2° lecture Dimanche de la 6ème semaine du Temps Pascal – A

Actes 20, 17-38

Parfaire le ministère

Dom Jacques Dupont

Le discours de Millet, testament pastoral de Paul, LD 32, p. 98s

          Dans le Nouveau Testament, le mot diaconie s’applique à deux types de service très différents : le service temporel et le service spirituel.

            Au sens temporel, la diaconie concerne les services que l’on rend à quelqu’un en s’occupant de tout ce qui concerne son alimentation : en lui préparant ses repas, en le servant à table, en lui procurant le nécessaire ; en ce dernier sens, il est souvent question du service que les chrétientés du monde gréco-romain rendent à la communauté de Jérusalem en envoyant des secours à ses pauvres. Au sens spirituel, la diaconie désigne le ministère de la prédication ; celui qui annonce l’évangile sert le Christ, auquel il rend témoignage, ou sert ceux qui l’écoutent et auxquels il offre la parole du Salut.

            La nature de la diaconie que l’apôtre se préoccupe de mener à bonne fin est définie par deux précisions : Paul a reçu cette diaconie du Seigneur Jésus et elle consiste à rendre témoignage à l’évangile de la grâce de Dieu. En vertu de son service, Paul doit rendre témoignage au sens de la publication du message évangélique qui est son sens prédominant dans les Actes. L’objet de ce témoignage est l’évangile de la grâce de Dieu. Cette expression ne se retrouve pas ailleurs dans la Nouveau Testament, mais les Actes fournissent deux expressions parfaitement équivalentes : dans ce même discours de Millet, Paul confie ses auditeurs à Dieu et à sa Parole de grâce ; et dans le récit du premier voyage missionnaire, Luc rapporte que Paul et Barnabé restèrent assez longtemps à Iconium, remplis d’assurance dans le Seigneur, qui rendait témoignage à la parole de sa grâce en opérant signes et prodiges de leurs mains. La synonymie qui existe entre la parole ou le message de grâce, et l’évangile ou la bonne nouvelle de la grâce est évidente.

            La diaconie que Paul a reçue du Seigneur, l’oblige à rendre témoignage à l’évangile de la grâce de Dieu, c’est sa charge apostolique elle-même. Tout le reste lui paraît négligeable. Il ne fait aucun cas de sa propre vie, la seule chose qui compte à ses yeux étant désormais l’accomplissement de sa mission d’évangélisation. Dieu l’a choisi entre tous pour lui confier ce ministère, le Seigneur Jésus s’en est remis à lui pour porter aux hommes les fruits de son sacrifice rédempteur. De la grandeur de cette mission qui l’associe étroitement à l’œuvre du salut des hommes, Paul a trop haute conscience pour ne pas se consacrer tout entier à sa réalisation. Il n’y a de place chez lui pour aucune autre considération étrangère à ce service ; les souffrances, la captivité, la mort, rien de l’arrêtera, rien ne pourra l’empêcher de rendre témoignage à l’évangile de la grâce de Dieu.