Mardi de la 17ème semaine du Temps Ordinaire

Job 31, 1-23+35-37

Le langage de la prière

Walter Vogels

Job, l’homme qui a bien parlé de Dieu, p. 196s

          Dans le premier cycle de discours, Job s’adresse directement à Dieu, à l’intérieur de chacune de ses réponses à ses amis. La prière de Job joue un rôle très important dans ce cycle, mais Dieu ne répond pas. Sa prière devient beaucoup plus brève dans le second cycle de discours, limitée à sa réponse à Eliphaz, quelques versets dans lesquels Job s’adresse à Dieu en le tutoyant. Dans le troisième cycle, il n’y a plus aucune trace de prière. Une dernière fois, comme dans un ultime espoir, Job s’adresse encore à Dieu dans le monologue final, juste avant de passer à son serment d’innocence.

          Ses prières ne sont pas des hymnes de louange, ni des prières d’action de grâces, mais des lamentations. Job supplie Dieu, il accuse Dieu, et il cite Dieu en procès pour qu’il lui donne une réponse et des explications. Mais peu importe le contenu de la prière de Job, il dit toujours ce qu’il porte profondément dans son cœur : Je ne briderai plus ma bouche, je parlerai dans l’angoisse de mon esprit, je me plaindrai dans l’amertume de mon cœur. La prière de Job est un cri de souffrance, parfois plein d’amertume et de mots violents. Pourtant, Job n’a jamais maudit Dieu. Le satan n’a toujours pas gagné son pari.

          A plusieurs autres endroits, même si Job ne s’adresse pas directement à Dieu à la deuxième personne, il montre qu’il veut garder contact avec Dieu et qu’il continue à en appeler à Dieu. Ceci ressort clairement de ses expressions d’espoir. Son serment d’innocence est une autre façon de forcer Dieu à agir.

          Job a parlé le langage de la foi populaire, du silence, du doute, de la théologie, enfin de la prière. Mais la prière n’est pas devenue un vrai dialogue. Job a parlé à Dieu, mais Dieu garde le silence. Job ne sait plus quoi faire : Voilà mon dernier mot ! Au Puissant de me répondre ! Job aspire à entendre le langage divin, la parole de Dieu. Il ne le demande plus directement à Dieu, il s’exprime à la troisième personne. Dieu n’a pas encore répondu. Il y a peut-être quelqu’un d’autre qui peut parler ce langage divin. Le texte se conclut ainsi : Fin des paroles de Job. En effet, comme on le verra, Job ne prend plus souvent la parole dans le reste du livre.