2° lecture Solennité des saints apôtres Pierre et Paul

Galates 1,15 – 2,10

La conversion de Paul témoigne pour son évangile

Saint Jean Chrysostome

Commentaire de la lettre aux Galates, OC 18, p. 87s

          Paul montre en bien des circonstances qu’il a pour tous les apôtres sans exception des sentiments dévoués et généreux : Ce que je vous écris, je l’écris devant Dieu, lui qui sait que je ne mens pas. Vous voyez briller son humilité ! Paul est là comme s’il défendait sa cause devant un tribunal, prêt à recevoir sa sentence. Aussi s’efforce-t-il de se justifier. Puis, je suis venu dans les contrées de la Syrie et de la Cilicie.

          C’est après avoir vu Pierre. Il touche de nouveau maintenant au combat qu’il doit soutenir, mais qui ne regarde pas la nation juive, soit parce que l’apôtre est envoyé vers les nations, soit parce qu’il ne veut pas bâtir sur le fondement d’autrui. Voilà pourquoi il a soigneusement évité de se rencontrer même avec les Juifs : Les Eglises de la Judée ne me connaissent même pas de vue ; seulement elles ont ouï dire que celui qui, naguère, les persécutait, annonçait désormais la foi dont il avait juré l’extinction ! Quelle modération respire dans ce langage ! En relevant les charges qui pesaient sur lui, en rappelant qu’il avait persécuté l’Eglise, qu’il l’avait ravagée, il s’étend là-dessus, il insiste, il met à nu sa vie passée, et puis quand il s’agit de ce qui ferait sa gloire, il passe rapidement. Il eût pu certes raconter ses hauts faits ; mais il n’en signale aucun ; il parcourt avec un mot cet océan immense : Je suis venu dans les contrées de la Syrie et de la Cilicie. Là, on avait entendu dire que, celui-là même qui naguère les persécutait, annonçait désormais la foi dont il avait juré l’extinction. Après cela, plus rien. Que signifie cette parole : Je n’étais pas connu des Eglises de la Judée ? C’est pour mieux établir que Paul n’avait pas prêché aux Juifs qu’il déclare n’être pas connu de vue. Ils glorifiaient Dieu à mon sujet. Encore une fois, remarquez cette modestie profonde, la règle qu’il s’en est faite, le soin extrême qu’il met à l’observer. Il se garde bien de dire : On m’admirait, on me couvrait d’éloges, on était dans le ravissement. Non, il attribue tout à la grâce, en disant : Ils glorifiaient Dieu à mon sujet.