2° lecture Dimanche de la 4ème semaine du Temps de Carême

Lévitique 8,1-17 + 9,22-24

Rites d’ordination

Saint Jérôme

Lettres, tome 3, Lettres 64 à Fabiola et 65 à la vierge Principia, p. 117s

        Moïse impose l’Ephod à Aaron. Toute l’Ecriture atteste que l’Ephod est sacré, et destiné au seul Pontife. L’Ephod est brodé en or, en pourpre violette et écarlate, en cramoisi et en fin lin retors, portant aux épaulettes deux pierres de cornalines sur lesquelles se trouvent gravés en mémorial, six par six, les noms des fils d’Israël.

        Le pectoral est le plus petit, mais le plus sacré des ornements du Pontife. C’est un tissage de quatre couleurs et d’or, comme l’Ephod, long et large d’une paume ; en double, pour ne pas se déchirer facilement, car douze pierres, d’une grosseur remarquable et d’un grand prix, y sont serties sur quatre rangs. Sur les pierres sont sculptés les noms des douze tribus.

        Les quatre couleurs représentent les quatre éléments dont l’univers est constitué. Le lin est attribué à la terre d’où il pousse, la pourpre à la mer qui produit ses coquillages, le hiacynthe à l’air parce qu’il est de la même couleur, le vermillon au feu. Ces couleurs sont mêlées d’or pour signifier que la Providence divine et la vie divine pénètrent toutes choses. La ceinture qui entoure la poitrine du prêtre et resserre sa tunique de lin représente l’océan qui entoure la terre.

        Il  était juste que le Pontife de Dieu, portant sur ses vêtements la représentation de toutes les créatures, montrât ainsi que tout ce qui existe a besoin de la miséricorde de Dieu, et que, par l’offrande du sacrifice, toute créature fût purifiée. Par ses paroles, comme par ses vêtements, il prierait non pour ses enfants, ses parents ou ses proches, mais pour toute la création.

        Le Grand prêtre a un diadème, et porte sur son front le nom de Dieu. Il est orné du diadème royal, il est parvenu à l’âge parfait du Christ, sa gloire doit être protégée, toujours. Il ne déchirera pas ses vêtements, car ils sont blancs, immaculés ; ils suivent l’Agneau. Thamar déchira sa tunique quand elle perdit son intégrité ; Caïphe, quand il perdit le sacerdoce, déchira publiquement ses vêtements.

        Le diadème d’or brille sur le front. La connaissance de toutes les créatures ne nous sert, en effet, de rien, si nous ne sommes couronnés de la science de Dieu. Tout reste imparfait si l’on ne cherche pas le digne aurige. Il faut que le créateur domine les créatures et dirige lui-même ce qu’il a fondé.