Jeudi de la 4ème semaine du Temps de Carême

Nombres 3,1-13 + 8,5-11

Les prêtres de l’Ancienne Alliance

Père Roland de Vaux

Le sacerdoce de l’Ancien Testament, VS 46, Supplément, p. 132s

        D’après le nom qu’il porte, Cohen en hébreu, le prêtre est un personnage qui, au nom de la communauté, se tient devant Dieu pour le servir. Son service le met en relation avec Dieu, d’abord là où il se rend spécialement présent, c’est-à-dire dans le sanctuaire. Cette liaison du prêtre et du sanctuaire est universelle. Il entretient le sanctuaire, accueille les visiteurs, reçoit leurs dons.

        Lorsque se fonde au désert la Théocratie israélite le centre du culte est le Tabernacle. Il est la Demeure de Dieu : c’est là que Dieu se rend présent, qu’il se rencontre avec Moïse, de là qu’il lui parle. Les prêtres ont le soin du sanctuaire et leur service est appelé une garde. Aaron et ses fils campent à l’entrée du pavillon sacré, et quiconque d’autre s’en approche doit être mis à mort. Mais le Tabernacle est mobile, associé aux destinées errantes du peuple : les prêtres se déplacent avec lui, et sont chargés de son transfert.

Les destinées du sacerdoce israélite suivirent donc naturellement celles du sanctuaire. Par le transfert de l’arche sous David, puis par la construction du Temple par Salomon, le centre du culte fut définitivement fixé dans la capitale politique. Le clergé de Jérusalem en reçut un lustre spécial et une consécration officielle. On sait combien l’unité théorique du sanctuaire mit de temps à vaincre la résistance des vieux usages populaires, mais il est intéressant de souligner que les efforts accomplis pour la centralisation du culte allèrent de pair avec un regroupement du sacerdoce.

La liaison entre le prêtre et le sanctuaire est aussi fortement marquée dans le plan de restauration tracé par Ezéchiel. Il manifeste en toutes ses parties un effort pour se rattacher par-delà la période d’infidélité de la monarchie à l’idéal de la théocratie ébauchée au désert.

        Si le prêtre est attaché au sanctuaire, c’est pour y servir Dieu, c’est-à-dire pour y exercer le ministère sacré. Il est l’homme du culte, et, comme l’acte central du culte est l’offrande du sacrifice, on peut dire que le prêtre est l’homme du sanctuaire parce qu’il est celui du sacrifice qu’on y offre.