Vendredi de la 12ème semaine du Temps Ordinaire

Néhémie, 1,1 – 2,8

Néhémie

Père Albert Gelin

Les livres d’Esdras et de Néhémie, BJ Fascicule, p. 23s

          Néhémie, grâce à l’autobiographie qu’il nous a laissée, est un des personnages les plus connus et les plus sympathiques de l’Ancien Testament. Un tempérament émotif : ayant appris que les remparts de Jérusalem sont en brèches et ses portes incendiées, je m’effondrai et pleurai ; je fus plusieurs jours dans le deuil, jeûnant et priant devant le Dieu du ciel ; un peu de vanité perce en ses propos : devant se rendre auprès du gouverneur, muni de lettres du roi, il raconte  que : le roi m’avait fait escorter par des officiers de l’armée et des cavaliers, tels sont les petits côtés d’un beau caractère de chef. Il a le sens des hommes, cherchant les contacts, payant de sa personne : Je me suis également tenu au travail de ce rempart, bien que je ne fusse propriétaire d‘aucun champ ; d’une éloquence brève qui sait toujours trouver chez l’auditeur la vibration : Ayant délibéré en moi-même, je tançai les grands et les notables en ces termes : Quel fardeau chacun de vous impose à son frère ! ; d’un optimisme qui sait ne pas tenir compte de certaines réticences ou résistances de l’opinion ; il a le sens du possible : son attitude à l’occasion des mariages mixtes est plus réaliste que celle d’Esdras ; il sait transiger pour le présent et miser sur l’avenir : nous ne donnerons plus nos filles aux gens du pays et ne prendrons plus leurs filles pour nos fils. Il prend  le temps de la réflexion : la préparation minutieuse de sa mission, à Suse, son inspection solitaire des murs à Jérusalem, les lents préliminaires à son action, la patience à déjouer le chantage de ses ennemis en sont autant d’indices.

          C’est à la prière qu’il recourt, convaincu que Dieu mène les événements : Le roi me donna son accord, car la main bienveillante de mon Dieu était sur moi. Et encore : Je leur exposai comment la main bienveillante de mon Dieu avait été sur moi. La prière, pour lui, est vitale, et elle doit quelque chose à Jérémie. Néhémie a, en effet, mis en pratique les enseignements de Jérémie en étant loyal à l’autorité perse ; en même temps, il a su conserver toutes les valeurs juives. Cette double fidélité le définit.