Jeudi de la 22ème semaine du Temps Ordinaire

Amos 4, 1-13

« Vous n’êtes pas revenus à moi, oracle du Seigneur »Paul VI

Bienheureux Oger

Sermon 11 du bienheureux, Abbé de Leyme, OC 6, p. 456s

        Plût au ciel qu’ils sussent et comprissent de quelle amertume il est d’avoir abandonné la fontaine de la vie, l’auteur des délices les plus exquises, le Seigneur du monde, la joie éternelle, Notre Seigneur Jésus le Christ, lui qui nous a délivrés de la mort par son sang vermeil. Si vous aviez vite senti combien vous alliez l’offenser, la myrrhe ne couvrirait pas votre visage de son écorce. Ô quelle misérable transformation, ô quelle aveugle cupidité ! La discipline sainte est devenue blâmable, le cloître religieux en lieu de liberté, le moine en baladin ! De tels changements ne sont pas l’œuvre du Très-Haut. Ô quelle triste transformation ! S’éloigner de Jésus-Christ et s’attacher au démon, mépriser le Rédempteur, chérir celui qui tue, quitter les vestiges de Jésus-Christ et se mettre à courir dans les méandres nuisibles du diable, laisser la route qui mène à la vie, et se mettre dans le chemin qui mène à la mort ! S’il en est qui ait fait cet échange, quel qu’il soit, qu’il écoute mes paroles, et qu’il ne dédaigne pas d’accepter un bon conseil : Vous avez péché ?Arrêtez-vous, ne péchez plus. Ainsi parle saint d’Israël : si vous revenez et vous reposez, vous serez sauvés : parce que le Seigneur vous attend pour avoir pitié de vous. Retournez donc au Seigneur, votre Dieu, et il s’apaisera de la colère qu’a excitée en lui votre malice. Revenez à lui par le chemin qui mène à lui, le chemin du cœur, de la bouche, de l’œuvre, de la crainte, de la douleur. Revenez à lui par le chemin de l’amour, du cœur contrit, des lèvres qui chantent ses louanges, et des œuvres droites. Revenez à lui par la voie de la crainte pour n’être pas conduit au supplice. Revenez à lui par la voie de la douleur parce que vous avez beaucoup offensé Jésus-Christ. Revenez à lui par la voie de l’amour pour aimer le Christ qui vous attend patiemment depuis si longtemps. Gémissez, souffrez, plaignez-vous, pleurez. Ne vous épargnez pas pour qu’il veuille vous ménager. Serrez vos reins, rasez vos cheveux, revêtez-vous d’un sac, roulez-vous à terre, et dites à Jésus : Ô Jésus, aie pitié de moi, sois-moi Jésus, sois-moi Sauveur, aie pitié de moi toi qui a répandu, pour notre salut, ton sang aimable, parce que nul homme ne sera justifié si tu ne lui accorde la rémission de ses fautes. Que ton jugement n’écrase pas celui que soulage ta bonté.