Lundi de la 28ème sem2ine du Temps Ordinaire

Siracide 11, 12-28

Confiance en Dieu seul

Père Paul-Marie de la Croix

L’Ancien Testament source de vie spirituelle, p. 12s

 

A ceux qui sont entièrement remis à lui, Dieu manifeste sa présence, et les secrets de sa bonté partout répandue.

La Providence divine s’étend à toutes les créatures ; celles qui sont dépourvues de tout peuvent compter sur Dieu d’une façon très spéciale. Leur confiance ne sera pas trahie. Eclairée par ce spectacle, enhardie par l’exemple de ceux qui, avant elle, se sont engagés sur ce chemin, et y ont trouvé la vie, l’âme se livre à son Dieu dans une confiance totale et un abandon absolu. A mesure qu’elle remonte à la source de son désir, à sa Cause ineffable, à l’origine de l’appel véhément jailli de sa misère et de ses ténèbres, une calme et profonde certitude grandit en elle. Elle sait maintenant, non plus pour l’avoir entendu témoigner par d’autres, mais d’une expérience intime, en qui elle s’est confiée. En effet, à l’égal de la foi, l’espérance nous donne son objet, nous livre Dieu. Nous espérons en Dieu, mais Dieu est également l’objet et le terme de nos désirs. Il emplit l’absence qu’il a suscitée. Seul, il est substantiellement tout ce que nous ne sommes pas et vers quoi nous aspirons.

Vérité merveilleusement comblante que celle de notre misère radicale, puisqu’elle nous donne, dans l’inextinguible appel d’infini, déposé dans nos âmes, la brûlante Présence de celui qui renferme tout !

La réalité de Dieu est donc, dès ici-bas, l’ineffable trésor de l’âme qui vit son néant et espère. Comme Dieu a été son commencement, il est aussi sa fin. Il conduit l’âme et la comble à mesure qu’elle se confie à lui. Toute crainte servile est désormais bannie. L’amour répond à l’espérance, et l’âme s’épanouit dans une action de grâces qu’elle voudrait voir chanter par le monde entier.

Toutes choses témoignent de la bonté divine : non seulement le monde matériel et les créatures vivantes qui le peuplent, mais encore le cœur et l’âme de l’homme. Le texte sacré montre que les justes, qui ont invoqué Dieu aux heures difficiles, ont été exaucés. Ainsi Judith, Esther et bien d’autres ont obtenu de Dieu la grâce demandée. Ce ne sont pas seulement certaines âmes choisies, données en exemple par l’Ecriture, que Dieu exauce : toutes celles, qui se confient en lui, ressentent les effets de sa bonté et de sa miséricorde.