Mardi de la19ème semaine du Temps Ordinaire

2 Rois 6, 8-23

Elisée et le roi de SyriePaul VI

Saint Jean Chrysostome (latin)

Elisée et le dévoilement des embûches des syriens, le saint prophète Elisée, Bellefontaine, p. 165s

        Au temps du saint père Elisée, pour manifester la puissance miraculeuse de Dieu et la démonstration de sa force, les syriens déclarent la guerre aux fils d’Israël : le combat futur est annoncé d’une manière très menaçante. En ce combat, les ennemis tendent des embûches dans le camp, les adversaires préparent des ruses, on établit des refuges pour tromper ; et le peuple de Dieu est vaincu moins par la guerre que par la fausseté des embûches.

        Le saint prophète Elisée dévoile cela en envoyant dire au roi d’Israël : Observe l’endroit, mon fils, car les Syriens se fient à ce lieu. Eviter un tel lieu rend les Israélites sains et saufs, et les Syriens plus resserrés. Alors le roi des Syriens convoqua les siens : Dites-moi, ditil, qui m’a dénoncé aux Israélites, qui a dévoilé les projets de mes embûches, qui a indiqué les tromperies que nous avons dressées contre eux ? Ils répondent : Personne ne t’a dénoncé, personne n’a révélé tes projets, mais il y a chez eux un très saint prophète. Si tu penses quelque chose, il le connaît ; si tu dis quelque chose, il le sait, et, quoi que tu aies décidé en secret, il le connaît. Ce même prophète leur a rapporté tout cela, il a signalé toutes tes décisions. Elisée était situé sur une montagne plus haute que le monde, plus proche du ciel. Il était situé dans un temple, regardant de haut ce qui se passe sur la terre en dessous de lui ; il ne s’adonne pas à un entretien avec des hommes, lui qui par des entretiens de prière avait été uni à Dieu.

        Aussi, le roi de Syrie envoie-t-il alors des armées, il rassemble une forte troupe, excite des soldats pour qu’ils assiègent la montagne et lui amène l’homme de Dieu. L’ennemi très dangereux s’est moqué de lui-même, il s’est ridiculisé, et par un propos insensé a perçu au sujet de l’homme de Dieu autre chose que ce qu’il aurait dû. Car s’il ne considérait pas Elisée comme homme de Dieu, pourquoi envoya-t-il une forte troupe ? Ou s’il le savait homme de Dieu, pourquoi ignora-t-il  qu’il était armé contre lui par la puissance de Dieu ? Ou bien un petit nombre d’hommes ne pourrait amener un simple particulier, ou bien son armée aurait pu l’emporter sur un homme de Dieu. L’insensé en effet a dû croire qu’il ne pouvait aller contre celui-ci, dont il avait appris qu’il dévoilait ses embûches secrètes.