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Texte du jour

memoire de sainte Marie Reine



sur Ephésiens 2, 1-10

Marie, Reine des cieux, Mère de miséricorde

Saint Bernard

Sermon 1 de l’Assomption de la Vierge Marie, n° 1-2

 

La Vierge glorieuse, en montant au ciel, a certainement porté à son comble la joie de ses habitants. Elle est celle dont la salutation suffit à faire tressaillir les enfants encore enfermés dans le sein de leur mère. Si l’âme d’un enfant à naître s’est fondue dans le bonheur dès que parla Marie, on peut imaginer l’allégresse des esprits célestes qui eurent le privilège d’entendre sa voix, de contempler son visage et de goûter sa présence.

Et pour nous, frères, quelle fête n’est point le jour de son arrivée dans le ciel, quels motifs de joie et de bonheur n’y a-t-il pas que de la voir accueillie là-haut ? La présence de Marie éclaire l’univers entier, à tel point que la patrie céleste elle-même resplendit d’un nouvel éclat aux feux de cette lampe virginale.

Notre Reine nous a précédés dans les cieux ; elle y a reçu un accueil si merveilleux que nous pouvons en toute confiance, nous ses humbles serviteurs, suivre les pas de notre Souveraine en criant avec l’Epouse du Cantique : Entraîne-nous à ta suite, nous courrons à l’odeur de tes parfums. Voyageurs sur la terre, nous avons envoyé en avant une avocate, qui, en sa qualité de Mère du Juge et de Mère de miséricorde, plaidera en suppliante, mais en suppliante écoutée, la cause de notre salut.

Aujourd’hui, notre terre a adressé au ciel un cadeau de grand prix, afin de sceller, par cet échange, une heureuse alliance entre le monde humain et le monde divin, la terre et le ciel, l’ici-bas et l’altitude. Le meilleur fruit de la terre est monté jusqu’aux lieux d’où descendent les dons et les grâces. Etablie dans les hauteurs, la Vierge bienheureuse, à son tour, dispensera des présents aux humains ; elle en a la puissance et la volonté, car elle est la Reine des cieux, elle est compatissante. Et elle est la Mère du Fils unique de Dieu : rien ne prouve mieux son pouvoir et sa bonté, à moins de croire que le Fils de Dieu n’honore pas sa Mère, ou de mettre en doute que les entrailles de Marie, où la charité même de Dieu a passé corporellement neuf mois, ne soient remplies de charité.

memoire de saint Pie X



Sur Ephésiens 1, 15-23

Saint Pie X, le pape de l’Eucharistie

Xavier Lecœur

Petite vie de Pie X, p. 139s

 

S’il est une appellation qui est restée attachée à la personne de Pie X c’est bien celle de pape de l’Eucharistie. Par deux décrets, le pape a en effet corrigé les pratiques et modifié un état d’esprit qui, depuis des siècles, avait conduit à un éloignement croissant des fidèles de ce sacrement capital. Certes, au IVème siècle, certains Pères de l‘Eglise, tels Basile de Césarée ou Ambroise de Milan, avaient déjà prôné la communion fréquente, facteur de progrès dans la vie spirituelle, remède quotidien à nos infirmités spirituelles. Bien plus tard, le concile de Trente avait également insisté pour qu’à chaque messe, les fidèles qui y assistent ne se contentent pas de communier spirituellement, mais reçoivent réellement le sacrement eucharistique.

         Malgré cette pressante recommandation, nombreux étaient les catholiques qui ne communiaient qu’à Pâques. Le développement du jansénisme ne fit que renforcer cette tendance. La communion fréquente devint réservée à un petit nombre de personnes qui en avaient été jugées dignes. Les autres devaient se contenter de communier une fois par an, ou tous les mois, ou tout au plus chaque semaine. Au XIXème siècle, cette conception avait envahi le mentalité de nombreux chrétiens, provoquant tout de même de saines indignations, à l’image de cette vive répartie du curé d’Ars : Ne dites pas que vous n’êtes pas digne de communier ; c’est vrai, vous n’en êtes pas digne, mais vous en avez besoin.

Grand admirateur de saint Jean-Marie Vianney, Giuseppe Sarto, avant même son accession au trône de saint Pierre, avait, à plusieurs reprises, conjuré les prêtres de son diocèse de recommander à leurs fidèles de communier plus souvent. En toute logique, devenu pape, Pie X continua sur cette voie, en ratifiant le 20 décembre 1905, le décret Sacra Tridentina Synodus. Dans ce texte, le pape s’en prend au venin du jansénisme qui a transformé l’eucharistie en une sorte de faveur ou de récompense. Il autorisa la communion fréquente à tout catholique qui s’approche de la Sainte Table avec une intention droite, c’est-à-dire non pas par habitude ou par vanité, ou pour des raisons humaines, mais pour satisfaire à la volonté de Dieu, s’unir à Lui plus intimement par la charité, et, grâce à ce divin remède, combattre ses défauts et ses infirmités.

20° dimanche du temps ordinaire, 3° lecture



Sur Matthieu 15, 21-28

Aimer Dieu sans mesure

 

Saint Bernard

L’amour de Dieu, SC 393, p. 99s

 

Considère d’abord dans quelle mesure Dieu a mérité notre amour, ou plutôt à quel point c’est sans mesure. Disons-le en peu de mots : Il nous a aimés le premier ; lui si grand, il nous a aimés tellement, gratuitement, nous des gens si petits ! Et bien ! Pour de tels gens, la mesure d’aimer Dieu, c’est d’aimer sans mesure. Puisque l’amour qui s’adresse à Dieu s’adresse à l’immensité, à l’infinité, car Dieu est infini et immense, quelle devrait donc être, je vous le demande, la limite ou la mesure de notre amour ? N’oublions pas que notre amour à nous n’est plus un versement gratuit, mais le remboursement d’une dette. Nous sommes donc aimés par l’immensité, aimés par l’éternité, aimés par la charité qui surpasse la science, aimés par Dieu dont la grandeur est sans limite, dont la sagesse est sans mesure, dont la paix surpasse toute intelligence. Et en échange, nous allons offrir un amour mesuré ? Je t’aimerai, Seigneur, ma force, mon soutien, mon refuge, mon libérateur, et, finalement, tout ce qui peut se dire de désirable et d’aimable. Mon Dieu, mon secours, je t’aimerai pour le don que tu me fais, et, à ma mesure, bien au-dessous de ce que je dois, mais non pas certes au-dessous de ce que je peux. Bien que je ne puisse donner autant que je dois, je ne saurai aller au-delà de ce que je peux. Bien que je ne puisse donner autant que je dois, je ne saurai aller au-delà de ce que je peux. Je pourrai davantage quand tu voudras bien me donner plus, jamais cependant autant que tu en es digne. Tes yeux ont vu mes limites ; pourtant ceux-là seront inscrits dans ton livre qui font leur possible, même s’ils ne peuvent faire tout ce qu’ils doivent.

Il apparaît assez clairement, je pense, dans quelle mesure on doit aimer Dieu, et pourquoi il le mérite. Je dis : pourquoi il le mérite, car pour la grandeur de ce mérite, qui peut bien le savoir ? Qui peut bien l’exprimer ? Qui peut le goûter ?

20° dimanche du temps ordinaire, 2° lecture



Sur Ephésiens 1, 1-14

Le Dieu de « toute bénédiction »

Père Jean-Louis Ska

Etranges visages de Dieu, p. 202s

 

Après l’adresse et les salutations, l’hymne aux Ephésiens est une bénédiction, une forme de prière commune dans l’Ancien Testament et dans la tradition d’Israël, spécialement dans la liturgie. Si nous bénissons Dieu, c’est parce que Dieu, le premier, nous a bénis. La bénédiction divine est en relation avec la force de la vie, la victoire contre les ennemis et la capacité de donner la vie. Quand Dieu bénit, il donne en abondance, il multiplie ou libère des ennemis. Bénédiction est synonyme de fécondité, de fertilité et de victoire contre les forces du mal et de la mort. Bénir Dieu veut dire reconnaître que la vie qui abonde dans notre monde prend sa source en Dieu. Dit simplement, cela signifie voir le donateur du don de la vie. La bénédiction qui introduit la lettre aux Ephésiens se remet dans cette dynamique lorsqu’elle montre que l’abondance de grâce qui nous a été accordée dans le Christ a son origine en Dieu.

Dans un premier temps, l’hymne décrit les deux grandes bénédictions de Dieu : Dieu nous a prédestinés à devenir ses fils adoptifs. La révélation concerne le mystère de sa volonté, c’est-à-dire, dans le langage paulinien, les aspects inouïs et inattendus de l’histoire du salut. Ce plan divin imprévisible était de récapituler dans le Christ tous les êtres, terrestres et célestes : Christ devient salut pour tous les êtres de l’univers. Dit simplement, Christ a un message de salut pour toute l’humanité et pour l’univers entier.

Le deuxième mouvement précise quels sont les destinataires de ces bénédictions : nous et vous. Nous désigne les Juifs qui ont cru au Christ, vous les païens qui ont suivi leur exemple.

Enfin, notons que l’hymne a une structure trinitaire : il commence par le Père, pour ensuite mentionner plusieurs fois Jésus Christ et se conclure avec l’Esprit-Saint. L’hymne  résume aussi l’histoire du salut. Il parle du plan divin avant la création du monde, puis fait allusion à la rédemption en Jésus Christ et au salut final.

Cette hymne fournit un bel exemple de méditation sur l’existence chrétienne. Le regard contemplatif part de l’expérience pour remonter vers Dieu, origine de la vie dans sa plénitude. Il lit l’histoire et y découvre un plan divin, plus ancien que la création du monde et qui se conclut avec la fin des temps. L’histoire, même notre histoire quotidienne, a un sens, et ce sens nous le découvrons en Jésus Christ et dans son évangile. Rien n’est absurde, banal ou indifférent dans notre vie. L’évangile donne sens à tout. Comment redécouvrir cette dimension ? Comment apprendre, ou comment apprendre toujours à nouveau à bénir Dieu dans la vie de chaque jour ?

19° samedi du temps ordinaire



Sur 2 Rois 13, 10-25
Figure biblique d’Elisée
Par les carmélites du monastère Saint-Elie
Le saint prophète Elisée d’après les Pères de l’Eglise, p. 19-20

Les cycles d’Elie et d’Elisée sont imbriqués. La vocation d’Elisée, fils de Shaphat, d’Abel-Mehola, se situe après la théophanie de l’Horeb. Il devient alors le serviteur et le disciple du Thesbite, Elie, le prophète. Seul admis dans son intimité et témoin de son enlèvement, il hérite de son double esprit. Les chars et les chevaux qui emportent Elie constituent l’escorte invisible d’Elisée.
Dès la disparition de son maître, Elisée est confronté aux moqueries d’enfants. Le châtiment ne se fait pas attendre : deux ours dévorent les quarante-deux enfants insolents. Cette scène ne peut manquer de heurter la sensibilité contemporaine, tout comme celle de l’époque des Pères de l’Eglise. Aussi, ceux-ci s’appliquèrent-ils à montrer le bien-fondé de ce fait. Déjà dans la geste d’Elie, le massacre des prophètes de Baal et la destruction par le feu de deux cinquanteniers et de leurs cinquantaines posaient question.
De nombreux miracles et prodiges exaltent l’homme de Dieu, thaumaturge au service des pauvres. Il franchit à pied sec le Jourdain, assainit les eaux malfaisantes de Jéricho, multiplie l’huile pour une veuve endettée, annonce un fils à la Sunamite et le ressuscite, assainit une marmite empoisonnée, multiple les pains, guérit le lépreux Naaman, retrouve une hache perdue dans l’eau.
D’autres récits font intervenir Elisée sur la scène politique. Il prophétise au temps de quatre rois d’Israël : Joram, Jéhu, Joachaz et Joas. Il capture un détachement araméen en se jouant de lui. Les rois de Juda, d’Israël et d’Edom en guerre contre Moab le consultent ; Il intervient dans le siège de Samarie par les Araméens, annonce à Azaël qu’il règnera sur Aram, et envoie un de ses disciples oindre Jéhu, à Ramot de Galaad.
Mort, son cadavre ressuscite un mort.
L’Ecclésiastique fait son éloge à la suite de celui d’Elie.
La guérison de Naaman le Syrien est rappelée dans l’évangile de saint Luc, là aussi à la suite de l’évocation d’Elie.

19° vendredi du temps ordinaire



Sur 2 Rois 11,1 – 12,1

Grâce à Elie et à Elisée, le culte de Baal disparut des deux royaumes

Rupert de Deutz

De la victoire du Verbe de Dieu, Livre V, chapitre 11

 

A la vérité, pendant la vie d’Elie et d’Elisée, le peuple d’Israël ne se repentit pas et ne se détourna point de ses péchés, c’est-à-dire du culte des veaux établi par Jéroboam et pratiqué jusqu’à la déportation et la dispersion du peuple par toute la terre.

Mais Baal fut détruit en Samarie et aussi à Jérusalem, car, même à Jérusalem, le sacrilège de Jézabel s’était largement répandu. Athalie, en effet, la fille de Jézabel et d’Achab, avait épousé Joram, fils de Josaphat, roi de Juda. L’Ecriture écrit à son sujet : D’une suprême impiété, Athalie et ses fils avaient endommagé la maison de Dieu et orné le temple de Baal de tous les objets sacrés du Temple du Seigneur.

Baal fut donc détruit des deux côtés, en Israël et en Juda : en Israël par Elie et Elisée, quand ils exécutèrent les ordres admirables qu’ils avaient reçu ; en Juda, par Elie, car, dans ce royaume aussi, on apporta à Joram, fils de Josaphat, un écrit du prophète Elie, ce ministre de la Parole de Dieu, qui disait : Ainsi parle le Seigneur, Dieu d’Israël, le Dieu de David ton père : Parce que tu n’as pas suivi les traces de Josaphat, ton père, mais que tu as marché par le chemin des rois d’Israël, parce que tu as prostitué Juda et les habitants de Jérusalem, le Seigneur te frappera d’un grand désastre avec ton peuple, tes fils, tes femmes et tous tes biens ; tu seras atteint d’une grave maladie d’entrailles jusqu’à ce que tes forces de vie te quittent peu à peu, jour après jour. De fait, ce Joram, fils de Josaphat, roi de Juda, fut, pendant deux années, consumé par une longue maladie : il fut même vidé de ses entrailles, la faiblesse l’abattit et il mourut. Après la mort de sa femme, tuée par l’épée, le grand prêtre Joad, suivi de tout le peuple, pénétra dans le temple de Baal. Ils le détruisirent, brisèrent ses autels et ses statues. Ils mirent aussi à mort, devant les autels, Matane, le prêtre de Baal.

Or, déjà auparavant en Israël, ce même Elie avait fait périr en un seul jour, quatre cent cinquante prêtres de Baal ; et Jéhu, sacré roi d’Israël par Elisée à l’instigation d’Elie, avait exécuté les survivants, prophètes, prêtres et serviteurs de Baal ; il fit détruire son temple, brûla sa statue et la mit en pièces. Le Seigneur, en effet, avait donné ordre à Elie de donner l’onction royale à ce Jéhu, et Elisée s’était chargé de ce ministère. De la sorte, Baal disparut de Juda et d’Israël par l’action toute puissante du Verbe de Dieu s’exprimant par la bouche d’Elie : Elie était comme un feu et sa parole comme une torche.

19° jeudi du temps ordinaire



Sur 2 Rois 9, 1-16 . 22-27

L’onction royale donnée à Jéhu

Pseudo-Ephrem

Le saint prophète Elisée d’après les Pères de l’Eglise, p. 241s

 

Un disciple d’Elisée, un des frères prophètes, fut envoyé par son maître à la ville de Ramot en Galaad. Il entra dans le camp et dirigea sa route vers la tente de réunion des chefs de l’armée ; debout devant eux, il dit ingénument au premier abordé, qui était Jéhu : J’ai un mot à te dire, prince. En réponse, Jéhu lui dit : A qui d’entre nous ? Le frère prophète comprit que c’était lui qu’Elisée ordonnait qu’il oigne, car il ne connaissait pas son nom ; même si le fils des prophètes ne le connaissait pas pour ne l’avoir jamais rencontré, vu l’importance de l’affaire, son esprit était troublé : c’est pour cela qu’il répondit : A toi, prince. Il montra que, par la révélation de Dieu, il apprenait que c’était lui que Dieu avait choisi. Aussitôt, il le fit entrer dans la chambre voisine selon l’ordre de son Maître. Et deux choses furent ainsi cachées : Jéhu vit qu’il fallait que l’affaire fût cachée et que la nouvelle ne soit pas divulguée à ce moment dans le peuple. Donc il le oignit et lui donna l’ordre de se venger de la maison d’Achab. Aussitôt, le frère prophète s’enfuit du camp, et peu de temps après toute l’assemblée fut dans une admirable unanimité devant le roi Jéhu contre Israël.

Il fit sortir avec lui un groupe d’hommes choisis. Mais il trouva en chemin Joram, le roi d’Israël, peu après aussi le roi Ochozias, roi de Juda. Il les prit tous les deux dès la première attaque, et les mit à mort. Jéhu dit à Bar Dakar : Prends-le et jette-le dans le bien de Naboth l’Israélien, parce que hier soir j’ai vu le sang de Naboth et le sang de ses fils, c’est-à-dire il pensa à ce qui lui avait été dit le soir, ou bien qu’en vision il lui avait été révélé à l’avance le fait de cette vengeance le soir et qu’il tuerait Joram. Jéhu avait indiqué une autre raison à Bar Dakar qu’à sa place il mettrait à mort Joram, et lui ordonnerait de la jeter dans le bien de Naboth en disant : Nous chevauchions, toi et moi, à la poursuite d’Achab, son père, et le Seigneur prononça contre lui cette parole. Mais je vengerai pour toi le sang de Naboth et le sang de ses fils, dans ce bien, c’est-à-dire hors des murailles de Yzréel, là où se trouve le bien de Naboth. Après ce qui fut fait hors des portes de Yzréel, il entra dans la ville pour achever ce qu’il avait commencé triomphalement.

19° mercredi du temps ordinaire



Sur 2 Rois 6,24-25 . 32-7,16

Le siège de Samarie

Saint Jean Chrysostome (latin)

Le saint prophète Elisée d’après les Pères de l’Eglise, p. 178s

 

Tant que la nation impie s’écarte du culte de Dieu, elle est écrasée par une horrible famine et abattue par une juste nécessité. Ben-Hadad, roi d’Aram, rassembla toute son armée et vint mettre le siège devant Samarie. Il y eut une grande famine. Pourquoi, ô peuple malheureux, souffres-tu de la famine ? Pourquoi connais-tu cette misère abominable ? Pourquoi es-tu déchiré par une si grande pénurie ?

Le châtiment de la famine augmente chaque jour, parce que la faute augmente elle aussi chaque jour. Les malheurs continuent parce que les fautes continuent elles aussi parmi le peuple. Car c’est à cause de toi que l’armée a chargé, que l’ennemi a assiégé, que l’adversaire a dévoré les aliments. Toi, tu as faim, et celui-là s’engraisse. Toi, tu souffres de l’horrible famine, et celui-là s’adonne à ses banquets avec tes aliments. Toi, tu acquiers à prix d’argent les cadavres des ânes et la fiente des colombes. Maintenant, par une conduite de vie astucieuse, condamne tes péchés, arrête tes fautes, reviens à Dieu, abandonne l’idole, déteste l’image ; alors, tu pourras vaincre les ennemis avec le secours divin et triompher avec le combat céleste. Et personne ne pourra te nuire plus tard si, après avoir condamné le diable, le culte divin croît en toi.

Le roi déchira ses vêtements, changea de visage. Alors le prophète fit dire au roi : Voici ce que dit le Seigneur : demain à cette heure la mesure de fleur de farine sera achetée un sicle, et deux mesures d’orge seront achetées un sicle à la porte de Samarie. Le très saint prophète Elisée annonce au roi une abondance d’origine céleste, que seule la foi croirait et que l’infidélité nierait que cela puisse advenir. Il annonce, au lieu de la famine, une richesse à venir de fleur de farine, il annonce la fin de la famine et l’abondance à venir. Il annonce les merveilles de Dieu à venir par la puissance du Très-Haut.

Le Seigneur fit alors entendre un bruit dans le camp d’Aram pour donner au peuple l’abondance promise ; il voulut faire retentir aux oreilles des ennemis des vacarmes de quadriges, des fracas de chars et des tumultes de soldats pour pouvoir délivrer son peuple. A ce vacarme, les ennemis effrayés d’enfuient, ils tournent le dos sans combat, ils abandonnent leur matériel. Et les Israélites sortis de la ville s’emparent du camp des adversaires pour le piller. Or, comme le peuple revint chargé, celui qui n’avait pas cru tomba, il tomba en voyant l’abondance parmi le peuple, et fut écrasé.

solennite de l’Assomption de la Vierge Marie, 3° lecture



 

Sur Luc 1, 39-56

Glorifier Dieu du bienfait de la rédemption

Saint Augustin

Sermon 208, OC 20, p. 352s

 

Ecoutez, frères, écoutez dans un pieux recueillement l’hymne de notre sainte cantatrice. Ecoutons, et que nos cœurs répondent à ce sublime enseignement. Après que l’ange l’eut proclamée bénie entre toutes les femmes, toute emplie de l’Esprit-Saint, nourrie de la plénitude de Dieu, elle vint à la demeure d’Elisabeth, sa cousine, où, après que Jean eut tressailli dans le sein de sa mère, et qu’Elisabeth eut admiré la venue auprès d’elle de la Mère du Seigneur, la Vierge entonna ce magnifique chant de louanges : Mon âme rend gloire au Seigneur, et mon esprit s’est exalté dans le Dieu mon Sauveur. Il est utile de rechercher ici ce que veut dire glorifier Dieu ; la créature, en effet, ne saurait ajouter à la gloire du Créateur ! Nous devons savoir que le mot glorifier s’entend de deux manières : ajouter à la gloire de quelqu’un, ou la publier avec admiration. Dieu est glorifié par nous quand il lui agréable de l’être. Mais pourrait-il être glorifié en nous, comme il le fut en Marie dans le sein de laquelle il se revêtit de la nature humaine pour nous sauver ? Je te salue, dit l’ange, je te salue, Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec toi, tu es bénie entre toutes les femmes. Le Saint-Esprit descendra vers toi, et le Très-Haut te couvrira de son ombre. C’est pourquoi le Saint qui naîtra de toi s’appellera le Fils de Dieu. Pour vous, âmes saintes qui ne pouvaient posséder en vous le Verbe que par la foi, obéissez-lui par la prédication, glorifiez-le par votre amour. Le prophète David s’écrie-t-il : Rendez gloire au Seigneur avec moi, exaltons à l’envi son saint nom, comme s’il disait : chantez, publiez avec moi la grandeur de Dieu, annoncez hautement les vertus de son nom. Et encore : Mon Seigneur et mon Dieu, tu es hautement glorifié ; et pour marquer d’où lui vient sa gloire en nous, le même prophète ajoute : Votre miséricorde a été exaltée jusqu’aux cieux.

Rien n’est aussi désirable que de voir notre âme rendre gloire au Seigneur en toutes choses, posséder le Verbe de Dieu, l’enfanter, en quelque sorte, et le nourrir, se souvenant avec une reconnaissance profonde comment, par le mystère de la Rédemption, elle a été délivrée de son iniquité sans y avoir aucun droit par ses mérites passés. Rappelons-nous que notre salut est l’œuvre de la bonté seule de Dieu, au prix du sang de Jésus ; et nous nous écrierons : Mon âme rend gloire au Seigneur. Dieu a tellement aimé le monde, dit l’Evangile, qu’il a donné son Fils, son unique. L’Apôtre à son tour : Il n’a pas épargné son propre Fils, et l’a livré à la mort pour nous tous. Admirable effet, précieux élan d’un amour sans bornes ! Qui pourrait voir sans étonnement les munificences de cet amour ? Qui pourrait ne pas l’adorer dans la crainte ? Que l’âme de Marie et que notre âme rendent gloire à Dieu pour ses merveilles. Admirons, aimons, louons, adorons, rendons grâces.

solennite de l’Assomption de la Vierge Marie, 2° lecture



Dans la louange universelle, la Mère est réunie à son Fils

 

Saint Jean Damascène

Homélies sur la Nativité et la Dormition, SC 80, p. 187s

 

Hé quoi ? Elle est donc morte la source de la vie, la Mère de mon Seigneur ! Oui, il fallait que l’être formé de la terre retournât à la terre, et par cette voie monta au ciel, en recevant de la terre, après lui avoir remis son corps, le don d’une vie parfaitement pure. Il fallait que, comme l’or, une fois rejeté le poids terrestre et opaque de la mortalité, la chair, devenue dans le creuset de la mort incorruptible et pure, revêtue de l’éclat de l’incorruption, ressuscitât du tombeau.

Aujourd’hui, commence pour elle une seconde existence, qu’elle reçoit de Celui qui la fit naître à la première, comme elle-même avait donné une seconde existence, la vie corporelle, à Celui dont l’existence première et éternelle n’eut pas de commencement dans le temps, bien que le Père en fût le principe , comme cause de sa vie divine.

Réjouis-toi, Sion, montagne divine et sainte où habitait l’autre montagne divine, celle qui est vivante, la nouvelle Béthel, où l’onction fut versée sur la stèle, où la nature humaine reçut l’onction de la divinité ! De toi, comme d’un jardin d’oliviers, son Fils s’est élevé vers les hauteurs célestes. Qu’une nuée se prépare, universelle et cosmique, et que les ailes des vents amènent les Apôtres des confins de la terre jusqu’à Sion ! Qui sont ceux-là qui comme des nuées et des aigles volent vers le corps source de toute résurrection pour servir la Mère de Dieu ? Quelle est celle-là qui monte, dans la fleur de sa blancheur, toute belle, brillante comme le soleil ? Que chantent les cithares de l’Esprit, je veux dire les langues des Apôtres ; que retentissent les cymbales, c’est-à-dire les plus éminents hérauts de la Parole de Dieu ! Que ce vase d’élection consacré par l’Esprit, à qui l’union divine valut se souffrir et d’apprendre les réalités divines, soit tout ravi hors de son corps : que transporté toute entier par sa ferveur, il fasse retentir la cadence de ses hymnes ! Que toutes les nations battent des mains, que tous célèbrent la Théotokos ! Que les anges rendent un culte à un corps mortel !

Filles de Jérusalem, faites cortège derrière la Reine, et comme les vierges ses compagnes, dans la jeunesse de l’esprit, portez-vous avec elle vers l’époux pour la placer à la droite du Seigneur. Descends, descends, ô Souverain, viens payer à ta Mère la dette qu’elle mérite pour t’avoir nourri ! Ouvre tes mains divines : reçois l’âme maternelle, toi qui, sur la croix, remis ton esprit entre les mains du Père.