Vendredi de la 4ème semaine du Temps Ordinaire

Romains 15, 14-33

Le combat de la prière

Origène

Commentaire sur l’épître aux Romains, p. 361s

       Que nous dit saint Paul dans le texte de la lettre aux Romains ? Je vous exhorte, frères,  à combattre avec moi par les prières que vous adressez à Dieu pour moi. Cela se lit de façon plus magnifique chez les Grecs, où Paul demande de l’aider dans la lutte des prières à Dieu. Paul montre ainsi qu’il menait lui-même comme une lutte et un combat de la prière contre ceux qui s’opposaient à lui, ceux-là sans doute dont ils disaient : Nous ne luttons pas contre la chair et le sang, mais contre les Principautés et les Pouvoirs, contre ceux qui gouvernent ce monde de ténèbres, contre les esprits pervers qui sont dans les régions célestes. Il est sûr que ceux-ci, de même qu’ils s’opposent à la foi et se dressent contre la piété, de même qu’ils sont les adversaires de la justice, de la vérité et de tous les biens, ainsi ils se dressent, sans aucun doute, contre la prière et s’opposent à elle. Ainsi Paul montre par là que la prière n’est pas un petit combat, puisqu’il a cru devoir implorer l’aide des habitant de Rome dans ce combat.

       Car les démons et les Puissances contraires font vraiment obstacle à la prière, d’abord pour que celui qui se donne de la peine dans le combat de la prière ne soit pas trouvé tel qu’il puisse lever les mains pures, sans colère. Et si quelqu’un peut arriver à cela : être sans colère, il a peine à éviter d’avoir des pensées superflues et vaines. En effet, trouveras-tu quelqu’un qui prie sans que vienne à sa rencontre quelque pensée vaine et étrangère pour faire dévier et briser l’attention par laquelle l’âme était dirigée vers Dieu, et l’entraîner vers ce qui ne convient pas. C’est pourquoi, il est grand le combat de la prière : aux prises avec ses ennemis, l’âme s’efforce de rester toujours fixée vers Dieu par une attention stable, de sorte qu’elle peut dire à bon droit : J’ai combattu le bon combat, j’ai achevé ma course.

       L’Apôtre prie donc pour être aidé dans le combat de la prière ; lui-même a besoin de prières pour qu’il soit agréé, et pour que le désir de rendre visite aux chrétiens de Rome ne soit pas différé plus longtemps : je viendrai assurément à vous par la volonté de Dieu et je me reposerai près de vous. Assurément, ce n’est pas un repos corporel que cherche Paul, mais cette consolation qui lui vient de Dieu, de même que dans les premières phrases de cette épître, il a dit : Pour être consolé en vous, par cette foi qui nous est commune, à vous et à moi.