2° lecture Fête de la Croix Glorieuse

Galates 2,19-3,14 + 6,14-16

La Croix GlorieusePaul VI

Saint Bernard

Méditation sur la Passion et la Résurrection du Seigneur, OC 6, p. 259s

        Reviens un peu à ton cœur, reviens vieil Adam et vois comment l’Adam nouveau t’a cherché et t’a retrouvé. Il n’eut de cesse qu’il n‘ait couru après toi qui fuyais, t’appelant dans sa miséricorde, à travers les coups de fouet et les dérisions inouïes. Il t’a suivi jusqu’au supplice plus inouï encore de la croix, et là il te trouva déjà mourant et te saisit.

        Souviens-toi de moi, Seigneur, dans ton royaume. Je pouvais manger et goûter de tous les arbres du paradis, et maintenant je suis crucifié et je meurs sur ce bois. Souviens-toi de moi ; je t’avais oublié, mais toi, dans ton emportement, tu t’es souvenu de ta miséricorde. Pitié pour moi, Seigneur, dans ta miséricorde qui est grande. Je la vois en toi cette miséricorde grande et qui est bien tienne, qui t’a fait condescendre à te configurer à ma misère. Tu ne pouvais me suivre plus loin. D’où viens-tu ? Tu es sorti du plus haut des cieux. Du sein de la Vierge, tu es venu, le plus beau des enfants des hommes et avec moi tu pends sur le bois. Qui t’a conduit là ? Ta seule miséricorde. Pitié pour moi, Seigneur, dans cette miséricorde. Pitié pour moi, Seigneur, dans cette miséricorde qui est grande. Je suis ta création que tu as faite à ton image et à ta ressemblance. Pitié, Seigneur, pour ton image.

        Loin de moi la pensée de me glorifier ailleurs que dans la croix de mon Seigneur Jésus-Christ. La croix est ta gloire, la croix est ton empire. Voici ton empire sur tes épaules. Qui porte ta croix, porte ta gloire. Aussi la croix, qui fait peur aux infidèles, est, pour les fidèles, plus belle que tous les arbres du paradis. Le Christ a-t-il craint la croix ? Et Pierre ? Et André ? Au contraire, ils l’ont désirée. Le Christ s’est élancé vers elle comme un vaillant pour courir sa carrière : J’ai désiré d’un grand désir manger cette Pâque avec vous, avant de mourir. Il a mangé la Pâque en souffrant sa Passion, lorsqu’il passa de ce monde à son Père. Sur la croix, il mangea et il but, il s’enivra et il dormit. Le Seigneur, en effet, envoya un sommeil profond sur Adam, il prit une de ses côtes et il façonna une femme, et il la conduisit à Adam. Le Christ dort d’un profond sommeil, de son côté chaque jour est façonnée et nourrie l’Eglise, et elle est amenée jusqu’aux confins du monde afin que la reine se tienne à sa droite en vêtements tissés d’or, de couleurs chatoyantes. Sur la croix, le Christ mangea la Pâque, lui qui est monté au palmier et qui en a cueilli les fruits.