3° lecture Solennité de sainte Marie, mère de Dieu, Octave de la Nativité

Luc 2, 16-21

L’enfance de Jesus

Origène

Homélies sur saint Luc, SC 87, p. 273s

       Puisque certains, qui ont l’air de croire à la sainte Ecriture, nient la divinité du Sauveur, eu égard, disent-ils, à la gloire du Dieu tout-puissant, il me semble juste de leur apprendre, en m’appuyant sur l’autorité de l’Ecriture elle-même, que quelque chose de divin est venu dans un corps humain, et non seulement dans un corps humain, mais aussi dans une âme humaine. Du reste, à considérer avec soin le sens de l’Ecriture, nous voyons que cette âme eut quelque chose de plus que les autres, car toute âme humaine, avant de parvenir à la vertu, est recouverte des souillures du vice. Or l’âme de Jésus n’a jamais été souillée par la tache du péché. La preuve en est qu’avant même qu’il eut atteint sa douzième année, le Saint Esprit écrit à son sujet  dans l’évangile de saint Luc : L’enfant grandissait, se fortifiait et était rempli de sagesse. Il n’appartient pas à la nature de l’homme d’être rempli de sagesse avant l’âge de douze ans. Autre chose est d’avoir part à la sagesse, autre chose de la posséder en plénitude. Il n’y a aucun doute que dans la chair de Jésus est apparu un élément divin qui surpassait non seulement l’homme, mais aussi toute créature raisonnable.

Il croissait, dit l’Evangile. Il s’était humilié, en effet, en prenant la forme de l’esclave, et la même puissance qu’il avait employée à s’humilier, il l’employa à grandir. Il était apparu faible, parce qu’il avait pris un corps faible, et pour cela même il recouvrait la force. Le Fils de Dieu s’était anéanti, et pour cette raison il était à nouveau rempli de sagesse. Et la grâce de Dieu était sur lui.  Ce n’est pas quand il parvint à l’adolescence, ni quand il enseignait en public, mais quand il était encore enfant qu’il possédait la grâce de Dieu ; et comme tout en lui était admirable, aussi admirable fut son enfance au point de posséder en plénitude la sagesse de Dieu.