3° lecture Dimanche de la 7ème semaine du Temps Pascal – A

Jean 17, 1-11

Père, glorifie ton Fils afin que ton Fils te glorifie

Saint Irénée de Lyon

Contre les hérésies, IV, 14, 1, p. 445s

           Au commencement, ce ne fut pas parce qu’il avait besoin de l’homme que Dieu modela Adam, mais pour avoir quelqu’un en qui déposer ses bienfaits. Car non seulement avant Adam, mais avant toute création, le Verbe glorifiait le Père tout en demeurant en lui, et il était glorifié par le Père, comme il le dit lui-même : Père, glorifie-moi de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde fût. Ce ne fut pas davantage parce qu’il avait besoin de notre service qu’il nous commanda de le suivre, mais pour nous procurer à nous-mêmes le salut. Car suivre le Sauveur c’est avoir part au salut, comme suivre la lumière c’est avoir part à la lumière. Lorsque des hommes sont dans la lumière, ce ne sont pas eux qui illuminent la lumière et la font resplendir, mais ils sont illuminés et rendus resplendissants par elle : loin de lui apporter quoi que ce soit, ils bénéficient de la lumière et en sont illuminés. Ainsi en va-t-il du service envers Dieu : à Dieu, ils n’apportent rien, car Dieu n’a pas besoin du service des hommes ; mais à ceux qui le servent et qui le suivent, Dieu procure la vie, l’incorruptibilité et la gloire éternelle. Il accorde ses bienfaits à ceux qui le servent, parce qu’ils le servent, et à ceux qui le suivent, parce qu’ils le suivent ; mais il ne reçoit d’eux nul bienfait, car il est parfait et sans besoin. Si Dieu sollicite le service des hommes, c’est pour pouvoir, lui qui est bon et miséricordieux, accorder ses bienfaits à ceux qui persévèrent dans son service. Car, de même que Dieu n’a besoin de rien, de même l’homme a besoin de la communion de Dieu. Car la gloire de l’homme, c’est de persévérer dans le service de Dieu. C’est pourquoi le Seigneur disait à ses disciples : Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, mais moi qui vous ai choisis, indiquant par-là que ce n’était pas eux qui le glorifiaient en le suivant, mais que, du fait qu’ils suivaient le Fils de Dieu, ils étaient glorifiés par lui. Et encore : Je veux que, là où je suis, ceux-là soient aussi, afin qu’ils voient ma gloire. Nulle vantardise en cela, mais volonté de faire partager sa gloire à ses disciples.