donc qui habitent cette ville ne seront pas ébranlés à jamais, tandis que ceux qui ont habités la cité terrestre ont été ébranlés, par le cœur d’abord, par l’exil ensuite. Leur cœur s’est ébranlé, et ils sont tombés quand ils ont crucifié le roi de la Jérusalem céleste. Mais ils en étaient dehors déjà par le cœur, et ils en avaient chassé le roi,  car ils le firent sortir de leur cité et le crucifièrent en-dehors. A son tour, il les a bannis de sa cité, c’est-à-dire de la Jérusalem éternelle qui est dans le ciel, et notre mère à tous.

            Comment donc est cette ville ? Le prophète nous la décrit en un mot : Des montagnes l’environnent. Est-ce un grand avantage pour nous d’être dans une ville environnée de montagnes ? Est-ce bien à être dans une ville environnée de montagnes que consistera notre fidélité ? Ne connaissons-nous point les montagnes, et sont-elles autre chose que des éminences de terre ? Il est donc d’autres montagnes aimables, montagnes élevées qui sont les prédicateurs de la vérité, comme les anges, les Apôtres, les Prophètes. Ceux-là environnent Jérusalem, ils sont à l’entour et lui servent de murailles ? C’est de ces montagnes aimables et délicieuses que nous parlent souvent l’Ecriture. Observez, quand vous la lisez ou l’entendez, combien on parle de ces montagnes ; ces montagnes sont éclairées par Dieu ; sur elles d’abord il épanche sa lumière afin que de là elle passe aux vallées et aux collines. C’est par elles que nous sont venues les Saintes Ecritures, les prophéties, les écrits des apôtres, les évangiles. C’est de ces montagnes que nous chantons : J’ai levé les yeux vers les montagnes d’où me viendra le secours.