Mardi 10 Temps Ordinaire – Mémoire de saint Barnabé

Josué 2, 1-24

Barnabé dans l’histoirePaul VI

Luigi Cirillo et Michel Frémaux

Evangile de Barnabé, p. 239s

        Malgré le peu de renseignements que nous ayons sur lui, Barnabé doit être compté parmi les plus grandes personnalités du Christianisme primitif. Juif de la diaspora hellénistique, lévite de Chypre, converti à la foi chrétienne dès les premiers temps de l’Eglise, il fut membre de la plus ancienne communauté chrétienne de Jérusalem. Il s’appelait Joseph, les apôtres le surnommèrent Barnabas, qui s’interprète fils de la prophétie ou fils de prophète, sémitisme équivalent au titre de prophète. Pour l’auteur des Actes, le nom de Barnabas signifie fils de la consolation.

        Conformément à son ministère de prophète, il fut délégué par l’église de Jérusalem à l’église d’Antioche pour exhorter les nouveaux convertis à demeurer dans le Seigneur. Car Barnabé était un homme droit, plein d’Esprit Saint et de foi. C’est lui qui partit chercher Saul à Tarse en Cilicie pour le présenter aux apôtres. A partir de ce moment, Barnabé et Paul, choisi parmi les prophètes et les didascales d’Antioche, furent l’un à côté de l’autre dans les premiers voyages missionnaires ; Jean, surnommé Marc, était leur assistant. La communauté chrétienne considérait Barnabé et Paul comme apôtres, et les mettait sur le même rang. Lors de la querelle judéo-chrétienne au sujet de la nécessité de la circoncision, Paul et Barnabé défendent la cause de la liberté des païens vis-à-vis des observances juives. Et c’est en ce sens qu’ils interviennent dans l’Assemblée de Jérusalem, en tant que chefs de la délégation d’Antioche. Peu après, cependant, un désaccord devait surgir entre eux. Selon les Actes, la raison en est le refus de Paul qui ne veut plus reprendre Jean-Marc comme compagnon de voyage. Se séparant alors de Paul, Barnabé s’embarque pour Chypre avec Jean-Marc qui était d’ailleurs son cousin. Mais on est en droit de se demander si le conflit à propos de Jean-Marc suffit à justifier la séparation entre Barnabé et Paul. S’y ajouterait-il un différend idéologique ? La tradition canonique s’y fait aucune allusion. Du côté de Paul, il ne semble pas y avoir eu d’hostilité contre Barnabé. En effet, après la séparation, Paul continue à mentionner Barnabé ; dans la lettre aux Galates, Paul rappelle la présence de ce dernier à ses côtés à l’Assemblée de Jérusalem ; quant au conflit d’Antioche, Paul prend soin d’expliquer que si Barnabé se tint à l’écart des païens, ce fut à cause de Pierre qui le premier s’était séparé des païens, craignant les gens de l’entourage de Jacques. De plus, dans la première lettre aux Corinthiens (9,5-6), Paul place Barnabé à son propre niveau d’apôtre.