Lundi Saint

Jean 12, 1-11

Marie et son parfum

Saint Nicolas Vélimirovitch

Homélies sur les évangiles des dimanches et jours de fête, p. 210s

        Six jours avant la Pâque, Jésus vint à Béthanie, où était Lazare, que Jésus avait ressuscité d’entre les morts. Où était le Seigneur auparavant ? L’évangile précédent montre qu’aussitôt après la résurrection de Lazare, Il s’était retiré dans une région voisine du désert, dans une ville appelée Ephraïm. Il s’était éloigné afin que les chefs hébreux ne L’arrêtent pas et ne Le tuent pas, car la résurrection de Lazare avait impressionné ces hommes insensés plus que tous Ses autres miracles.

        Au cours du repas, Marie, prenant une livre d’un  parfum de nard pur, de grand prix, oignit les pieds de Jésus et les essuya avec ses cheveux. Les évangélistes Matthieu et Marc disent que cette femme a versé le parfum sur la tête du Christ, et saint Marc précise même : Brisant le flacon, elle le Lui versa sur la tête. Les parfums les plus précieux étaient conservés dans des flacons bien soudés et solidement cachetés. Cette femme brisa le col du flacon, puis versa le parfum d’abord sur Sa tête, en signe de respect infini vers Lui et en guise d’humilité, puis sur Ses pieds. Elle n’avait pas essayé d’ouvrir lentement le flacon, mais le brisa dans l’intention de verser tout le parfum sur le Seigneur, sans rien laisser. Ainsi, tandis que Marthe servait dans la maison et autour de la table, comme toujours, Marie rendait, à sa façon, hommage au Maître. Deux sœurs exprimaient leur respect envers le Seigneur, de deux façons différentes. Marie s’était procuré un parfum de nard pur, et, conformément à la coutume orientale, l’avait versé sur la tête, puis sur les pieds de Celui dont la pureté surnaturelle avait nettoyé et parfumé son âme.

        Devant cela, Judas exprima son mécontentement et protesta parce que ce parfum précieux avait été versé pour rien. A quoi Jésus répondit : Laissez-la : c’est pour le jour de ma sépulture qu’elle devait garder ce parfum. Cette même bouche qui a dit : C’est la miséricorde que je veux, et non le sacrifice, et qui a dit au jeune homme riche : Vends tout ce que tu possèdes et donne-le aux pauvres, cette bouche justifie maintenant Marie pour avoir versé un parfum précieux. Ce geste de Marie représente autant un sacrifice qu’un geste de miséricorde, un acte de miséricorde envers le plus grand Pauvre qui ait jamais foulé cette terre. Ce que vous avez fait aux pauvres, vous l’avez fait à moi ; de même, ce que vous avez fait à moi, vous l’avez fait aux pauvres.