Vendredi de la 7ème semaine du Temps Pascal

2 Jean

L’assistance de l’Esprit dans les œuvres du salut

Saint Léon le Grand

Sermon 2 sur la Pentecôte, 4, SC 74bis, p. 301s

        Les apôtres, avant la Passion du Seigneur, n’étaient pas davantage privés du Saint-Esprit, pas plus que la vertu de cette puissance n’était absente des œuvres du Sauveur. Et lorsque le Seigneur donnait aux disciples le pouvoir de guérir les maladies et celui de chasser les démons, il leur accordait certes l’efficacité de cet Esprit dont l’impiété des Juifs niait qu’il usât pour commander aux esprits immondes. Aussi méritaient-ils de s’attirer pour de tels blasphèmes cette sentence du Seigneur : Tout péché et blasphème sera remis aux hommes, mais le blasphème contre l’Esprit ne sera pas remis. D’où il ressort que le pardon des péchés ne se fait pas sans l’assistance de l’Esprit et que personne ne peut, sans lui, gémir comme il convient, ni prier comme il faut : Nous ne savons que demander pour prier comme il faut, mais l’Esprit lui-même intercède pour nous en des gémissements ineffables, nous dit Paul lequel poursuit ailleurs : Jésus est Seigneur, que sous l’action de l’Esprit-Saint. Etre sans lui est ce qu’il y a de plus mortel et de plus funeste, car celui-là ne saurait jamais obtenir le pardon que son avocat abandonne.

        Bien-aimés, tous ceux qui avaient cru dans le Seigneur Jésus avaient l’Esprit-Saint répandu en eux, et les apôtres avaient déjà reçu le pouvoir de remettre les péchés, pouvoir que, après sa résurrection, le Seigneur leur avait donné en soufflant sur eux et disant : Recevez l’Esprit-Saint ; ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis ; ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus. Mais à la perfection qui devait être conférée aux disciples, était réservée une grâce plus haute et une effusion plus abondante, par laquelle ils prendraient possession de ce qu’ils n’avaient pas encore reçu et pourraient avoir plus excellemment ce qu’ils possédaient déjà. Aussi le Seigneur leur disait-il : J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez pas les porter maintenant. Quand viendra cet Esprit de vérité, lui vous conduira vers la vérité tout entière. Car il ne parlera pas de lui-même, mais tout ce qu’il entendra, il le dira et il vous annoncera les choses à venir. En effet, il me glorifiera, car c’est de mon bien qu’il prendra pour vous en faire part.