2° lecture Fête de saint Matthias

Jean 15, 9-17

Observez mes commandements : vous demeurerez dans mon amour

Saint Dorothée de Gaza

Entretiens Spirituels, tome 1, p. 67s

        Si nous aimions notre prochain, si nous partagions ses souffrances, si nous avions de la peine pour lui, nous ne verrions plus les défauts des autres. On lit dans les Livres Saints : L’amour efface un grand nombre de péché, et L’amour ne se souvient pas du mal, il excuse tout. Si nous aimons, l’amour lui-même effacera toutes nos fautes. Si nous aimons, nous regarderons les péchés des autres, comme les amis de Dieu les regardent. Est-ce qu’ils sont aveugles et ne voient les péchés des autres ? Non, bien sûr, personne ne déteste les péchés autant qu’eux ; mais ils ne détestent pas celui qui pèche, ils ne le jugent pas, ils ne fuient pas loin de lui. Au contraire, ils ont de la tendresse pour lui, ils lui donnent de bons conseils, ils le consolent, ils le soignent comme on soigne un malade. Les amis de Dieu font tout pour sauver ceux qui font des péchés.

Regardez les pêcheurs : quand ils jettent un hameçon dans la mer, et prennent un gros poisson, ils sentent qu’il bouge, qu’il lutte, mais ils ne tirent pas aussitôt le fil de toute leurs forces. La ligne, en effet, pourrait se casser et tout serait perdu. Au contraire, ils lâchent adroitement le fil et ils laissent le poisson aller où il veut. Quand ils le sentent épuisés et devenu calme, ils se mettent à tirer peu à peu. Les amis de Dieu font la même chose : ils attirent le frère avec patience et amour, au lieu de le chasser avec horreur. Les amis de Dieu font toujours ainsi pour protéger celui qui fait des péchés. Ils le mettent dans les meilleures dispositions possibles, ils se chargent de lui pour pouvoir le corriger au bon moment et l’empêcher de faire du mal à un autre. Eux aussi, du même coup, font beaucoup de progrès dans l’amour du Christ.

Si nous aimons, l’amour de Dieu effacera toutes nos fautes. Si nous aimons, nous regarderons les péchés des autres, comme les amis de Dieu les regardent. Ils attirent le frère avec patience et amour, au lieu de le chasser avec horreur. Nous aussi apprenons à aimer, apprenons à aimer avec tendresse en pardonnant aux autres. Ainsi nous éviterons cette chose terrible de dire du mal des autres, de les juger, de les mépriser. Aidons-nous les uns les autres. Soyez toujours prêts à nous aider les uns les autres, en enseignant, en semant la Parole de Dieu dans le cœur du frère, en le consolant quand il a des difficultés, en lui rendant service et en l’aidant dans son travail. Essayez, chacun selon votre pouvoir d’être unis aux autres ; en effet, plus on est uni au prochain, plus on est uni à Dieu.