Mardi de la 19ème semaine du Temps Ordinaire – Mémoire de sainte Claire

Zacharie 9,1 – 10,2

Dernières consignes de sainte Claire

Sainte Claire

Testament, Ecrits, Vies, Documents, p. 185s

J’avertis et j’exhorte, dans le Seigneur Jésus-Christ, toutes mes sœurs, présentes et à venir, à toujours s’appliquer à suivre la voie de la sainte simplicité, de l’humilité, de la pauvreté et aussi l’honnêteté d’une sainte conduite, comme, dès le commencement de notre conversion, nous l’ont enseigné le Christ et notre très bienheureux père, le bienheureux François. Par suite, non par nos mérites, mais par la seule miséricorde et la grâce de Celui qui nous comble de largesses, le Pères des miséricordes lui-même répandit une odeur de bonne renommée, tant pour ceux qui sont loin que pour ceux qui sont près. Et vous aimant les uns les autres de la charité du Christ, l’amour que vous avez au-dedans, montrez-le au-dehors par des œuvres, afin que, provoquées par cet exemple, les sœurs croissent toujours dans l’amour de Dieu et la charité mutuelle.

Que les sœurs sujettes se rappellent que, pour Dieu, elles ont renoncé à leurs volontés propres. Je veux donc qu’elles obéissent à leur mère comme elles l’ont promis au Seigneur de leur volonté spontanée, afin que leur mère, voyant la charité, l’humilité et l’unité qu’elles ont entre elles, porte plus légèrement tout le fardeau qu’elle supporte du fait de son office, et que ce qui est pesant et amer, lui soit changé en douceur en raison de leur sainte conduite.

            Et parce que resserrés sont la voie et le sentier, et qu’étroite est la porte par laquelle on va et on entre dans la vie, peu nombreux sont aussi ceux qui marchent et entrent par elle. Et s’il y en a quelques-uns qui, pour un temps, y marchent, très peu sont ceux qui y persévèrent. Mais bienheureux ceux à qui il est donné d’y marcher et d’y persévérer jusqu’à la fin.

            Prenons donc garde, si nous sommes entrées dans la voie du Seigneur, de nullement nous en écarter en quelque temps, par notre faute et par ignorance, afin de ne pas faire injure à un si grand Seigneur, à la Vierge sa Mère, à saint François, à l’Eglise triomphante et aussi militante. Car il est écrit : Maudits ceux qui  s’écartent de tes commandements. Pour cette raison, je fléchis les genoux devant le Père de notre Seigneur Jésus Christ, afin que, par l’intercession des mérites de la bienheureuse Vierge sainte Marie, sa Mère, de notre très bienheureux saint François, et de tous les saints, le Seigneur lui-même, qui a donné un bon commencement, donne le progrès et donne aussi la persévérance finale. Amen.