2° lecture Fête de saint Laurent

Acte 6,1-8 + 8,1…8

Saint Laurent, martyrPaul VI

Saint Ambroise de Milan

La passion de saint Laurent, De officiis ministrorum, PL 16, 84-86

        Lorsque Laurent vit que l’on conduisait l’évêque Sixte au martyre, il se mit à pleurer. Ce n’était pas la souffrance de son évêque qui  lui arrachait des larmes, mais le fait qu’il partît au martyre sans lui. Il lui dit : « Où vas-tu, Père, sans ton fils, vers quoi te hâtes-tu, prêtre saint, sans ton diacre ». Et Sixte de lui répondre : « Je ne t’oublie pas, fils, ni ne t’abandonne. Mais je te laisse des combats plus grands à soutenir. Je suis vieux et je ne puis soutenir qu’une lutte légère. Quant à toi, tu es jeune, et il te reste un triomphe plus glorieux à obtenir contre le tyran. Tu viendras bientôt, sèche tes larmes, dans trois jours tu me suivras. C’est l’espace qui convient entre le prêtre et le lévite. Il n’était pas digne de toi de combattre à mes côtés, comme si tu avais encore besoin de mon secours. Que me demandes-tu de communier à ma Passion ? C’est tout entière que je te la donne en héritage. Qu’as-tu besoin de ma présence ? Elie a bien laissé Elisée. Eh bien ! Je remets entre tes mains la succession de mon pouvoir. » Tel était le débat, dont on voit la grandeur, où le prêtre et le diacre luttaient pour savoir lequel souffrirait le premier pour le nom du Seigneur.

        Trois jours après, Laurent est arrêté. On lui demande d’amener les biens et les trésors de l’Eglise. Il promet d’obéir ; le lendemain, le revient avec les pauvres. On lui demande où étaient ces trésors qu’il devait amener. Il montre les pauvres en disant : voilà les trésors de l’Eglise. Quels trésors meilleurs aurait le Christ, que ceux-là même dans lesquels il a dit être : Ce que vous aurez fait à l’un de ces petits, c’est à moi que vous l’avez fait. Laurent montré ces trésors-là ; et fut vainqueur, car le persécuteur n’eus aucune envie de les lui ôter. Mais dans sa rage, il fit placer Laurent sur un gril. Brûlé, il dit : « C’est cuit, retourne et mange si tu veux », montrant par la force de son cœur qu’il ne craignait pas la brûlure du feu.