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Texte du jour

Lundi de la 8ème semaine du Temps ordinaire



2 Corinthiens 8, 1-24

Le devoir de la charité

Saint Dorothée de Gaza

Œuvres spirituelles, SC 92, p. 437s

       Qu’est-ce qui est agréable à Dieu ? N’est-ce pas l’aumône faite sans parcimonie, sans lenteur, ni froideur, mais de tout son pouvoir et de tout son cœur. C’est donner comme si on recevait soi-même, c’est être bienfaiteur comme si on était soi-même l’obligé. Car on doit connaître le bien de l’aumône et sa vertu ; elle est grande, elle a même le pouvoir d’enlever les péchés, selon la parole du prophète : La rançon de l’homme, c’est sa propre richesse.

       Il y a trois dispositions dans lesquelles nous pouvons faire l’aumône selon saint Basile. Ou nous la faisons dans la crainte du châtiment, et nous sommes dans l’état de servitude. Ou nous la faisons en vue de la récompense, et nous sommes dans la disposition de mercenaire. Ou nous la faisons à cause du bien lui-même, et nous sommes alors dans la disposition du fils. Car le fils ne fait pas la volonté de son père par crainte, ni dans le désir de recevoir de lui une rémunération, mais parce qu’il veut le servir, l’honorer et le contenter. C’est ainsi que nous devons faire l’aumône : en vue du bien lui-même, ayant compassion les uns des autres comme de nos propres membres, donnant non pas chichement, ni à regret ou avec indifférence, mais de tout son pouvoir et de tout son élan, donnant comme si au contraire on recevait, faisant le bien comme si nous étions l’obligé. C’est cela qui est parfait, c’est ainsi que l’homme est trouvé, comme le dit l’Apôtre, faisant la volonté de Dieu, bonne, agréable et parfaite.

        Car il faut connaître le bien de l’aumône et sa grâce ; cette grâce est grande, elle a même le pouvoir d’enlever le péché, comme le dit le prophète : Purifie-toi de tes péchés par des aumônes. Le Seigneur lui-même a dit : Soyez miséricordieux comme votre Père céleste est miséricordieux. Il n’a pas dit : Soyez sans ressources comme votre Père céleste est sans ressources. Qu’a-t-il dit ? Soyez miséricordieux comme votre Père céleste est miséricordieux. C’est spécialement cette vertu, la miséricorde, qui imite Dieu : elle est le propre de Dieu, elle est sa marque.

 

 

3° lecture Solennité de la Sainte Trinité B



2 Corinthiens 2, 1-16

Etre dans la foi

 Saint Fulgence

De la foi, PL 65, col. 673-674

       La foi que les saints patriarches et prophètes ont reçu de Dieu avant même l’Incarnation du Fils de Dieu, cette même foi que les saints apôtres ont entendue à leur tour de la bouche même du Seigneur incarné, celle dont ils furent instruits par le magistère de l’Esprit Saint et qu’ils prêchèrent non seulement par la parole, même encore par leurs écrits où ils la consignèrent pour l’instruction de ceux qui viendraient après eux, proclame un seul Dieu Trinité, à savoir Père, Fils et Esprit-Saint.

       Mais il n’y aurait pas une vraie Trinité si l’on disait que le Père, le Fils et l’Esprit-Saint sont une seule et même Personne. Car si le Père, le Fils et l’Esprit-Saint, qui ont une seule substance, étaient de même une seule et même Personne, il n’y aurait rien en quoi l’on puisse parler vraiment d’une Trinité. D’autre part, la Trinité serait véritable, mais elle ne serait pas un seul et même Dieu si le Père, le Fils et l’Esprit-Saint étaient distincts par une différence de nature comme ils sont distincts par les rapports propres à leurs Personnes.

       Mais, parce qu’en ce seul vrai Dieu Trinité on doit affirmer comme vrai selon la nature, non seulement qu’il est un seul Dieu, mais aussi qu’il est Trinité, par conséquent le vrai Dieu, lui-même, est Trinité dans les Personnes et Un dans une seule nature. Par cette unité de nature, le Père est tout entier dans le Fils et l’Esprit-Saint, le Fils est tout entier dans le Père et l’Esprit-Saint, et l’Esprit-Saint lui aussi est tout entier dans le Père et le Fils.

        Nul des trois n’est en dehors de l’un des autres, car nul des trois n’en précède un autre par l’éternité, ne le dépasse par la grandeur, de le domine par la puissance. Car en ce qui regarde l’unité de la nature divine, le Père n’est ni antérieur, ni plus grand que le Fils et l’Esprit-Saint ; et l’éternité, l’immensité du Fils ne peut procéder ou surpasser par nature l’immensité ou l’éternité de l’Esprit-Saint, comme si elle lui était antérieure ou plus grande.

 

2° lecture Solennité de la Sainte Trinité



1 Corinthiens 2, 1-16

L’Eglise : communion avec le Père dans l’Esprit du Fils

Père Bruno Forte

L’Eglise, icône de la Trinité, p. -è

             L’Eglise est avant tout communion, communion dans l’Esprit du Christ : venant de la Trinité, cette communion n’est pas œuvre humaine, mais fruit de l’initiative divine, œuvre de l’Esprit de Dieu. Pour cette raison fondamentale, la communion ecclésiale est « mystère » : elle n’est pas réductible à des catégories sociologiques ou à des évaluations historico-politiques, elle échappe à la capture d’un horizon uniquement terrestre et s’offre comme présence dans l’histoire, du divin qui, en entrant dans la chair du monde, la tue et la ressuscite, la juge dans sa caducité et la rachète dans Son éternité. La communion, qui est l’Eglise à la fois sainte et pécheresse, porte en soi les signes de cette rencontre inouïe entre le monde de l’Esprit et le monde des hommes, et par conséquent, totalement immergée dans l’histoire et dans les contradictions des vicissitudes humaines, elle est appelée à apporter en celles-ci l’annonce et le don du monde nouveau de Dieu, révélé en Jésus-Christ. La tâche de l’Eglise est donc de rendre présente en tous les temps et face à toute situation la rencontre de l’Esprit et de la chair, de Dieu et des hommes, ainsi qu’elle s’est réalisée dans le Verbe Incarné. De la même façon qu’elle reçoit l’Esprit  du Père par le Christ, ainsi la communion ecclésiale est appelée à le donner : sa mission se résume dans le mandat de porter l’univers entier au Père par le Christ dans l’unique Esprit. L’Eglise-communion est le signe et l’instrument, ou encore le sacrement, à travers lequel l’Esprit réalise l’unité des hommes avec Dieu et entre eux.

        L’Eglise est aussi la communion aux réalités saintes qui la font sacrement du Christ, comme le Christ est le sacrement de Dieu. Cette totale sacramentalité de la communion ecclésiale s’exprime à travers deux voies privilégiées : la Parole de Dieu qui, en jugeant et en illuminant, convoque au salut, et le Sacrement, réalisation maximale de la Parole, représentation du mystère pascale du Christ dans la vie des hommes. Parole et Sacrement sont présents et convergent au plus haut niveau dans la Cène du Seigneur, mémorial de la Pâque de Jésus, c’est-à-dire réactualisation de celle-ci dans la diversité des temps et des lieux, l’eucharistie réconcilie les hommes avec eux et entre eux. L’eucharistie est le « sacrement de l’unité », le pain duquel naît l’unique Corps du Christ, qu’est l’Eglise, dans la force de l’Esprit.

 

 

Samedi de la 7ème semaine du Temps ordinaire – Mémoire de saint Philippe Néri



2 Corinthiens 6,1 – 7,1

Saint Philippe Néri : Le rire au service de l’humilité

Mme S. Melchior-Bonnet

Histoire des saints sous la direction de Jean Delumeau, tome 8, p. 218

             Les bons mots, les plaisanteries, les anecdotes cocasses pullulent à propos de saint Philippe Néri, rapportés par les innombrables témoins qui, soixante ans durant, ont pu approcher le saint dans les rues de Rome. Philippe aimait flâner, interpeller les passants, entrer dans une boutique et engager la conversation. Le plus sociable des Romains ! Longue et maigre, sa silhouette gesticulante, enveloppée d’un manteau de serge de Gubio, est familière à tous. Ses manières sont si affables et affectueuses qu’elles forcent l’amitié. Avec courtoisie, il salue le prélat qui passe en bel équipage, mais il a surtout le respect des humbles. Ce pauvre cordonnier va-t-il s’asseoir dans les derniers rangs à la chapelle de l’Oratoire ? Philippe traverse l’illustre assistance pour le chercher et l’amener aux premières places.

        Le rire et la gaieté font partie de ses méthodes pour conquérir les cœurs, mais, en fait, ce goût naturel du burlesque et de la facétie a des racines profondes. Philippe aime rire, mais aussi se rendre risible par humilité, en quelque sorte, pour s’attirer la moquerie, le mépris des autres : Se mépriser soi-même, mépriser être méprisé, il a fait sienne cette devise de saint Bernard. De toutes les formes d’amour-propre, l’amour propre intellectuel est le plus dangereux, aussi faut-il, comme il dit, mortifier la résonnance. Il lui arrive de feindre la bêtise devant un évêque, de multiplier les solécismes et barbarismes devant un cardinal ; il se costume de façon ridicule et se coupe bizarrement les cheveux ; parfois, on le voit danser ou caracoler. Il ne procède par autrement avec ses disciples. Comme Tarugi, un grand seigneur, homme de cours, parent du pape Jules III, toujours somptueusement habillé, conserve ses manières de grand seigneur, il lui met dans les bras un petit chien, avec ordre de le porter deux heures en public, et de lui donner des gâteries. Deux jeunes gens aiment-ils trop les bijoux ? Il les caresse au cou et déclare que ces colliers lui râpent la main. Toute son attitude a pour but de dépouiller l’homme de ses conventions sociales, de ses défenses, de lui rendre sa simplicité, car l’Esprit Saint habite les âmes simples et candides.

 

 

Vendredi de la 7ème semaine du Temps ordinaire – Mémoire de saint Bède le Vénérable



2 Corinthiens 4, 5-18

La paix du cœur

Saint Bède le Vénérable

Homélie 11 pour la Vigile de la Pentecôte, PL 94, col. 196-197

      Il faut remarquer, mes frères, que l’Esprit Saint donnera aux justes la paix parfaite, non seulement dans l’éternité, mais il leur donne déjà dès maintenant une paix très grande lorsque leur cœur brûle d’un feu céleste : la charité. L’Apôtre dit en effet : L’espérance ne trompe pas, car l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné.

       La véritable, ou plutôt la seule paix des âmes en ce monde, c’est d’être rempli de l’amour divin et animé de l’espérance du ciel, de considérer comme peu de choses les succès ou les revers de ce monde ; c’est se dépouiller complètement des désirs terrestres, de renoncer aux convoitises du siècle, et de se réjouir des injures et des persécutions subies pour le Christ, de sorte que l’on puisse dire avec l’Apôtre : Nous mettons notre fierté dans l’espérance de la gloire des fils de Dieu. Plus encore : nous mettons notre fierté dans les épreuves. Il se trompe celui qui se figure pouvoir trouver la paix dans la jouissance des biens de ce monde et dans la richesse. Les troubles fréquents d’ici-bas et la fin de ce monde devraient convaincre cet homme qu’il a posé les fondations de sa paix sur le sable.

       Au contraire, tous ceux qui, touchés par le souffle de l’Esprit Saint, ont pris sur eux le joug très bon de l’amour de Dieu, et qui, à son exemple, ont appris à être doux et humble de cœur, jouissent dès maintenant d’une paix qui est déjà l’image du repos futur. Séparés au plus profond d’eux-mêmes de l’agitation des hommes de ce monde, ils ont la joie de se rappeler partout le visage de leur Créateur, et ils ont soif d’atteindre à sa contemplation parfaite, disant avec l’apôtre Jean : Nous savons que lorsqu’il apparaîtra nous lui serons semblables, parce que nous le verrons tel qu’il est.

Si nous désirons parvenir à la récompense de cette vision, frères très chers, il nous faut avoir sans cesse en mémoire le saint Evangile, et nous montrer insensibles aux attraits du monde ; ainsi nous deviendrons dignes de recevoir la grâce de l’Esprit-Saint que le monde est incapable d’accueillir. Aimons le Christ, et observons avec persévérance ses commandements que nous avons commencé de suivre. Nous en tirerons cette juste récompense que plus nous l’aimerons, plus nous mériterons d’être aimés par le Père ; et lui-même nous accordera dans l’éternité la grâce de son immense amour. Car maintenant, en nous aimant, il nous donne que croyant en lui, nous l’espérons ; mais alors, nous le verrons face à face, et il se manifestera à nous dans l’éclat de la gloire qu’il avait déjà auprès de son Père avant que le monde fût, lui qui, étant Dieu, vit et règne dans l’unité de l’Esprit.

 

 

Jeudi de la 7ème semaine du Temps ordinaire



2 Corinthiens 4, 5-18

Présence du Christ dans le ministère apostolique

Eugène Walter

La deuxième lettre aux Corinthiens, p. 38

       Avant de présenter tout le paradoxe de sa vie d’apôtre, Paul le résume dans une image d’une parfaite simplicité et d’une grande beauté : le trésor dans un vase d’argile. L’indication de la matière, l’argile, signifie à la fois le peu de valeur du vase, comparé au trésor, et surtout sa fragilité. Le pluriel, des vases, nous permet et même nous oblige à reporter une fois de plus l’essentiel des affirmations suivantes, en apparence si personnelles, à tous les prédicateurs de l’Evangile, à tout homme chargé d’une fonction ecclésiale. En définitive, cela vaut sans aucun doute pour tout homme qui a reçu la grâce divine. Dans la même phrase, Paul livre aussi la clef de ce paradoxe dans lequel notre pensée humaine et profane se barricade. La proposition introduite pas « pour que » exprime l’intention salvifique de Dieu. L’homme se perdrait s’il voulait s’attribuer les succès de la grâce, s’il arrivait à la conviction qu’il est capable d’opérer directement le salut.

       En des esquisses rapides, Paul précise ce qu’il entend par vase fragile. Ces allusions semblent contenir à leur tour des images : celle du combattant mis au pied du mur, celle du gibier poussé à bout, peut-être même abattu, mais pas encore tué. Elles évoquent toutes des poursuites impitoyables, des mauvais traitements avec chaque fois en contrepartie des sauvetages.

Paul ne s’attarde pas plus longuement à son sort. Il lui paraît plus important d’en donner immédiatement le sens chrétien : à travers tout cela, c’est la loi de la vie de Jésus qui s’accomplit en lui. Le terme principal, traduit soit par l’agonie de Jésus, soit par les souffrances de mort de Jésus, ce terme est original. Pourquoi ne dit-il pas, comme dans la plupart des autres passages, la mort  de Jésus ? C’est de toute évidence qu’il pense au destin de Jésus tel qu’il se déroule tout au long de sa vie. Comment expliquer nous portons toujours et partout ? L’origine de ces tribulations est variée, mais elles surviennent selon une loi identique. Elles sont toujours le fait d’autres hommes, mais proviennent en réalité de quelque chose que l’apôtre porte en lui-même: l’union à Jésus qui se manifeste par cette loi. L’homme ne peut mourir qu’une fois, mais d’une certaine manière le chrétien le peut souvent.

 

 

Mercredi de la 7ème semaine du Temps ordinaire



2 Corinthiens 3,7 – 4,4

La lettre tue, mais l’Esprit donne la vie

Saint Augustin

Sermon 249, n° 3, OC 18, p. 279s

       Les commandements de Dieu sont renfermés dans le Décalogue, parce que le nombre de dix est le symbole d’une grande perfection. Les dix préceptes de la Loi sont écrits sur des tables de pierre par le doigt de Dieu, c’est-à-dire par l’Esprit Saint : sur la première table, sont les préceptes qui ont Dieu pour objet, sur la seconde, ceux qui se rapportent à l’homme. Pourquoi cette distinction ? Parce que toute la Loi et les Prophètes sont renfermés dans l’amour de Dieu et du prochain. Mais que peuvent des dix commandements ? La Loi a été donnée, mais, dit l’Apôtre, si nous avons reçu une Loi qui pût donner la vie, il serait vrai de dire que la justice viendrait de la Loi. Vous connaissez la Loi, et vous ne l’observez pas ; c’est la Loi qui tue ; mais pour accomplir ce que vous savez, l’Esprit vivifie. Ajoutez donc sept à dix, La Loi est renfermée dans les dix commandements, l’Esprit se révèle dans les sept dons dont il est le principe. C’est lui qui invoque ceux qui sont baptisés, afin que Dieu leur donne, suivant ce que Dieu le prophète, l’Esprit de sagesse et d’intelligence : en voilà deux ; l’Esprit de conseil et de force : deux et deux font quatre ; l’Esprit de science et de piété : en voilà six ; l’Esprit de crainte du Seigneur : en voilà sept. Les commandements de la Loi sont au nombre de dix, nous l’avons dit ; mais j’ai aussi énuméré sept opérations du Saint-Esprit dans notre âme. C’est avec le secours de l’Esprit Saint qu’on accomplit la Loi ; si ces sept opérations font défaut, on ne peut accomplir la Loi : les dix commandements alors resteront dans la lettre. Or, la lettre tue. Si l’Esprit vient se joindre à vous, vous accomplissez la Loi, non par vos propres forces, mais par le secours de Dieu. La Loi commande, l’Esprit vient à notre aide ; la Loi vous fait connaître ce que vous devez faire, l’Esprit vous donne la force de l’accomplir. Additionnez les dix commandements et les sept dons de l’Esprit, vous parviendrez en avançant toujours. Qu’est-ce à dire en avançant ? C’est en avançant ainsi par degrés, alors vous parviendrez.

 

 

Mardi de la 7ème semaine du Temps ordinaire



2 Corinthiens 2,12 – 3,6

L’assurance de l’Apôtre vient de Dieu

Père Paul de Surgy

Le ministère apostolique de la Nouvelle Alliance, AS 39, p. 41

       C’est en envoyés de Dieu que, devant Dieu, nous parlons dans le Christ, dit Paul au début de la section sur le ministère apostolique. Il parle maintenant de l’assurance qu’il a devant Dieu, grâce au Christ. Cette assurance ne se fonde pas sur lui-même et ne vient pas de lui : elle vient de sa qualité d’envoyé du Dieu vivant qui, par son ministère, répand parmi les hommes la bonne odeur du Christ. Et si la communauté de Corinthe  peut lui tenir lieu de lettre de recommandation, c’est comme signe de sa qualité d’envoyé de Dieu.

       L’assurance qu’il possède devant Dieu, l’Apôtre la tient de Jésus Christ. Il la manifeste par la liberté tranquille avec laquelle il annonce le message et par la fidélité de son témoignage : miséricordieusement investis de ce ministère, nous ne faiblissons pas, mais nous avons répudié les silences de la honte, ne nous conduisant pas avec astuce, et ne falsifiant pas la parole de Dieu.

       La liberté tranquille de s’exprimer devant les hommes et la fidélité de l’Apôtre dans son ministère s’articule sur l’assurance et la confiance qu’il a, de par le Christ, d’être l’envoyé de Dieu miséricordieusement choisi.

       L’assurance que l’Apôtre possède dans le Christ ne se sépare pas, en effet, du sentiment de sa propre faiblesse. Aussi, pour éviter toute méprise, insiste-t-il, négativement et positivement, sur le fait que la qualification des apôtres comme ministres de l’Alliance nouvelle vient tout entière de Dieu : Ce n’est pas à cause d’une capacité nouvelle dont nous pourrions nous attribuer le mérite. Notre capacité vient de Dieu : c’est lui qui nous a rendus capables d’être les ministres d’une Alliance nouvelle.

       Dans l’ordre du ministère apostolique et de son exercice, les apôtres ne peuvent s’attribuer en propre aucune qualification : leur compétence, leur capacité, vient de Dieu ; c’est de Lui, et de Lui seul, qu’ils tiennent leur mission et leur aptitude à la remplir.

 

Lundi de la 7ème semaine du Temps ordinaire – Mémoire de Marie Mère de l’Eglise



2 Corinthiens 1,15 – 2,11

Marie, Mère de l’Eglise

Vatican II

Lumen gentium, chapitre 8, n° 60-61

       Unique est notre Médiateur selon les paroles de l’Apôtre Paul dans sa première lettre à Timothée : Car il n’y a qu’un seul Dieu, il n’y a aussi qu’un Médiateur entre Dieu et les hommes, le Christ Jésus, homme lui-même, qui s’’est donné en rançon pour tous. Mais le rôle maternel de Marie à l‘égard des hommes n’offusque et ne diminue en rien cette médiation du Christ : il en manifeste au contraire la vertu.

       Car toute influence salutaire de la part de la bienheureuse Vierge Marie sur les hommes a sa source dans une disposition purement gratuite de Dieu : elle ne naît pas d’une nécessité objective, mais découle de la surabondance des mérites du Christ ; elle s’appuie sur sa médiation dont elle dépend en tout et d’où elle tire toute sa vertu ; l’union immédiate des croyants avec le Christ ne s’en trouve en aucune manière empêchée, mais au contraire aidée.

       La bienheureuse Vierge, prédestinée de toute éternité, à l’intérieur du dessein d’incarnation du Verbe, pour être la Mère de Dieu, fut sur la terre, en vertu d’une disposition de la Providence divine, la vénérable Mère du divin Rédempteur, généreusement associée à son œuvre à un titre absolument unique, humble servante du Seigneur. En concevant le Christ, en le mettant au monde, en le nourrissant, en le présentant dans le Temple à son Père, en souffrant avec son Fils qui mourait sur la croix, elle apporta à l’œuvre du Sauveur une coopération absolument sans pareille par son obéissance, sa foi, son espérance, son ardente charité, pour que soit rendue aux âmes la vie surnaturelle. C’est pourquoi elle devenue pour nous, dans l’ordre de la grâce, notre Mère.

       A partir du consentement qu’elle apporta par sa foi au jour de l’Annonciation, et qu’elle maintint dans sa fermeté sous la croix, cette maternité de Marie dans l’économie de la grâce, se continue sans interruption jusqu’à la consommation définitive de tous les élus. En effet, après son Assomption au ciel, son rôle dans le salut ne s’interrompt pas : par son intercession répétée elle continue à nos obtenir des dons qui assurent notre salut éternel. Son amour maternel la rend attentive aux frères de son Fils dont le pèlerinage n’est pas achevé. Ce rôle subordonnée de Marie, l’Eglise la professe sans hésitation ; elle ne cesse d’en faire l’expérience ; elle le recommande au cœur des fidèles pour que cet appui et ce secours maternels les aident à s’attacher plus intimement au Médiateur et Sauveur.

 

3° lecture Solennité de la Pentecôte



Jean 20, 19-23

La vie dans l’Esprit

Saint Irénée de Lyon

Contre les Hérésies, SC 211, p. 328s

       Les  apôtres ont dit exactement ce qui était vrai : à savoir que l’Esprit de Dieu descendit sur Jésus comme une colombe, le même Esprit dont Isaïe avait annoncé : L’Esprit du Seigneur est sur moi parce qu’il m’a oint, cet Esprit dont le Seigneur promet : Ce n’est pas vous qui parlerez, mais l’Esprit de votre Père qui parlera en vous. Et en donnant à ses disciples le pouvoir d’être ministres de la nouvelle naissance en Dieu, il leur disait : Allez, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

       C’est ce même Esprit qu’il avait promis par les prophètes de répandre dans les derniers temps sur ses serviteurs et sur ses servantes pour leur accorder le don de prophétie. Et cet Esprit descendit donc au Jourdain sur le Fils de Dieu devenu Fils de l’homme : avec lui, il s’habituait à habiter dans le genre humain, à se reposer dans les hommes, opérant dans les hommes la volonté du Père et les renouvelant pour les faire passer de la vieillesse du monde déchu à la nouveauté du Christ.

       Cet Esprit, David le demanda pour le genre humain en disant : Assure en moi un esprit magnanime. De cet Esprit, Luc écrit qu’après l’Ascension, il descendit sur les disciples le jour de la Pentecôte, ayant pouvoir de faire entrer tous les Gentils dans la vie et de leur ouvrir la nouvelle Alliance : aussi toutes les langues chantaient-elles d’un seul souffle une hymne à Dieu, l’Esprit rassemblant alors dans l’unité les peuples les plus distants, et offrant au Père les prémices de toutes les nations. Et le Seigneur avait aussi promis d’envoyer le Paraclet qui nous adapterait à Dieu.

       De même en effet qu’avec les grains de blé il faut de l’eau pour faire une pâte ou un pain entier, ainsi nous ne pouvions devenir un dans le Christ Jésus sans l’eau qui est du ciel. Et de même que cette terre desséchée, si elle ne reçoit pas d’eau, ne porte pas de fruit, ainsi nous qui étions d’abord du bois sec, nous n’aurions jamais porté de fruit de vie si la pluie volontaire n’était venue d’en haut.

       Nos corps, donc, par le bain du baptême, et nos âmes, par l’Esprit, ont reçu l’unité dans le corps du Christ qui leur assure l’incorruptibilité. Esprit et eau sont nécessaires puisque l’un et l’autre collaborent à la vie de Dieu en nous : Notre Seigneur a eu pitié de cette Samaritaine pécheresse, figure de toute l’humanité, qui s’était prostituée en de multiples noces : il lui montre en lui promet l’eau vive, afin qu’à l’avenir elle n’ait plus soif et ne passe plus son temps à chercher l’eau laborieusement, car elle possédera en elle le breuvage qui jaillit pour la vie éternelle. Ce don, le Seigneur le recevant du Père l’a lui-même accordé à ceux qui ont part avec lui quand il a envoyé l’Esprit-Saint sur la terre entière.