COMMUNIQUÉ

En raison de l’épidémie actuelle du COVID-19 (Coronavirus) et dans le souci de suivre les recommandations du gouvernement et de la conférence épiscopale : nous ne pouvons plus accueillir les fidèles durant les offices et la Messe, en semaine ou le dimanche.

De même l’hôtellerie est fermée.

La prière, est au cœur de la vie du chrétien, et plus spécialement de notre vie monastique. Nous portons dans notre prière la situation actuelle, celle des personnes âgées ou fragiles plus exposées à la maladie, celle des familles, ainsi que celle de tous les personnels soignants.

Merci pour votre compréhension.

 

HOMÉLIE

 Vendredi Saint 

La vie du Christ, hier soir, était d’être mangé, aujourd’hui ce que vit le Christ, nous venons de l’entendre dans ce long récit de la Passion : c’est être jugé, c’est être condamné, c’est être mis à mort, c’est être mis au tombeau. Si le Carême nous a été donné pour nous former à la vie avec le Christ, ce soir ces quatre mots : jugé, condamné, mis à mort, mis au tombeau nous concernent.

Qui n’a pas un jour été jugé ? Et qui n’a pas un jour juger, porter un jugement en bien ou en mal, au risque d’enfermer, de classer, de cataloguer. Il y a des jugements qui tuent, nous le savons bien.

Deux paroles de Jésus peuvent alimenter ce soir notre vie :

            l’une est un commandement dans le Sermon sur la montagne ne jugez pas pour ne pas être jugés ; de la manière dont vous jugerez, vous serez jugés (Mt 7, 1-2)

            l’autre est une réponse de Jésus à Pilate au cours de son procès : je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque appartient à la vérité écoute ma voix. (Jn 18, 37) Face à la Croix du Christ, soyons serviteurs de la vérité et de l’amour. Au soir de notre vie, comme Jésus,  nous serons jugés sur l’amour. (St Jean de la Croix)

Condamné, Jésus l’a été après un jugement inique. Notre vie ne peut donner forme à la vie du Christ sans qu’il y ait condamnation. Ne dit-on pas que l’on est condamné à ceci ou à cela ? Osons entendre ce soir, face à la Croix du Christ, que nous sommes condamnés à aimer nos frères, tous nos frères les plus proches et les plus lointains, ceux qui nous aiment et ceux qui ne nous aiment pas. Jésus condamné n’est pas seul : les deux paroles qu’il adresse à Marie sa mère et à Jean le disciple qu’il aimait, peuvent nourrir notre engagement à aimer. En disant à sa mère : Femme, voici ton Fils (Jn 19, 26) et au disciple : voici ta mère (Jn 19, 27)  Jésus nous fait comprendre que sa condamnation n’empêche pas l’amour de continuer à être partagé pour se répandre de plus en plus.

 

Mis à mort, le cri de la foule est sans équivoque : à mort, à mort, crucifie-le (Jn 19, 15) Être  formés à la vie avec le Christ passera nécessairement par la mort. En annonçant à plusieurs reprises sa passion à ses disciples, Jésus les avait prévenu  : il lui fallait partir pour Jérusalem, souffrir beaucoup, être tué (Mt 16, 21) Ce qui le concerne, lui Jésus, nous concerne : si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive ; qui perd sa vie à cause de moi la gardera. (Mt 16, 24-25) Face à la Croix du Christ, consentons à faire mourir en nous tout ce qui n’est pas encore évangélisé.

 

Mis au tombeau, un tombeau neuf dans le jardin (Jn 19, 41) et après ? La dernière parole de Jésus dans le récit de Jean ouvre un avenir, un avenir d’espérance ! Tout est accompli (Jn 19, 30) Après ce cri, l’évangéliste mentionne que c’était le sabbat et ce sabbat était le grand jour de la Pâque (Jn 19, 31) En étant mis au tombeau Jésus accomplit sa mission : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. (Jn 12, 24) Il en va de même pour nous si vous voulons que notre vie soit formée à la vie avec le Christ.

Face à la Croix du Christ que nous allons adorer, méditons déjà ce que la liturgie nous fera prier dans la nuit de Pâques : « donne aux hommes de comprendre que le sacrifice du Christ est une œuvre plus merveilleuse encore que l’acte de la création au commencement du monde ».

(Vigile pascale – oraison après la lecture de Gn 1-2) Tout est accompli !