Samedi de la 4ème semaine de Carême

Hébreux 10, 11-25

L’oblation du Christ est unique

Saint Cyrille d’Alexandrie

Commentaire sur saint Jean, 14, 3, PG 74, 184

        Notre Seigneur Jésus-Christ a inauguré pour nous une voie nouvelle et vivante en entrant, comme le dit l’auteur de la lettre aux Hébreux, non pas dans un sanctuaire fait de main d’homme, mais dans le ciel même, afin d’apparaître pour nous aux regards du Père. Car ce n’est pas pour se présenter lui-même aux regards de Dieu son Père que le Christ est monté ; il était, en effet, et il est, et il sera toujours dans le Père et sous les yeux de Celui qui l’a engendré, car il est celui en qui Dieu met toujours sa joie. Mais cette fois-ci, il monte pour se présenter comme homme, selon une économie insolite et inouïe, ce Verbe qui auparavant n’était pas revêtu d’humanité. Et cela, c’est pour nous, en notre faveur, de sorte qu’il soit là aussi trouvé comme un homme, et que l’homme soit trouvé comme Fils plein de puissance, et qu’avec sa chair il entende, dans la totalité de son être : Assieds-toi à ma droite, et que la gloire de la filiation passe par lui à tout le genre humain.

        Il est, en effet, l’un de nous, même quand il apparaît homme à la droite de Dieu, son Père. Même s’il est de soi au-dessus de toute créature et consubstantiel à Celui qui l’engendre, selon qu’il naît de lui, Dieu de Dieu, lumière de lumière en toute vérité, il est donc apparu comme homme devant le Père pour nous, afin de nous rétablir sous les regards de son Père, nous qui avions été chassés loin de ses regards, en conséquence de l’antique prévarication. Il s’est assis comme Fils, afin que, nous aussi, nous ayons la qualité de fils, enfants de Dieu.

        C’est pourquoi, l’auteur de la lettre atteste que le Christ parle en lui, écrit et enseigne, que ce qui est arrivé au Christ en personne est possédé en commun avec lui par l’ensemble de la nature humaine : il nous a ressuscités avec lui, et nous fait siéger aux cieux. Au Christ, Fils par nature, appartiennent en propre le trône, la dignité, la gloire ; mais parce que Celui qui trône est semblable à nous, il fait passer en nous la grâce de cette gloire.