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fete du dies natalis de saint Benoit, 2° lecture

 

sur Genèse 28, 10-22

Le repos en Dieu

Dom André Borias

En relisant saint Benoît, p. 395s

 

Le jour où le fils retrouve son Père pour ne plus le quitter, ni en être jamais séparé, le moine a achevé son pèlerinage terrestre dans sa rencontre définitive avec le Seigneur. S’il a marché, s’il a couru avec tant de fougue et de hâte, ce n’est que dans le ferme espoir de parvenir un jour à son Créateur et de se reposer en Dieu.

Car le repos n’est pas pour ici-bas. Même s’il est des rares moments d’une paix toujours précaire, ce n’est pas sur cette terre que le moine atteint la perfection. Les étapes qu’il peut connaître en ce monde ne sont qu’une invite de plus à reprendre et à poursuivre sa route jusqu’à son terme.

Saint Benoît l’indique nettement dès les premiers mots du Prologue de sa Règle. Quelle est en effet, au cours de leur dialogue, l’unique question que le moine pose au Seigneur, à la suite du psalmiste ? Seigneur, qui habitera sous ta tente, qui donc reposera sur ta sainte montagne ? Habiter sous la tente de Dieu, reposer sur sa sainte montagne, tel est le but vers lequel le moine a tendu de toutes ses forces. C’est cette espérance qui l’a soutenu au cours de son existence. C’est là où il trouve enfin le bonheur auquel il aspire et qu’il a tant recherché. Le dynamisme de la Règle n’a de sens que par ce repos auprès de Dieu et en Dieu, dans l’éternité.

Ce repos est, en effet, la récompense des efforts fournis sur terre. Le moine l’a mérité par son travail personnel dans l’atelier spirituel qu’est le monastère. Dieu paie alors le salaire promis à ce bon ouvrier qui a achevé l’ouvrage commandé : il lui accorde en retour cette récompense qui est sans aucune mesure avec l’œuvre accomplie. Telle est la magnificence de Dieu. Saint Benoît n’a garde d’oublier que cette récompense elle-même est don de Dieu, qu’elle est liée à la charité, qu’elle est l’héritage que le Père a préparé d’avance et qu’il a réservé à ses fils.

Parvenu donc au terme de son pèlerinage terrestre, le moine entre dans la patrie céleste, dans ce ciel où Dieu réside. Là, il habite sous la tente du Roi, il a part au Règne du Christ, il participe à la gloire de la vie éternelle, à la gloire même de Dieu, celle que celui-ci veut faire partager à ses enfants. Habitant avec Dieu, il le voit dans son Règne. Bien plus, il vit avec lui : Dieu communique sa propre vie, cette vie heureuse que le moine a recherchée sur terre, cette vie qui le met en possession de la gloire éternelle. C’est la vie éternelle, la vraie vie, la vie qui dure toujours. Le repos du ciel est donc le plein épanouissement de cette vie avec Dieu, en Dieu, commencée sur terre. A la recherche ardente du Seigneur a succédé la rencontre définitive  et bienheureuse, dans l’union, la paix et la joie. Tel est le but si désirable que saint Benoît propose à ses moines, et qu’il les aide de toute son ardeur à atteindre généreusement.