2° lecture Dimanche de la 5ème semaine du Temps Ordinaire

1 Corinthiens 1, 1-17

Saint Augustin

Lettre 208 à Félicie, OC 6, p. 123s

       C’est parce que l’apôtre Paul faisait partie des bons bergers dont parle le Seigneur dans l’Evangile qu’il peut dire : Soyez mes imitateurs, comme je le suis moi-même du Christ. Saint Paul était le flambeau éclairé par la lumière de Notre Seigneur Jésus le Christ, lui-même la lumière éternelle. Il était la lampe placée sur le chandelier, parce qu’il mettait sa gloire dans la croix du Sauveur. C’est pourquoi il dit : A Dieu ne plaise que je ne me glorifie en autre chose qu’en la croix de Notre Seigneur Jésus Christ. Et comme il ne cherchait pas ses propres intérêts, mais ceux du Christ, il exhortait à suivre son exemple ceux qu’il avait enfanté par l’Evangile. En même temps, il réprimandait avec sévérité ceux qui utilisaient le nom des apôtres pour semer la division dans l’Eglise ; il blâmait ceux qui disaient : Moi, j’appartiens à Paul. Moi, à Apollos. Est-ce Paul qui a été crucifié pour vous ? Est-ce au nom de Paul que vous avez été baptisé ?

       Nous voyons par là que les bons pasteurs ne cherchent pas leurs intérêts, mais ceux de Jésus le Christ, et que les brebis rassemblées par eux dans l’unité, tout en imitant la conduite des bons bergers, ne mettent pas en eux leur espérance, mais dans le Seigneur qui les a rachetées par son sang.

       C’est pourquoi je vous exhorte à observer fidèlement ce que vous devez à la grâce du Seigneur et à l’aimer de tout votre cœur, ainsi que son Eglise. Dieu qui est riche en miséricorde a fait pour vous ce qui est écrit dans l’Evangile. Comme les invités au festin du père, se récusait l’un après l’autre, celui-ci dit à ses serviteurs : Allez donc aux places d’où partent les chemins et convoquez à la noce tous ceux que vous trouverez. Vous donc, malgré l’affection sincère que vous portez aux bons serviteurs qui vous ont forcés à entrer, mettez votre espérance en celui qui a préparé le festin, et vous y a conviés pour une vie éternelle et heureuse. Confiez-lui votre cœur, vos projets, vos espoirs, et vous ne serez plus ébranlés par les scandales qui abonderont jusqu’à la fin des siècles.