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Texte du jour

Lundi de la 2ème semaine du Temps de l’Avent



Isaïe 34, 1-17

Oracle sur Edom

Théodoret de Cyr

Commentaire sur Isaïe, SC 295, p. 329s

       Le texte prédit des événements qui attendent la Judée, mais la prophétie s’applique aussi aux événements qui surviendront au moment de la fin des temps.

       Approchez, nations et écoutez ; Princes, soyez attentifs ! Car la colère du Seigneur vient sur toutes les nations et sa colère pour les détruire et les livrer au carnage. Telle est dans les saints Evangiles la prédiction du Maître sur la fin des temps : « On dressera nation contre nation, royaume contre royaume, et il y aura des tremblements de terre et des famines ». Tel est également l’enseignement du texte prophétique qui poursuit en disant que la terre sera remplie de blessés et de cadavres, que la puanteur qui s’en dégagera rendra l’air vicié et que le sang inondera la terre.

       Puis le prophète a ajouté : Les puissances des cieux se liquéfieront et le ciel s’enroulera comme un livre ; tous les astres du ciel tomberont comme les feuilles de la vigne et comme se détachent les feuilles du figuier. De son côté, le Seigneur dans les saints Evangiles déclarent : « Les puissances des cieux seront ébranlées », et le bienheureux David dit du ciel et de la terre : « Eux périront, mais toi tu demeureras ; tous, comme un manteau, ils s’useront avec l’âge, comme un vêtement tu les rouleras et ils seront changés ; tandis que toi, tu es le même et tes années n’auront pas de fin ». Et il a dit du soleil et de la lune : Alors, le soleil s’obscurcira et la lune ne donnera plus sa clarté.

       Mon glaive s’est enivré dans le ciel ; voici qu’il va descendre sur Edom et sur le peuple voué à la ruine avec jugement. Par ciel, il nomme ici, à mon avis, de manière figurée, Jérusalem. De même que le ciel a été conçu comme la demeure de Dieu, ainsi en a-t-il été également du Temple de Jérusalem. Et puisque les habitants d’Edom, ici ceux de Judée, se sont réjouis du coup subi par la victoire des Babyloniens, il prédit les événements douloureux qui les attendent. Qu’ils aient applaudi des Juifs, le bienheureux David nous l’enseigne également : « Souviens-toi, Seigneur, des fils d’Edom au jour de Jérusalem, quand ils disaient : Dévastez, dévastez jusqu’à ses assises », ce qui revient à dire : Détruisez-la, renversez-la et abattez-la jusqu’à la racine. C’est pourquoi Dieu dit qu’en brandissant son glaive avec jugement, il s’avancera en direction d’Edom pour tirer d’eux une juste vengeance.

3° lecture Dimanche de la 2ème semaine du Temps de l’Avent



Luc 3, 1-6

« Préparez les chemins du Seigneur, aplanissez ses sentiers ! »

Saint Léon le Grand

Sermons XLV, SC 49bis, p. 141s

       Quels sont donc les chemins du Seigneur, quels sont ses sentiers ? Apprenons-le de la prédication de Jean-Baptiste, qui, en promettant les œuvres et les dons de la grâce divine, dévoilait quelles transformations allaient s’opérer, ajoutant ces mots empruntés aux paroles du prophète : Toute vallée sera comblée, toute montagne et colline abaissée. La vallée signifie la douceur des humbles, la montagne et la colline l’élèvement des superbes, selon la parole de la Vérité, Qui s’abaisse sera élevé, et qui s’élève sera abaissé. C’est donc à bon droit que les vallées s’entendent dire qu’elles seront comblées et les montagnes qu’elles seront abaissées.

       Mais pour apprendre plus complètement quels sont les chemins par lesquels nous devons tendre aux biens promis par Dieu, écoutons l’enseignement du prophète David : Tous les chemins du Seigneur sont miséricorde et vérité. Nous n’entrerons en possession de l’honneur de la gloire divine que si l’on trouve en nous la miséricorde et la vérité. Par elles, en effet, le Sauveur est venu à ceux qu’il voulait sauver, par elles les sauvés doivent se hâter vers celui qui les sauve, de sorte que la miséricorde de Dieu nous rende miséricordieux, et que sa vérité nous rende vrais.

       La route de la vérité et celle de la miséricorde ne se séparent jamais. Celui qui est étranger à la vérité n’est pas miséricordieux, pas plus que celui qui ignore la bonté n’est capable de justice. Celui qui n’est pas riche de ces deux vertus ne pratique aucune d’elles. L’amour est la vigueur de la foi, la foi est la force de l’amour. Et toutes deux ne trouvent leur vrai nom et leur vrai fruit que lorsque leur union demeure indissoluble.

       Appliquons-nous donc en même temps et conjointement à l’amour et à la foi. C’est là, en effet, comme le vol très puissant de deux ailes, qui soulève l’âme pure jusqu’à lui mériter de voir Dieu, afin que le poids des soucis charnels ne l’entraîne pas en bas. Car celui qui dit : Sans la foi, il est impossible de plaire à Dieu, dit aussi : Quand j’aurai la plénitude de la foi, une foi à transporter les montagnes, si je n’ai pas l’amour, je ne suis rien. Recherchons avec application ces deux choses, dans lesquelles se trouvent l’enseignement de tous les préceptes, et par lesquelles chaque fidèle en particulier devient un sacrifice en même temps qu’un temple de Dieu. L’une et l’autre sont propres à celui qui aime, l’une et l’autre à celui qui croit.

 

2° lecture Dimanche de la 2ème semaine du Temps de l’Avent



Isaïe 14, 1-21

Satire sur la mort d’un tyran

Saint Bernard

Sermon pour le 1er dimanche de novembre, OC III, p. 310s

       Comment as-tu été jeté par terre, toi qui vassalisais toutes les nations ? Est-ce là l’homme qui faisait trembler la terre, qui réduisait le monde en désert ? Tu as été jeté dehors, comme une ordure.

       Qui m’empêche de croire, qu’après la chute de l’Astre du matin, Lucifer lui-même, le prince des démons dont le tyran de Babylone représente le symbole, ce furent les Séraphins eux-mêmes qui furent chargés de monter une garde vigilante aux portes du ciel, comme nous voyons, après que l’homme fut chassé du paradis terrestre, Dieu a placé un chérubin pour en garder l’entrée ? Peut-être même n’est-ce pas sans raison que l’auteur sacré donne un glaive de feu à ce chérubin dont la pointe et la flamme devaient tenir également les mains de l’homme éloignées de l’arbre de vie, attendu qu’il n’est rien que le corps redoute plus que ce qui perce et qui brûle.

       Le Lucifer orgueilleux est tombé, lui qui n’avait que l’éclat sans avoir la chaleur ; lui qui ne s’aidait que d’une aile pour s’élever, il a fait une chute au lieu de prendre son essor. Heureux de vouloir briller, il oublia que son nom de séraphin lui faisait un besoin d’être chaud et brûlant, ce qu’il n’était plus. Il ne demeure donc point debout, il tombe dans les profondeurs infernales, parce qu’il s’est laissé aller aux impies ; il ne peut plus s’élever en volant, comme il l’avait présumé. La vivacité de sa nature lui fit prendre son essor, mais ce fut pour sa perte, car le défaut de grâce ne tarda point à précipiter sa chute.

       Telle est aussi la chute de ceux qui, ayant connaissance de Dieu, ne l’ont point glorifié comme Dieu, et ne lui ont point rendu grâces, ce qui fut cause qu’ils furent abandonnés à leur sens réprouvé, et que leur cœur insensé est tombé dans les ténèbres. Enfin, leur chef lui-même vit tomber devant ses yeux un voile que la vivacité de sa nature ne saurait percer, et que ne lui permet de voir ni la tête, ni les pieds, ni le corps de Celui qui est assis sur le trône, attendu que les séraphins, qui se tiennent debout auprès de lui, lui couvrent la tête, les pieds et le corps de leurs ailes.

 

3° lecture Solennité de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie



Luc 1, 26-38

Marie et l’ange

Adrienne von Speyr

La Servante du Seigneur, p. 36s

       Jusqu’à ce jour où l’ange vint la visiter, Marie a vécu tout naïvement dans la pure attente de son peuple. Elle ne peut pas, sans le savoir, franchir le pas de l’Ancienne à la Nouvelle Alliance ; elle ne doit pas glisser insensiblement de l’une à l’autre par une conception inconsciente. Il fallait donc qu’elle fût troublée afin de pouvoir être dilatée ; c’est pourquoi son inquiétude devait déjà embrasser tout ce qui allait arriver plus tard. La Mère ne peut prononcer son vœu sans avoir au moins quelque idée de ses dimensions. Il faut donc lui expliquer aussi ce qui, pour l’instant, n’a pas d’urgence immédiate.

       Par là, il est aussi dit que l’ange n’est pas seulement envoyé par le Père, mais tout autant par le Fils. Car il dessine dans la Mère le modèle de cette dilatation véritablement chrétienne et néo-testamentaire, qui correspond au toujours-plus du nouveau commandement de l’amour. Il fait ainsi de la Mère le berceau de l’Eglise et de la Catholicité.

       Après l’avoir, de cette manière, une fois encore dilatée, l’ange la rassure une dernière fois, et cette fois tout à fait personnellement. Il n’invoque plus son illustre ascendance, celle de David, mais une proche qui, par l’avènement du Fils, a été arrachée à l’existence de tous les jours. Car sa cousine Elisabeth, elle aussi, a fait l’expérience du miracle de Dieu : elle, la stérile, est, dans sa vieillesse, enceinte de six mois. Car rien n’est  impossible à Dieu.

       La Mère peut maintenant répondre : Voici la Servante du Seigneur, qu’il me soit fait cela ta parole. Toute l’attitude d’humilité, de service et de prière qui a été la sienne, reparaît. Le trouble n’a que peu duré, le temps que l’ange élargisse sa disponibilité pour déposer en elle, par son message apaisant, tout ce que Dieu lui destine par l’intermédiaire de son messager. Sa réponse jaillit de la même obéissance qui lui a permis de voir l’ange : mais cette obéissance est maintenant tellement dilatée qu’elle est devenue une part et le bien même de l’obéissance du Fils à son Père.

 

2° lecture Solennité de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie



L’Immaculée, remplie d’huile virginale

Saint Bernard

Deuxième sermon pour l’Assomption de la Vierge Marie, OC III, p. 382s

       Voulant faire comprendre qu’en Marie il s’agissait d’une habitation virginale, le Saint-Esprit ne fit aucune mention de pénitence, laquelle vient nécessairement après le péché. Il s’en faut bien, en effet, qu’on puisse dire qu’elle ait été souillée en quoi que ce soit. Supposez que Marie eut contracté de ses parents la faute originelle, la piété chrétienne ne nous permet pas de croire qu’elle fût moins sanctifiée que Jérémie dans le sein maternel, et moins remplie de l’Esprit-Saint que saint Jean, dès le sein de sa mère ! Quand on sait, à n’en point douter, que Marie a été purifiée, par la grâce toute seule, de la faute originelle que maintenant la grâce ne lave que dans les eaux du baptême, et que la pierre de la circoncision enlevait seule autrefois, s’il faut croire, comme il y a piété à le faire, que Marie ne commit jamais un seul péché actuel, il s’en suit nécessairement qu’elle ne connut jamais non plus le repentir.

       Toute la beauté de la fille du roi est à l’intérieur, ce qui n’empêche point qu’elle ne soit, au dehors, parée de vêtements de toutes sortes. Elle n’est point du nombre des vierges insensées, c’est une vierge prudente qui a sa lampe et de l’huile dans son vase. Auriez-vous oublié la parabole de l’évangile qui nous représente les vierges insensées exclues de la salle des noces ? Leur demeure était pure, puisqu’elles étaient vierges ; elle était ornée puisque toutes, sages et insensées, avaient préparé leurs lampes, mais celles des insensées étaient vides puisqu’elles n’avaient point d’huile dans leur vase. C’est à cause de cela que l’Epoux n’a voulu, ni être reçu par elle dans leurs maisons, ni les recevoir elles-mêmes dans la salle de ses noces. Il n’en fut pas ainsi de la femme forte qui a écrasé la tête du serpent, car, entre autres éloges qui sont faits d’elle, il est dit dans le Livre des Proverbes : Sa lampe ne s’éteindra point pendant la nuit. C’est une allusion aux vierges insensées qui, au milieu de la nuit, au moment où l’Epoux arrivait, se plaignent, mais bien tard, et disent : Nos lampes se sont éteintes. La glorieuse Vierge Marie s’est donc avancée avec sa lampe allumée, et fut, pour les anges mêmes, un tel sujet d’étonnement, qu’ils s’écriaient : Quelle est celle qui s’avance comme l’aurore à son lever, belle comme la lune, éclatante comme le soleil. En effet, ils voyaient briller plus que les autres celle que Jésus-Christ, son Fils et Notre Seigneur, avait remplie de l’huile de sa grâce, bien plus que toutes ses compagnes.

 

Vendredi de la 1ère semaine du Temps de l’Avent – Mémoire de saint Ambroise



Isaïe 11, 10-16

L’écoute et le regard : Augustin à l’école d’Ambroise

Annie Wellens

Ambroise de Milan et les défis du politique, p. 86s

       En 386, dans un jardin de Milan, Augustin aurait-il pu entendre ce qu’il prend d’abord pour une comptine chantonnée par une voix de jeune garçon ou de jeune fille : Prends et lis, sans avoir, depuis deux  ans, regardé lire Ambroise après l’avoir écouté dans ses prédications ? Tout un chemin se dessine : Ce que j’ai commencé à aimer d’abord en lui, ce ne fut pas le docteur d’une vérité que je désespérais désormais de trouver dans ton Eglise, mais un homme bienveillant à mon égard. Augustin reconnaît que son premier souci fut d’écouter Ambroise pour vérifier la qualité de son art oratoire. Cependant, en même temps que les mots qui lui importent beaucoup, des choses dont il faisait peu de cas s’insinuent dans son esprit : Tandis que j’ouvrais mon cœur pour guetter la beauté de sa parole, en même temps entrait la vérité de sa parole, par degrés toutefois.

Le travail intérieur ne cesse pas : Augustin abandonne les manichéens, goûtent aux penseurs septiques, mais à ces philosophes pourtant, à qui était extérieur le nom du Christ, je refusais absolument de confier le soin des langueurs de mon âme. Augustin résolut donc de rester  tout le temps voulu catéchumène dans l’Eglise catholique, qui, à mes yeux, se recommandait de mes parents, jusqu’à temps qu’une certitude vînt briller pour diriger ma course. Augustin note qu’Ambroise n’était pas disponible pour s‘occuper de mes bouillonnements intérieurs, mais la parole pédagogue, à travers les prédications dominicales, continue de travailler en lui, et d’heureuse façon : Dans ses sermons, Ambroise répétait, comme s’il mettait toute sa ferveur à prescrire cette règle : La lettre tue, mais l’esprit vivifie ; de l‘entendre me remplissait de joie. De ces textes, il soulevait le voile et mettait à jour le sens spirituel.

       Augustin ne se contente pas d’écouter Ambroise prédicateur, il le contemple comme lecteur silencieux, et ce silence actif ne l’enseigne pas moins que la parole vive : Quand il lisait, ses yeux parcouraient les pages, le cœur scrutait le sens, mais sa voix et sa langue se tenaient en repos ; nous l’avons vu lire ainsi, en silence. Aucun d’entre nous n’osait interrompre un homme aussi absorbé. La présence constructive d’Ambroise envers ceux qui l’écoutaient parler ou le regardaient lire ne pouvait que susciter l’admiration et le respect de tous. Augustin, lui, se convertira.

 

Jeudi de la 1ère semaine du Temps de l’Avent



Isaïe 10, 5-21

Le reste d’Israël mettra sa confiance dans le Seigneur

Eusèbe de Césarée

Démonstration évangélique, Livre II, Chapitre 4, n° 40

       Ceux qui auront échappé au désastre seront en nombre si réduit qu’un enfant pourra les recenser. Par ces paroles, Isaïe montre le tout petit nombre des membres du peuple juif qui auront fui la destruction et l’incendie de Jérusalem. Oui, comparés à la multitude des Juifs, ils seront peu nombreux ceux qui auront cru à Notre Seigneur et notre Sauveur, et qui auront été jugés dignes d’être inscrit par lui, selon cette parole : Un enfant les recensera. Le prophète avait indiqué un peu plus haut qui était cet enfant : Voici que la Vierge concevra et elle enfantera un fils.

       Par ailleurs, Isaïe avait annoncé auparavant : Ceux qui seront restés dans Sion, les survivants de Jérusalem, seront appelés saints, tous ceux qui seront inscrits pour la vie. Ainsi, dans ce premier verset, ceux qui étaient inscrits pour la vie se trouvaient déjà appelés un reste, comme dans le texte lu aujourd’hui : Ceux qui resteront après le désastre seront un petit nombre.

       Ce jour-là, continue Isaïe, le reste d’Israël et les rescapés de Jacob cesseront de se fier à ceux qui les maltraitaient, mais ils se confiront dans le Dieu saint d’Israël. Fais attention : n’est-ce pas à cause de cette confiance mise en Dieu que les disciples et les apôtres de Notre Seigneur, étant sortis du peuple juif, et ayant ainsi échappé à la ruine d’Israël, en comptant pour rien les princes de ce monde, leurs anciens persécuteurs, oui, n’est-ce pas à cause de leur confiance en Dieu qu’ils sont partis vers toutes les nations pour proclamer la Bonne Nouvelle du Christ ? Le prophète dit bien qu’ils se confiaient dans le Dieu saint d’Israël en vérité, et non en apparence ou par faux-semblant : ils s’abandonnaient vraiment tout entiers à l’espérance. Non seulement, ils quittèrent leur propre pays, mais ils ont mené à bien la mission qui leur avait été confiée.

       Voici donc de nouveau le reste de Jacob, telle une semence échappée à la ruine de Jacob ; il a mis sa confiance dans le Dieu fort. Oui, voici le reste de tout ce peuple d’Israël, semblable au sable de la mer : lui a été jugé digne de recevoir le salut de Dieu, comme en témoigne l’Apôtre dans la Lettre aux Romains : Isaïe s’écrie au sujet d’Israël : quand le nombre des fils d’Israël serait comme le sable de la mer, seul un reste sera sauvé.

 

Mercredi de la 1ère semaine du Temps de l’Avent



Isaïe 8, 23b-9,6

« Le peuple qui marchait dans les ténèbres… »

Père Jean Giblet

Grands thèmes bibliques, p. 42s

       La catastrophe de 587 marque une date capitale dans l’histoire du peuple de Dieu : la ville de Jérusalem tombe sous les coups de Nabuchodonosor ; c’est la ruine du Temple, l’exil, la destruction de toutes les institutions d’Israël, les ténèbres totales. Au peuple dépouillé de tout, des prophètes vont apporter un message d’espérance. Les signes et les gages de l’Alliance, le Temple et la Royauté sont détruits, les ténèbres sont profondes, mais il reste Dieu qui est fidèle et qui, pour son peuple humilié, contrit, réalisera ses promesses : il marchait dans les ténèbres, une grande lumière va luire à l’horizon. Dieu est Celui qui n’abandonne jamais. Et de fait, un jour parut l’aube de la libération : des colonnes d’exilés rentrèrent au pays et commencèrent à reconstruire avec foi. Il n’était pas question de reprendre les manières de faire qui avaient conduit au désastre. Le peuple, privé de ses prérogatives politiques, s’organisera religieusement ; les lois de Moïse et les antiques coutumes d’Israël, les oracles des anciens prophètes et les législations idéales forgées en exil vont le guider. On essayera de reformer le Qahal, la Communauté du désert.

       Cependant, la conscience des carences, le sens aigu du mal agissant en ce monde, vont conduire vers de nouveaux horizons. Loin d’abattre la vision des violences déployées, notamment sous Antiochos IV, le spectacle des faiblesses de trop de Juifs apeurés, amènent à rêver de ces temps futurs dont les prophètes avaient parlé. Un peuple nouveau paraîtra, et alors seulement revivra avec éclat la communauté du désert. Ce sera un immense don divin, une réalité proprement céleste où les fidèles seront introduits par grâce. Le peuple nouveau sera invité à célébrer la liturgie céleste avec les anges et les saints, et l’on connaîtra Dieu. Tous les peuples y seront invités, et le peuple de Dieu sera dilaté jusqu’aux extrémités du monde. Tandis que certains milieux s’enferment dans le radicalisme et un nationalisme ombrageux, les pauvres aspirent à la venue de l’Envoyé divin qui établira le nouveau peuple de Dieu.

       A la veille du Nouveau Testament, ils sont peu nombreux sans doute à vivre de cette espérance, et petit à petit le peuple a semblé se restreindre : de Moïse à l’exil et aux pauvres de Dieu s’est affirmée la doctrine du petit reste. Ils sont tournés vers le Celui en qui tout va se résumer et duquel tout va naître : Jésus-Christ.

 

Mardi de la 1ère semaine du Temps de l’Avent



Isaïe 8, 1-18

Le prophète Isaïe et les enfants : l’exemple du Christ

Origène

Isaïe expliqué par les Pères, PDF 25, p. 128s

       Moi et les enfants que Dieu m’a donné, nous sommes des signes et des présages en Israël de la part de Dieu. Puisque les enfants ont été créés participant au sang et à la chair, notre Sauveur, lui aussi, a participé au sang et à la chair. Par sa nature divine, il était incapable de prendre forme de sang et de chair. C’est pour nous qu’il a pris cette forme qui lui était étrangère, pour qu’étrangers que nous lui étions à cause du péché, nous devenions de sa famille. Et c’est bien ce qu’explique l’auteur de la Lettre aux Hébreux quand il dit : Puisque les enfants aveint en commun le sang et la chair, lui aussi, le Christ, s’est fait proche d’eux. Quant à moi, je dirai qui, de même que les enfants ont eu part au sang et à la chair, et que l’un même, le Christ, s’est fait proche d’eux, de même, parce que les enfants ne peuvent entendre des discours trop difficiles, devenu un être de sang à cause de ces enfants qui ont eu part au sang et à la chair, parlant comme à des petits enfants, il ne tient pas des propos divins et ineffables, mais seulement ce que de tout petits enfants peuvent comprendre. De tout petits enfants, c’est ce que sont les hommes si vous les comparez à la perfection du Verbe.

       Vous pouvez bien citer le nom de Moïse, parler de tel prophète, de Jean, qu’aucun homme né d’une femme ne surpassa, jusqu’aux apôtres : Pierre, auquel les portes de l’enfer ne résisteront pas, et même Paul, qui fut emporté jusqu’au troisième ciel et entendit des paroles indicibles, vous n’ôtez rien à leur gloire en disant que même ce qu’ils ont compris, comparé à ce qu’ils n’ont pas compris, n’est qu’enseignement pour les petits enfants. C’est ce qu’il est donné aux hommes de savoir. Le Sauveur donc ne parle pas de ceux que l’auteur de la Lettre aux Hébreux appelle des petits dans le Christ, et dont il affirme qu’ils doivent boire du lait, et non une nourriture consistante, c’est de tous les hommes qu’il parle quand il dit : Me voici, moi et les petits enfants que Dieu m’a donnés.

 

Lundi de la 1ère semaine du Temps de l’Avent – Mémoire de saint François-Xavier



Isaïe 7, 1-17

Abrege du catechisme

Saint François-Xavier

Correspondance, Lettres et Documents, p. 78s

       Les œuvres de miséricorde corporelle sont au nombre de sept. La première, c’est visiter les malades. La seconde, donner à manger à celui qui a faim. La troisième, donner à boire à celui qui a soif. La quatrième, racheter les captifs. La cinquième, c’est vêtir ceux qui sont nus. La sixième, c’est donner un toit au pèlerin. La septième, enterrer les morts.

       Les œuvres de miséricorde spirituelle sont au nombre de sept. La première ; c’est d’enseigner aux simples, ignorants du catéchisme. La seconde, donner un bon conseil à qui en a besoin. La troisième, c’est de châtier celui qui a besoin d’un châtiment. La quatrième, consoler ceux qui sont tristes et désolés. La cinquième, c’est pardonner à celui qui a commis une faute. La sixième, subir les outrages avec patience. La septième, c’est de prier Dieu pour les vivants, afin qu’il les préserve des mortels, et pour les morts, afin que Dieu les retire des peines du purgatoire et les emmène au paradis.

       Ô mon Dieu puissant et Père compatissant, Créateur de toutes les choses du monde, je crois en Toi, mon Dieu et Seigneur, car Tu es tout entier mon bien. Je crois fermement, sans pouvoir en douter, que je serai sauvé par les mérites infinis de la mort et de la Passion de ton Fils, Jésus-Christ, mon Seigneur, même si les péchés que j’ai commis, quand j’étais petit, sont très grands, ainsi que tous les autres que j’ai faits jusqu’à cette heure présente, parce que ta miséricorde est plus grande que la malice de mes péchés. C’est Toi, Seigneur, qui m’a créé, et non pas seulement mon père ou ma mère, et c’est Toi qui m’as donné une âme et un corps, et tout ce que je possède. C’est Toi, mon Dieu, qui m’as fait à ta ressemblance, et non pas les idoles qui sont les dieux des Gentils, et qui ont des têtes de bêtes et d’animaux du diable. Je renie toutes les idoles, les sorciers et les devins, car ce sont des captifs et des amis du diable.

       Ô Gentils, quel aveuglement du péché est donc le vôtre, qui est si grand puisque vous considérez comme dieux des bêtes et des démons, et vous les adorez sous leurs figures.

       Ô Chrétiens, rendez grâces et louanges au Dieu Trine et Un, qui nous a fait connaître la foi et la Loi véritables de son Fils Jésus-Christ.