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Mercredi de la 10ème semaine du Temps Ordinaire

Philippiens 2,12-30

La vie éternelle est grâce pour grâce

Saint Augustin

Livre sur la grâce et le libre arbitre, OC 31, p. 481s

       Trouve-t-on dans les Ecritures cette expression : Grâce pour grâce ? Lisez l’évangile de Jean et vous verrez que Jean-Baptiste dit de Jésus : Nous avons tous reçu de sa plénitude et grâce pour grâce. Nous avons donc reçu en quelque sorte quelques petites portions de cette plénitude afin de pouvoir mener une vie sainte. Mais nous recevrons en outre grâce pour grâce quand la vie éternelle nous sera donnée, cette vie éternelle dont l’Apôtre dit qu’elle est une grâce de Dieu en Jésus-Christ notre Seigneur, tandis qu’il dit dans le même passage que la mort est la solde du péché. Et la mort éternelle est véritablement une solde parce qu’elle est due à ceux qui sont enrôlés dans la milice du démon. Saint Paul aurait pu dire que la vie éternelle est la solde de la justice, mais il a mieux aimé dire que la vie éternelle est une grâce de Dieu, pour nous faire comprendre que ce n’est pas en vertu de nos mérites, mais par un pur effet de sa miséricorde que Dieu nous conduit à la vie éternelle. C’est pour cette raison que, dans un  psaume, l’homme de Dieu dit à son âme : Le Seigneur vous couronne dans une abondance de miséricorde et de bonté. Cela veut-il dire que la couronne n’est pas donnée aux bonnes œuvres ? Nullement, mais parce que c’est Dieu lui-même qui opère les bonnes œuvres dans les justes, selon cette parole de Paul aux Philippiens : C’est Dieu qui fait en vous et le vouloir et le faire selon son dessein bienveillant. Il ne faut pas croire toutefois que l’Apôtre en disant cela ait voulu nier le libre arbitre. Si telle était sa pensée, il n’aurait pas dit auparavant aux Philippiens : Travaillez à votre salut avec crainte et tremblement. Car, en leur ordonnant de travailler à leur salut, c’est leur rappeler qu’ils ont un libre arbitre ; mais s’il leur recommande de le faire avec crainte et tremblement, c’est pour les empêcher de s’enorgueillir de leurs bonnes œuvres, en se les attribuant à eux-mêmes. C’est pourquoi, comme si quelqu’un interrogeait l’Apôtre et lui disait : Pourquoi dites-vous avec crainte et tremblement ? Et il en donne aussitôt la raison : Parce que c’est Dieu qui opère en vous. En effet, si vous craignez et tremblez, vous ne vous glorifierez pas de vos bonnes œuvres, comme si vous les accomplissiez de vous-mêmes, puisque c’est Dieu qui opère en vous.