2° lecture Solennité du Sacré-Cœur de Jésus

Romains 8, 28-39

Prière à la Sainte Blessure du côté du Seigneur

Saint François de Borgia

A la source d’eau vive, Christus 15, 1957, p. 391s

          Salut, très Sainte Blessure du côté de Notre Seigneur Jésus Christ, blessure injustement infligée, pleurée par la Vierge Mère de Dieu, glorifiée par les anges dans le ciel, blessure que nous devons, toujours et sans cesse, exalter sur terre de notre louange.

            Salut, ô porte de pourpre, d’où le sang et l’eau ont coulé pour la purification de l’Eglise entière.

            Salut, ô source très limpide du salut éternel que mon très doux Jésus a permis que l’on ouvre à son côté droit, parce qu’il voulait, après m’avoir séparé des boucs, me préparer une place à sa droite au jour du jugement.

            Salut, charmants filets de sang et d’eau qui manifestez si bien les blessures de l’amour divin. Qu’y a-t-il de plus resplendissant que vos effusions ? Qu’y a-t-il de plus doux que votre blessure ?

            Je t’adore, ô clé d’or de la divine miséricorde. Par toi se répandent sur toute l’Eglise des grâces abondantes qui baignent ses enfants d’une céleste rosée et font germer de très suaves fleurs pour sa couronne éternelle.

            Je t’adore, lumière et fondement divin de l’Eglise, miracle immense, toi qui changes en agneaux et en enfants de salut ceux que précipitait auparavant dans le gouffre, comme des boucs perdus, la faute d’Adam.

            Je t’adore, ô très auguste blessure, d’où ont jailli pour le monde les plus généreuses largesses de faveurs et de grâces, pour le ciel les honneurs, pour l’Eglise la gloire et la beauté, pour l’enfer la terreur.

            La lance du soldat t’a ouverte, mais c’est la puissance de Dieu qui t’entretient. Tu laissais couler le sang, mais tu fleuris de divinité. Tu as été imprimée dans un corps mort, mais ton charme demeurera éternellement, ô perle de la souveraine majesté. Tu as arrosé la terre de l’écarlate et du cristal de tes ondes, mais c’est aux cieux que préside la Divinité dont tu es ornée. Tes liqueurs exquises, ô joie de mon cœur, ont, en la colorant, paré la croix d’une douceur inexplicable ; elles consacraient la terre sur laquelle elles s’écoulaient, elles embellissaient les cieux, elles fortifiaient la Mère de Dieu dans ses douleurs, elles embrassaient de nouvelles ardeurs d’amour le disciple bien-aimé.

            Attiré par ta douceur, voici que je me fixe tout en toi ; mon être tout entier, tout ce que je possède et espère posséder, je le place en toi, comme dans un port très sûr ; et je prie humblement la bonté de mon Seigneur Jésus Christ de me soutenir par toi, lui qui, par toi, a daigné me guérir. Amen.