Samedi de la 5ème semaine du Temps Ordinaire

Genèse 49, 1-28 + 33

 Les bénédictions de Jacob

Saint Hippolyte de Rome

Sur les bénédictions d’Isaac, de Jacob, et de Moïse, n° 12… 26

         Jacob appela ses fils, il les bénit chacun selon sa bénédiction. En fait, les bénédictions de Jacob se concentrent sur celui qui de Juda va naître et en Joseph est préfiguré. Car dire à Ruben : Dur en emportement et dur en arrogance, tu as débordé comme l’eau, ne bouillonne pas ; et dire de Siméon et de Lévi : Maudite soit leur colère, parce qu’elle est arrogante, et  s’est endurcie, ce n’est point paroles de bénédictions, mais bien des reproches. Dire au contraire : Toi, Juda, puissent tes frères te louer ! Tes mains seront sur le dos de tes ennemis ; les fils de ton père t’adoreront, oui, cela semble bien être une bénédiction.

         Mais, dira-t-on, pourquoi a-t-il paru bon au prophète d’adresser à Juda une telle bénédiction, alors qu’il n’a rien fait de pareil pour ses frères aînés ? Sache-le, c’est que de la tribu de Juda devait naître David, et de David, le Christ en sa chair. Alors Jacob, connaissant selon l’Esprit les événements futurs, bénit David, le descendant de Juda, et aussi le Christ qui devait naître de David en sa chair. Le Christ recevrait ainsi de Dieu la bénédiction, non seulement selon l’Esprit, mais aussi selon son humanité.

         Jacob proclame donc : Toi, Juda, puissent tes frères te louer ! Qui sont ces frères qui louent et adorent sinon les apôtres à qui le Seigneur disait : Vous êtes mes frères et mes cohéritiers ? Jacob ajoute : Tes mains seront sur le dos de tes ennemis. N’est-ce pas affirmer qu’en étendant les mains sur la croix, le Christ fut assez fort pour triompher des Puissances adverses ? N’est-ce pas dire qu’il est devenu Seigneur et Maître de ceux qui furent ses ennemis selon la chair, qu’il a été établi par le Père Juge Universel ?

         Jacob bénit aussi Joseph avec plus de magnificence que tous ses frères ; il voyait, préfigurés en lui, les mystères qui se réaliseraient dans le Christ. Ainsi ce n’est pas Joseph que le prophète bénit, c’est celui dont il est l’image ; il dit en effet : Joseph est pour moi un fils qui va toujours croissant. La grâce du Christ est effectivement allée en croissant dans le monde, elle s’est multipliée parce qu’il a reçu le nom parfait de Seigneur. Mon Dieu t’a béni, poursuit Jacob, bénédiction du ciel, bénédiction de la terre qui contient tout, car Dieu a vraiment tout mis sous ses pieds, afin qu’il soit manifesté comme Seigneur des anges et des hommes.