Vendredi de la 28ème semaine du Temps Ordinaire – Mémoire de sainte Marguerite-Marie

Siracide 17, 15-32

Ce n’est plus moi qui vis…Paul VI

 

Sainte Marguerite-Marie

Vie et œuvres de sainte Marguerite-Marie, retraite 1692, tome 1, p. 188s

 

Voici mes résolutions qui doivent durer jusqu’à la fin de ma vie, puisque mon Bien-Aimé les a dictés lui-même. Après l’avoir reçu dans mon cœur, il me dit : « Voici la plaie de mon côté pour y faire ta demeure actuelle et perpétuelle. C’est là où tu pourras conserver la robe d’innocence dont j’ai revêtu ton âme, afin que tu vives désormais de la vie d’un Homme-Dieu : vivre comme ne vivant plus, afin que je vive parfaitement en toi ; ne pensant à ton corps et à tout ce qui t’arrivera, comme s’il n’était plus ; agissant comme n’agissant plus, mais moi seul en toi. Il faut pour cela que tes puissances et tes sens demeurent ensevelis en moi, et que tu sois sourde, muette, aveugle et insensible à toutes les choses terrestres : vouloir comme ne voulant plus, sans jugement, sans désir, sans affection et sans volonté autre que celle de mon bon plaisir qui doit faire toutes tes délices, ne cherchant rien en dehors de moi, si tu ne veux pas faire injure à ma puissance, et m’offenser gravement, puisque je veux être toutes choses. Sois toujours disposée à me recevoir, je serais toujours prêt à me donner à toi, parce que tu seras souvent livrée à la fureur de tes ennemis. Mais, ne crains rien, je t’environnerai de ma puissance et serai le prix de tes victoires. Prends garde de ne jamais ouvrir les yeux pour te regarder en dehors de moi ; qu’aimer et souffrir à l’aveugle soit ta devise. Un seul cœur, un seule amour, un seul Dieu ! »

« Et moi, chétif et misérable néant, déclare à mon Dieu me soumettre et sacrifier à tout ce qu’il demande de moi, immolant mon cœur à l’accomplissement de son bon désir, sans réserve d’autre intérêt que sa plus grande gloire et son pur amour, auquel je consacre et abandonne tout mon être et tous mes moments. Je suis pour jamais à mon Bien-Aimé son esclave, sa servante, sa créature, puisqu’il est tout à moi et que je suis tout à lui, moi, son indigne épouse : sœur Marguerite-Marie morte au monde. Tout de Dieu, rien de moi ; tout à Dieu et rien à moi ; tout pour Dieu et rien pour moi !