Mercredi de la 4ème semaine du Temps Pascal – Mémoire de saint Pacôme

Apocalypse 14,14 – 15,1

L’espérance du monde à venir ressort essentiel de l’ascèse monastique

  1. Th. Lefort, cité par le Père Placide Deseille

dans « L’esprit du monachisme pacômien », p. LIX-LXI

        Il arriva un jour que Théodore se rendit auprès de notre Père Pacôme en versant d’abondantes larmes ; six mois ne s’étaient pas encore écoulés depuis son entrée chez les frères. Pacôme lui dit : Pourquoi pleures-tu ? Bien des fois, en effet, il s’était étonné de lui voir, quoique si nouveau dans la Congrégation, le sentiment des larmes. Théodore lui répondit : Je désire, ô mon Père, que tu me déclares que je verrai Dieu ; sinon, quel avantage ai-je d’avoir été mis au monde ? Car il eût mieux valu pour moi ne pas naître. Notre Père Pacôme lui dit : Désires-tu le voir en ce siècle, ou bien dans le siècle à venir ? Théodore lui répondit : Je désire le voir dans le siècle qui dure éternellement. Notre Père Pacôme lui dit : Hâte-toi de produire le fruit décrit dans l’Evangile : Bienheureux ceux qui ont le cœur pur, car ce sont eux qui verront Dieu. Et si une mauvaise pensée te vient à l’esprit, soit impureté, soit haine, soit méchanceté, soit jalousie, envie, mépris à l’égard de ton frère, soit vaine gloire humaine, souviens-toi immédiatement, et dis : Si je consens à l’une de ces choses, je ne verrai pas le Seigneur. Quand Théodore eut entendu ces paroles de la bouche de notre Père Pacôme, il se prépara désormais à marcher avec  humilité et pureté, afin que le Seigneur comblât son désir de le voir dans le siècle immuable.

        Et Pacôme lui apprit une de ses prières favorites : Dieu tout-puissant, Dieu béni, accorde-nous de parfaire ce service que nous avons commencé, mes frères et moi, afin que nous soyons dignes de toi, afin que tu habites en notre cœur, en notre âme, en notre esprit, afin que nous soyons parfaits en ton amour, toujours, marchant devant toi selon ton bon plaisir, afin que nous ne péchions pas contre toi, ni ne provoquions ton Saint-Esprit, au nom duquel on nous a marqués, afin que nous soyons purs et immaculés devant toi en ce monde pendant tous les jours de notre vie, pour qu’ainsi nous méritions ton Royaume céleste et éternel, grâce à ta miséricorde, ô ami des hommes.