Vendredi 10 Temps Ordinaire

Josué 7, 4-26

Si tout va mal, à qui la faute ?Paul VI

Saint Jean Chrysostome

Homélie 1 sur Ozias, n° 4-6, OC 10, p. 250s

        Les affaires de l’état vont mal, dit-on ; mais à qui la faute ? A l’incapacité de ceux qui nous gouvernent, répond-on.

        Non, ce n’est pas leur incapacité qui est en cause, ce sont nos péchés ; si tout va mal, c’est le salaire de nos manquements. Voilà ce qui a tout mis sens dessus dessous, voilà ce qui a amené tous les malheurs, préparé les conflits, produit les revers. L’accumulation de nos déboires n’a pas d’autre cause. Aurions-nous pour nous gouverner un Abraham, un Moïse, un David, un Salomon avec toute sa sagesse, ou le plus juste de tous les hommes, si nous nous conduisons mal, cela ne change rien à la cause des maux !

        Pourquoi cela ? Comment l’expliquer ?

        Pourquoi dire que les transgressions de tout un peuple produisent ce triste résultat, alors qu’il suffit de la faute d’un seul pour réduire à néant la liberté d’action d’un gouvernement juste ? C’est ce qui arriva à cause de la faute d’un seul homme, lorsque Akan prit un vêtement brodé parmi les objets qui tombaient sous l‘anathème, enflammant ainsi la colère de Dieu contre le peuple. Or, cet Akan était de ceux qui avaient traversé le Jourdain avec Jésus, fils de Noun, ce Jésus choisi entre tous, par la volonté de Dieu, comme successeur de Moïse, et qui, de plus, était l’image et le type de Jésus Christ, notre véritable Sauveur.

        Alors que les murs de Jéricho allaient s’écrouler, Jésus avait dit au peuple : Cette ville sera anathème, pour le Seigneur Sabaoth, avec tout ce qu’elle contient. Tout ce qui se trouve dans la ville est consacré, dit-il, car tel est le sens du mot anathème. Que personne donc ne s’approprie rien de ce qui est dédié à Dieu, sinon il nous exterminera de la terre.

        Vois-tu comment la faute d’un seul fait fondre le châtiment sur tout le peuple ? Comment elle fait, de tout le peuple, l’ennemi de Dieu ? Or Jésus, dit le texte, envoya des hommes de Jéricho jusqu’Aï. Ils montèrent au nombre de trois mille ; ils prirent la fuite devant les habitants de Aï. Le cœur du peuple fut frappé de terreur. Un seul a transgressé l’interdit et sur tout le peuple planent la mort et l’épouvante. Tel est le prix de la transgression, tel est le juste jugement de Dieu.

        Sachant cela, regardons l’irruption de nos malheurs comme le salaire de nos propres fautes ; chaque jour, examinons soigneusement ce que nous avons à nous reprocher, et n’accusons pas les autres, mais nous-mêmes. Ce n’est donc pas seulement l’incapacité de ceux qui nous gouvernent qui accumule sur nous tous les maux, c’est bien plutôt nos propres fautes.