3° lecture Dimanche de la 29ème semaine du Temps Ordinaire – A

Matthieu 22, 15-21

L’impôt dû à César

Saint Ambroise

Traité sur l’évangile de Luc, tome II, SC 52, p. 153s

 

Cette effigie et cette légende, de qui sont-elles ? Le Seigneur nous apprend en cet endroit que nous devons être circonspects dans nos réponses aux hérétiques ou aux Juifs. Jésus s’enquiert de l’effigie, car autre est l’effigie de Dieu, autre l’effigie du monde. Saint Paul nous avertit : De même que nous avons porté l’effigie du terrestre, portons aussi l’effigie du céleste. Le Christ ne porte pas l’effigie de César, car il est l’Image de Dieu. Pierre ne porte pas l’effigie de César : ne dit-il pas : Nous avons tout quitté pour te suivre. On ne trouve l’effigie de César ni chez Jacques, ni chez Jean, parce que tous deux sont fils du Tonnerre. Mais on la trouve en mer ! Toi qui fendis la mer par ta puissance, toi qui y fracassas les têtes de Léviathan. Les monstres y ont la tête écrasée, laquelle est donnée en pâture aux bêtes sauvages. S’il n’avait pas l’effigie de César, pourquoi a-t-il payé l’impôt ? Il ne l’a pas payé de son bien, mais a rendu au monde ce qui était au monde.

 

Vous aussi, si vous voulez ne rien devoir à César, ne possédez pas ce qui est au monde. Mais si vous avez des richesses, vous êtes redevables à César. Si vous voulez ne rien devoir au roi de la terre, quittez tous vos biens et suivez le Christ. Et c’est à bon droit qu’Il décide d’abord ce qu’il faut rendre à César, car on ne peut appartenir au Seigneur si d’abord on ne renonce au monde. Mais tous nous y renonçons en paroles, nous y renonçons par le cœur, car lorsque nous recevons les mystères, nous renonçons. Quelle lourde chaîne ! Promettre à Dieu, et ne pas s’acquitter ! Mieux vaut pour vous, nous dit l’Ecclésiaste, ne pas vouer que vouer et ne pas rendre. Un contrat de foi est plus sérieux qu’un contrat d’argent. Accomplissez votre promesse tandis que vous êtes en ce corps, avant que le créancier ne vienne vous jeter en prison. En vérité, je vous le dis, vous n’en sortirez pas que vous n’ayez payé le dernier denier.