Lundi 10 Temps Ordinaire – Mémoire de Marie, Mère de l’Eglise

Josué 1, 1-18

Marie, Mère de l’EglisePaul VI

Saint Paul VI, Discours pour la clôture de la 3ème session du concile

Documents pontificaux, le 21 novembre 1964, p. 947s

        C’est pour sa gloire et pour notre réconfort que nous proclamons la Très Sainte Vierge Marie « Mère de l’Eglise », c’est-à-dire de tout le peuple de Dieu, aussi bien les fidèles que les pasteurs, que nous l’appelons Mère très aimante ; et nous voulons que, dorénavant, avec ce titre si doux, la Vierge soit encore davantage honorée et invoquée par tout le peuple chrétien.

        De même que la maternité divine est le fondement de toute la relation spéciale de Marie avec le Christ et de sa présence dans l’économie du salut opéré par le Christ Jésus, de même elle constitue le fondement principal des rapports entre Marie et l’Eglise, car elle est Mère de celui qui, depuis le premier instant de l’Incarnation dans son sein virginal, s’est uni, en tant que chef, son Corps mystique qui est l’Eglise. Marie, donc, en tant que Mère du Christ, est Mère aussi de tous les pasteurs et fidèles, c’est-à-dire de toute l’Eglise.

        C’est donc l’âme pleine de confiance et d’amour filial que nous levons les yeux vers elle, malgré notre indignité et notre faiblesse. Elle, qui nous a donné avec Jésus la source de la grâce, ne manquera pas de secourir l’Eglise alors que, dans l’abondance des dons du Saint-Esprit, elle s’adonne avec un nouvel élan à sa mission de salut.

        Et notre confiance est encore ravivée et renforcée lorsque nous considérons les liens très étroits qui lient notre Mère du ciel au genre humain. Dans toute la richesse des prérogatives admirables dont Dieu l’a dotée pour la rendre digne d’être la Mère du Verbe incarné, elle n’en est pas moins toute proche de nous. Fille d’Adam, comme nous, et donc note sœur par le lien de la nature, elle est cependant la créature préservée du péché originel à cause des mérites du Sauveur, et qui, aux privilèges dont elle a bénéficié, joint la vertu personnelle d’une foi totale et exemplaire, méritant l’éloge évangélique : Bienheureuse, toi qui as cru.

        Durant sa vie terrestre, elle a réalisé la figure parfaite du disciple du  Christ, miroir de toutes les vertus, et elle a incarné les béatitudes évangéliques proclamées par le Christ. C’est pourquoi en elle, toute l’Eglise, dans son incomparable variété de vie et d’œuvres, atteint la plus authentique forme de l’imitation parfaite du Christ.