2° lecture Dimanche de la 17ème semaine du Temps Ordinaire

Job 28, 1-28

Eloge de la Sagesse

Père Jean Radermakers

Dieu, Job et la Sagesse, p. 180

          L’homme possède une certaine expérience de la Sagesse. La première partie du poème décrit comment l’industrie des hommes est appelée à se déployer, grâce aux richesses que Dieu, dans sa souveraine Sagesse, a dissimulées dans l‘univers, afin de permettre à l’homme d’exercer sa sagacité et son savoir-faire. Il peut ainsi former sa liberté en exploitant la nature qui lui est soumise et dont il doit respecter la finalité.

          Vue du côté de l’homme, la sagesse apparaît avant tout comme un effort d’observation et d’intelligence du monde, pour le connaître, s’y adapter, et le maîtriser par l’habileté professionnelle, le savoir-vivre, la prudence et la rectitude morale. Son intelligence industrieuse est ainsi capable de mettre à jour les richesses cachées de l’univers. Grandeur de l’homme, affecté pourtant d’une carence congénitale : il ne maîtrise pas le sens de l’univers, car lui fait défaut la Sagesse inventive du Créateur.

          Alors la question surgit : d’où vient cette Sagesse dont l’homme ne possède qu’une modeste participation, juste assez pour utiliser adroitement son intelligence ? Le thème de la Sagesse divine inaccessible à l’homme se retrouve dans plusieurs livres de l’Ancien Testament. De cette Sagesse divine, l’homme ne peut en disposer à son gré ; elle lui demeure insondable, hors de portée. Les humains ne peuvent l’acquérir à force de travail ou de recherche. Elle n’est pas de l’ordre de la nature créée, et les richesses que l’habileté humaine permet d’extraire du sol ou de la mer ne pourraient la payer.

          Mais la Sagesse, d’où vient-elle ? L’œil du rapace, plus perçant que celui de l’homme, ne peut découvrir les richesses enfouies ; la Sagesse échappe à l’un comme à l’autre ! La Sagesse est dans les mains du Créateur ; lui seul en a le secret, et il a donné à la créature de pouvoir la percevoir et la reconnaître. La Sagesse est donc le privilège du Dieu Créateur, qui règle les saisons et provoque le tonnerre, signe aussi de la révélation de Dieu dans l’histoire.

          L’homme peut fouiller la nature jusqu’au cœur de l’atome, il reste impuissant à y atteindre Dieu par sa propre industrie : Dieu ne se découvre à l’homme que dans un acte de foi et d’humilité.