2° lecture Dimanche de la 7ème semaine du Temps Pascal

Actes 24, 1-27

Plaidoirie de Paul devant le gouverneur Félix

Saint Jean Chrysostome

Homélie 50 sur les Actes des Apôtres, OC 15, p. 352s

           Le gouverneur Félix, lui ayant fait signe de parler, Paul répondit : Je n’ignore pas avec quelle justice, depuis plusieurs années, tu administres cette province, je parlerai donc avec confiance en vue de me justifier. Tu peux savoir qu’il n’y a pas plus de douze jours que je montai à Jérusalem pour adorer Dieu. Personne ne m’a trouvé dans le Temple disputant, rassemblant le peuple ; personne ne peut prouver les accusations dirigées contre moi. Dire à un juge qu’il administre selon la justice, ce n’est pas le langage de l’adulation ; le langage de l’adulateur, le voici : « C’est à toi, excellent Félix, que nous devons la paix profonde dans laquelle nous vivons ! » Alors, pourquoi ces séditions continuelles par tous ces excités ? Ainsi les uns poussaient le gouverneur à une condamnation injuste, l’autre ne demandait que justice ! De là, ces paroles de Paul : Je parlerai avec confiance en vue de me justifier. Pour se justifier, il s’appuie sur le temps depuis lequel Félix gouvernait le pays : Je n’ignore pas avec quelle justice depuis plusieurs années tu administres cette province. Qu’importe ce point à la justification de l’apôtre ? Il importe beaucoup : c’est une preuve que Félix sait par lui-même que Paul n’a commis aucun des crimes dont on l’accuse. Si Paul eut soulevé quelque séditions, le gouverneur ne l’ignorerait pas, un fait d’une telle importance ne serait point passé inaperçu. L’accusateur n’ayant pu rien établir pour Jérusalem, il n’hésite pas à parler des Juifs répandus dans le monde entier, entassant ainsi mensonge sur mensonge. A cette assertion, l’apôtre répond par ces mots : Je montai à Jérusalem pour adorer Dieu, tant j’étais éloigné de penser à soulever des séditions. Il ne pousse pas plus loin cet argument d’une solidité d’ailleurs incontestable. Ils ne m’ont pas trouvé dans le Temple ni disputant, ni rassemblant le peuple dans les synagogues ou dans la ville. C’est l’exacte vérité. Tandis que son accusateur le qualifie de chef, comme s’il y eût des combats livrés ou des divisions intestines provoquées, écoutez avec quelle douceur Paul répond : Je confesse devant toi, Félix, que, suivant la religion qu’ils appellent secte, je sers le Dieu de mes pères, croyant tout ce qui est écrit dans la Loi et chez les Prophètes, ayant en Dieu l’espérance qu’ils ont eux-mêmes en la résurrection future des bons et des méchants.