Mercredi de la 11ème semaine du Temps Ordinaire – Mémoire de saint Romuald

Juges 6, 1-6+11-24

Saint Romuald, Abbé

Dom Prosper Guéranger

L’Année liturgique, Temps de la Septuagésime, p. 307s

        Romuald, né à Ravenne, fils de Sergius, homme de noble race, se retira dès sa jeunesse dans le monastère de Classe, proche de la ville, pour y faire pénitence. Les paroles d’un saint religieux l’animèrent fortement à la piété, et, à la suite de deux apparitions qu’il eut de saint Apollinaire, pendant la nuit, dans son église, il se fit moine selon la prédiction que lui en avait fait ce serviteur de Dieu. Peu après, il se rendit auprès d’un personnage nommé Marin, célèbre par sa sainteté et par son austérité de vie, sur les terres des Vénitiens, désirant l’avoir pour maître et pour guide, dans le chemin étroit et sublime de la perfection.

        Il eut à souffrir les embûches de Satan et l’envie de la part des hommes, mais il s’en montrait d’autant plus humble, s’exerçant assidûment aux jeûnes et à la prière. Lorsqu’il se livrait à la contemplation des choses célestes, il répandait d’abondantes larmes, mais il ne se laissait pas d’avoir toujours le visage si joyeux qu’il réjouissait tous ceux qui le considéraient. Il fut en grand honneur auprès des rois et des princes, et plusieurs, par son conseil, renoncèrent aux attraits du monde, et se retirèrent dans la solitude. Enflammé du désir du martyre, il partit pour la Pannonie, dans l’espoir de l’y rencontrer. Mais une maladie qui le tourmentait à mesure qu’il avançait, et qui le quittait lorsqu’il revenait sur ses pas, l’obligea à s’en retourner.

        Il éclata par des miracles durant sa vie et après sa mort, et il eut aussi l’esprit de prophétie. Comme le patriarche Jacob, il vit une échelle qui s’élevait de la terre au ciel, et par laquelle montaient et descendaient des hommes vêtus de blanc ; il reconnut que cette vision merveilleuse désignait les moines Camaldules dont il a été le fondateur. Enfin, après avoir vécu cent vingt ans, et servi Dieu pendant cent ans par la vie la plus austère, il alla au ciel, l’an du salut mil vingt-sept. Son corps fut trouvé dans son intégrité, cinq ans après qu’il eut été enseveli, et on le déposa, avec honneur, dans l’église de son Ordre, à Fabriano.