3° lecture Fête de la Dédicace de la Basilique du Latran

Jean 2, 13-22

« Le zèle de ta maison me dévore » Paul VI

Saint John-Henry Newman

Sermons paroissiaux, tome 2 : L’Année chrétienne, p. 323s

        Le zèle est l’une des qualités fondamentales du chrétien, inhérente à la notion de l’homme religieux. Un homme ne saurait prétendre être sincère en religion, s’il n’exaltait son Dieu et Sauveur ; si son cœur n’est pas à ce point rempli de la sainteté et de la gloire de ce Dieu merveilleux, qu’il soit constamment enclin à la louange et à l’adoration joyeuse ; au point d’être peiné et chagriné par tout affront qui serait causé à son nom, et d’avoir un seul désir, celui de le venger. En un mot, posséder un tempérament religieux, c’est avant tout faire preuve d’une indéfectible loyauté envers Dieu, grâce à son expérience des choses de la vie courante. Etre loyal, ce n’est pas seulement obéir, mais c’est obéir avec promptitude, avec un sens énergique du devoir, une dévotion désintéressée, sans s’inquiéter des conséquences. Tel est le zèle, avec en outre ce sentiment de respect qui est dû par toute créature pécheresse à son Créateur, et à lui seul. C’est le principe fondamental de tout service religieux que d’aimer Dieu plus que toutes choses ; or, le zèle, c’est de l’aimer plus que tous les hommes, plus que ses amis les plus chers et les plus intimes.

        De plus, le zèle est la consécration des ministres de Dieu pour leur office. C’est ainsi que, c’est par deux actes de zèle que notre Sauveur, le grand prêtre unique, l’archétype de tous les prêtres qui sont venus avant lui, et le chef suprême de tous ceux qui viennent après lui, accomplit la première manifestation de sa nature et de son ministère. C’est à l’âge de douze ans qu’il nous donna la preuve solennelle de la sainteté de sa mission, lorsqu’il resta dans le Temple tandis que son père et sa mère le cherchait dans l’angoisse ; et lorsqu’ils l’eurent trouvé, il leur répondit : Ne savez-vous pas qu’il faut que je m’occupe des affaires de mon Père ? Une autre fois, tout au début de son ministère public, il entra dans le Temple, et il fit un fouet de cordes, il chassa du Temple tous les marchands avec les brebis et les bœufs ; il répandit aussi la monnaie des changeurs et renversa leurs tables, qui le profanait, accomplissant ainsi la prophétie : Le zèle pour ta maison me dévore.