3° lecture Dimanche de la 1ère semaine du Temps de l’Avent A

Matthieu 24, 37-44

« Veillez, car vous ne savez ni le jour, ni l‘heure »

Bienheureux Guerric d’Igny

Troisième sermon pour l’Avent, SC 166, p. 119s

        Israël, sois prêt à aller à la rencontre du Seigneur, car il vient. Et vous aussi, frères, soyez prêts, car le Fils de l’homme viendra à l’heure que vous ne pensez pas.  Rien de plus sûr que sa venue, mais rien de plus incertain que le moment de cette venue. Il nous appartient si peu en effet de connaître les temps ou les moments que le Père, en sa puissance, a choisi. Notre dernier jour viendra, c’est chose certaine ; mais quand, où et comment, cela nous est très incertain. Nous savons seulement, comme cela a déjà été dit par d’autres, que, vis-à-vis des vieillards, ce jour se tient sur le seuil, tandis que vis-à-vis des jeunes gens il se tient à l’affût. Ah, si tout au moins, ils veillaient sur eux-mêmes, ceux qui voient la mort toute prête à entrer ! En effet, n’est-elle pas déjà entrée en partie, quand certaines parties du corps sont déjà mortes ?  Et tandis que, pour les jeunes gens, ce jour se tient à l’affût, on doit le redouter d’autant plus qu’on ne peut ni le voir, ni s’en garder. La seule sécurité, c’est donc de ne jamais s’estimer en sécurité. Que la crainte, demeurant en éveil, nous rende toujours prêts, jusqu’à ce que la sécurité succède à la crainte, et non la crainte à la sécurité. Je serai vigilant, dit le sage, à me préserver de mon iniquité, ne pouvant me préserver de la mort.

        Ô toi, véritable Israël, sois prêt à aller à la rencontre du Seigneur ! Non seulement sois prêt à lui ouvrir lorsqu’il sera là et frappera à la porte, mais encore va-t’en allégrement et joyeusement à sa rencontre, tandis qu’il est encore loin, et, ayant pour ainsi dire pleine confiance pour le jour du jugement, prie de tout ton cœur pour que son règne vienne. Si donc tu veux alors être trouvé prêt, prépare-toi avant le jugement une justice, comme le conseille le Sage. Sois donc prêt à accomplir toute bonne œuvre, afin que ta bouche puisse chanter, sans que ton cœur ne le démente : Mon cœur est prêt, ô Dieu, mon cœur est prêt !

Et Toi, Seigneur, viens à ma rencontre, moi qui vais au-devant de Toi ! Car malgré tous mes efforts, je ne pourrai m’élever jusqu’à ta hauteur que si, en te penchant, tu tends la droite à l’œuvre de tes mains. Viens donc à ma rencontre, et vois s’il n’y a pas en moi un chemin d’iniquité ; et si tu trouves en moi un chemin d’iniquité que j’ignore, écarte-le de moi, et, par la loi, prends-moi en pitié, conduis-moi sur la voie éternelle, c’est-à-dire le Christ, car il est la voie où l’on marche et l’éternité à laquelle on parvient, voie immaculée et demeure bienheureuse.