Jeudi de la 18ème semaine du Temps Ordinaire – Mémoire de saint Dominique

2 Rois 2, 1-15

La Règle apostoliquePaul VI

Père M. H. Vicaire

Saint Dominique en Languedoc, Cahiers de Fanjeaux, n° 1, p. 75s

        C’est à Montpellier, en 1206, que le jeune chanoine d’Osma, Dominique, reçut de son évêque l’idéal évangélique qu’il communiquera plus tard à l’Ordre des Prêcheurs. Ce que l’on peut appeler une Règle évangélique n’est qu’un programme de mission, une reprise parallèle de la mission de Galilée dans les synoptiques. On y trouve cinq points distincts.

        Tout d’abord, les prédicateurs ont reçu mission de l’Eglise, car la mission visible de l’Eglise est, à l’époque, l’expression  quasi-sacramentelle de la volonté du Christ.

        Deuxième point : l’Officium, le ministère par lequel Jésus confie aux apôtres le soin de proclamer que le Royaume des cieux est proche, convertissez-vous et croyez à l’Evangile.

        Troisièmement, l’attitude de pauvreté totale, qu’est en réalité l’abandon à la charité quotidienne tout particulièrement à la charité de ceux auxquels on est envoyé.

Quatrièmement, l’itinérance, aller de ci, de là ; les prédicateurs faisaient le circuit des villages et des bourgades du Languedoc, comme les apôtres en Galilée.

Enfin, cinquième point, l’amorce d’une vie commune : Allez deux par deux. Le but est d’assurer aux prédicateurs le minimum de pratique de la charité fraternelle qui appuie le témoignage de la parole par le témoignage de la vie selon le commandement nouveau : Aimez-vous les uns les autres.

        Voilà donc le programme que Dominique reçoit à Montpellier, et que, pendant une dizaine d’années, il pratique dans le Midi de la France avec un grand élan. En recueillant les échos de cette période de la vie de Dominique, on a l’impression que ce fut la période la plus fraîche, la plus joyeuse ; non qu’il n’ait connu plus tard bien des joies, mais la joie la plus directe, la plus spontanée, presque une joie d’enfant qui se livre à sa générosité sous l’impulsion de l’Esprit, c’est là qu’il l’a connue. Il s’y livre au feu intérieur qui le possède et à la joie de pratiquer presque littéralement l’Evangile. Quelles années tout évangéliques !