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samedi de la 5° semaine du temps pascal

Sur Apocalypse 22, 10-21

La venue du Fils de l’Homme

Père Joseph Comblin

L’homme retrouvé, AS 29, p.40s

 

 Voici que je viens bientôt (v. 12a). Ces quelques mots condensent l’Apocalypse toute entière. Le fait unique et décisif de cette venue de l’Homme, attendu depuis la parole à Adam lors de son expulsion du paradis, donne tout son sens à l’histoire. C’est l’objet de l’évangile éternel, celui que les disciples doivent publier sans cesse. La théologie populaire parle du retour de Jésus à la fin des temps. La Bible de Jérusalem, elle-même, traduit comme la théologie populaire lorsqu’elle écrit : Voici que mon retour est proche. En réalité, il ne s’agit pas exactement d’un retour. L’idée de retour suppose une certaine égalité entre les deux venues. Or, dans le cas de Jésus, cette égalité n’existe pas : la vraie venue de Jésus n’a pas encore eu lieu. Elle est l’avenir de l’humanité. Cette venue, publiée par les Eglises, ne répète pas ce qui a déjà eu lieu : une première fois, Jésus vint de manière presque cachée, confidentielle, très humble, sans aucune publicité, dans le seul but de recruter les Eglises, de lancer ainsi les semences du témoignage qui doit grandir au milieu des nations jusqu’à la vraie venue de Jésus. Aussi, les disciples ne doivent-ils se souvenir de la première venue de Jésus que dans la mesure où cette pensée leur rappelle leur mission de proclamer la vraie venue.

Pourquoi Jésus insiste-t-il tellement sur ce thème ? Certainement pour que les chrétiens soient mieux conscients de leur mission. Jésus sait que ses disciples succombent trop à la tentation de vivre du passé. Ils ont vécu avec lui, recueilli ses faits, ses gestes, ses paroles, ils en ont fait une tradition. Ils en vivent et la cultivent. Jésus remet leur mission devant les yeux de ses serviteurs : annoncer aux nations sa venue prochaine et la nécessité de changer. Les Eglises ne devraient vivre que pour cela : presser les nations de changer, de se convertir de tous leurs péchés, de leur mal, de leurs servitudes.

C’est pourquoi l’annonce de la venue a encore un autre sens : lorsque Jésus viendra pour juger les nations et s’unir à la nouvelle humanité, il pourra constater en même temps si les Eglises ont fidèlement remplies leur mission. Si elles n’ont pas parlé, un jugement négatif les plongera dans la confusion. Mais un jugement positif les comblera de joie en leur prouvant qu’elles ont eu raison de parler sans cesse.

Jésus viendra demander des comptes aux Eglises. Rappeler sa venue, c’est les exhorter à revenir à leur vraie vocation, et les menacer de châtiments si elles se laissent aller à la paresse.