3° lecture Dimanche de la 31ème semaine du Temps Ordinaire

Luc 19, 1-10

Jésus et Zachée Paul VI

Saint Pierre Chrysologue

Sermon 54, site : pierre_sermons

        En relatant dans l’évangile d’aujourd’hui la foi et l’humanité de Zachée, saint Luc nous élève et nous attire vers la joie céleste. Jésus traversait la ville de Jéricho. Pourquoi traversait-il cette ville ? Jéricho est la ville que Josué avait jetée par terre en jouant sept fois de la trompette. Comme Jésus est venu sauver ce qui périssait, aussi traverse-t-il Jéricho pour que la pieuse clameur de sa prédication la redresse.

Et voici un homme du nom de Zachée qui était publicain en chef, et riche. La personne et le bureau de percepteur manifestent la grandeur de la faute pour que cette faute fasse resplendir la grandeur de Celui qui la remet. Zachée cherchait à voir Jésus. Celui qui cherche à voir le Christ regarde le ciel d’où vient le Christ, non la terre où se trouve l’or. Le riche qui regarde en haut ne transporte pas son or sur son dos, mais le foule aux pieds ! Son dos n’est pas affaissé par les richesses, il est allégé par elles. Et il se sert des richesses pour soulager la misère d’autrui par ses largesses, non pour s’asservir à un amour désordonné des richesses. Car l’avare n’est pas le maître, mais l’esclave de ses richesses.

        Zachée cherchait à voir Jésus, mais il ne le pouvait pas à cause de la foule, car il était petit de taille. Il était déjà passablement grand par l’âme, celui qui semblait petit à cause de son corps, car il atteignait les cieux par la pensée celui qui n’était pas à la hauteur des hommes. Que personne donc ne se soucie de la petitesse de sa taille, mais qu’il mette toute son attention à ce que son esprit soit éminent.

        Courant en avant, il grimpa sur un arbre. Cet homme a méprisé la terre, s’est élevé au-dessus de l’or, a transcendé l’avarice ; il est monté au-dessus de toute la masse des richesses, pour que, bondissant sur l’arbre du pardon, il saisisse les fruits de la miséricorde, et pour que, de l’observatoire de sa confession, il aperçoive l’indulgent qui pardonne.

        Il grimpa sur un sycomore pour voir Jésus qui allait passer par là. Il a raison d’employer le mot passer, car le Christ n’est pas venu pour demeurer sur les routes humaines, ni dans les labeurs humains. Quand Jésus fut arrivé au lieu, levant les yeux, il le vit. Comme s’il n’aurait rien vu s’il n’avait pas levé les yeux, Celui qui, absent, a vu Nathanaël de loin sous le même arbre ! Il l’a vu. Il l’a vu pour lui apporter le pardon, il a fixé les yeux sur lui pour lui communiquer la grâce, il l’a regardé pour lui donner la vie, il l’a contemplé pour lui procurer le salut. Dieu ne cherche pas à connaître celui qu’il voit comme s’il l’ignorait, mais il veut voir celui qu’il connaît pour l’amener dans sa gloire.