Samedi de la 22ème semaine du Temps Ordinaire

Amos 5,17 – 6,14

Qu’il y ait place chez toiPaul VI pour les pauvres, ces amis de Dieu

Saint Grégoire de Nysse

Riches et pauvres dans l’Eglise ancienne, Ichtus 6, p. 143s

        Chaque lettre de la Bible nous enseigne l’imitation de notre Seigneur et Créateur, autant qu’un mortel puisse prétendre l’imiter ; or, nous accaparons tout au profit de nos intérêts personnels, soit que nous dépensions notre fortune pendant notre vie, soit que nous l’accumulions pour nos héritiers. Des malheureux, nous n’en avons cure ; des affligés, aucun souci ! Implacable dureté, cœurs sans pitié !

        Un homme voit un homme manquer de pain, pressé par la famine. Au lieu de le secourir, promptement et de chercher à lui porter secours, il l’abandonne avec mépris, et le laisse mourir comme une plante qui s’étiole sur une terre aride. Pourtant chez cet homme, l’abondance déborde, et avec ses biens il pourrait aider bien des pauvres. La prospérité d’un seul peut sauver une foule de pauvres, pourvu que n’y fassent obstacle avarice et égoïsme, comme un rocher qui, jeté au milieu du ruisseau,  l’empêche de courir dans les champs !

        Que tout ne soit pas pour la chair ! Vivons aussi un peu pour Dieu. Les plaisirs de la table ne flattent que notre estomac… Miséricorde et bienfaisance sont œuvres aimées de Dieu, elles divinisent celui qu’elles habitent et le façonnent à la ressemblance de Dieu et le rendent image de l’Être éternel qui surpasse toute intelligence.

        Mais quelles récompenses promettent-ils à nos efforts ? Ici-bas, une belle espérance, une attente frémissante de joie ; dans l’au-delà, après avoir quitté notre chair mortelle, nous serons revêtus d’immortalité et vivrons une félicité que rien ne pourra altérer, ni interrompre, plénitude de joie admirable dont nous n’avons pas ici-bas la moindre idée.

        Puisqu’on vous a créés raisonnables, et qu’on vous a donnés une intelligence qui vous rende sensibles et claires les vérités célestes, ne vous laissez pas abuser par les réalités passagères. Acquérez les richesses qui ne peuvent échapper à celui qui les possède. Limitez vos désirs ; tout n’est pas à vous ! Qu’il y ait place aussi pour les pauvres, partagez avec eux, ne sont-ils pas les amis de Dieu ? Tout appartient à Dieu, notre Père à tous. Ne sommes-nous pas tous frères ? Pour des frères, le meilleur et le plus juste ne serait-il pas d’avoir une part égale de l’héritage ?