Mardi de la 4ème semaine du Temps Ordinaire – Mémoire de sainte Agathe

Romains 13, 1-14

La mort de sainte Agathe

Les Petits Bollandistes

Vie des Saints, tome 2, sainte Agathe, p. 295s

       Après l’avoir fait sauvagement torturée, Quintianus, personnage consulaire de la province de Sicile, demanda à ses soldats de remettre Agathe dans la prison. Arrivée là, Agathe étendit les mains vers Dieu et dit : « Seigneur, toi qui m’as créée et qui m’a gardée depuis mon enfance, toi qui m’a donnée dès la fleur de l’âge une grand vertu, toi qui a éloigné de mon cœur l’amour du siècle et soustrait mon corps à la corruption, toi qui m’a rendue victorieuse des tourments du bourreau et fait mépriser le fer, le feu et les chaînes, toi qui enfin m’a accordé, au milieu de tous ces supplices, le courage et la patience, je t’en supplie de recevoir dès maintenant mon âme, car il est temps de me retirer de ce monde pour m’introduire au sein de ta miséricorde ». Après cette prière, elle poussa un grand cri et rendit l’esprit, en présence d’une nombreuse assemblée.

       A cette nouvelle, de pieux fidèles accoururent à la hâte, puis ils enlevèrent son corps et le déposèrent dans un sarcophage tout neuf. Or, pendant qu’on l’ensevelissait avec des aromates, et qu’on plaçait de précieux dépôts dans le tombeau avec un grand soin, un jeune homme apparut tout à coup, vêtu de riches habits de soie, et ayant à sa suite un cortège de plus de cent enfants tout éclatants de beauté et parés de magnifiques vêtements ; ce jeune homme entra dans le lieu où l’on embaumait le corps de la vierge, et plaça près de la tête une tablette de marbre sur laquelle était inscrits ces mots : Âme sainte, dévouée, honneur de Dieu, protection de la patrie. Il plaça cette inscription dans le sépulcre, près de la tête de la martyre. Quand la pierre qui devait recouvrir le tombeau eut été posée, le jeune homme disparut ; tous ont pensé qu’il était l’ange de la vierge. Ceux qui avaient vu l’inscription en parlèrent, et ce fait causa une vive impression sur les habitants de la Sicile. Les Juifs eux-mêmes, aussi bien que les Gentils, partagèrent avec les chrétiens la vénération qu’avaient ceux-ci pour le tombeau d’Agathe.