3° lecture Fête de la Croix Glorieuse

Jean 3, 13-17

Le serpent d’airain, image de la croix du Christ

Saint Théodore de Mopsueste

L’évangile selon Jean expliqué par les Pères PdF 31, p. 64s

          Jésus a parlé de son ascension. Elle semblait pourtant incroyable puisqu’il devait être livré à la mort. Aussi ajoute-t-il : Comme Moïse a élevé le serpent dans le désert, de même le Fils de l’homme doit être élevé, afin que tous ceux qui croient en lui ne périssent pas, mais qu’ils aient la vie éternelle. Que la croix ne vous effraie nullement, et ne vous fasse pas douter des paroles qui vous sont dites. Le serpent élevé par Moïse, dans le désert, n’était certes qu’un serpent fait de bronze, mais la puissance de celui qui ordonnait de l’élever sauvait ceux qui fixaient leurs regards sur lui.

          C’est ainsi que le Seigneur se charge du sort des hommes et souffre les douleurs de la croix, mais, grâce à la puissance qui l’habite, il a rendu ceux qui croient en lui dignes de la vie éternelle. Au temps de Moïse, le serpent d’airain, sans posséder la vie, grâce à la puissance d’un autre, délivrait de la mort ceux qui allaient périr sous la morsure venimeuse, pourvu qu’ils tournent leurs regards vers lui. Jésus, de la même manière, malgré son apparence mortelle et ses souffrances, donne pourtant la vie à ceux qui croient en lui, grâce à la puissance qui l’habite.

          Jésus continue : Dieu a tant aimé le monde qu’Il lui a donné son Fils Unique, afin que tous ceux qui croient en lui ne périssent pas, mais qu’ils aient la vie éternelle. C’est là encore, dit-il, un signe de l’amour de Dieu qui a donné son Fils Unique pour le salut du monde. Et voici qu’un peu plus haut il a rappelé l’exemple du serpent en désignant l’homme assumé, pour montrer qu’il donne, comme le serpent, à ceux qui croient en lui, ce qu’il ne peut donner par sa propre puissance, mais par la puissance qui habite en lui.

          Comment a-t-il pu dire : Dieu a donné son Fils Unique ? Il est évident que la divinité ne peut souffrir. Cependant, grâce à leur union, l’humanité et la divinité de Jésus ne forment qu’un. Aussi, bien que seul l’homme souffre, tout ce qui touche son humanité est attribué aussi à sa divinité.